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Des dizaines de milliers de « sardines » défilent contre Salvini en Italie

Une foule de manifestants devant une église.

La manifestation des sardines à Rome a rassemblé au moins 40 000 personnes sur une des plus grandes places de la ville, devant la basilique Saint-Jean de Latran, selon un policier.

Photo : Reuters / Yara Nardi

Radio-Canada

Des dizaines de milliers de personnes ont participé samedi à une manifestation dans le centre de Rome organisée par le mouvement antifasciste « des sardines », fondé il y a un mois pour dénoncer les discours « de haine » de l'ancien ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini.

Les sardines, autant des jeunes que des personnes du troisième âge, venues à pied, en vélo et même en fauteuil roulant, ont rivalisé d'imagination pour se distinguer dans la foule : l'une portait une gigantesque sardine de papier coloré, l'autre brandissait une « brochette » de sardines, on pouvait même apercevoir une méduse. Le mouvement est parti d'un appel à la mobilisation lancé sur Facebook il y a un mois par Mattia Santori, 32 ans, et trois autres habitants de Bologne, inquiets de la popularité du chef de file de la Ligue (extrême droite) en vue des élections régionales qui doivent se tenir en Émilie-Romagne le 26 janvier.

Leur première manifestation a rassemblé de façon surprenante 15 000 personnes. Des dizaines de manifestations, rythmées par le chant des résistants Bella Ciao, ont eu lieu depuis dans les grandes villes du pays comme Florence, Naples ou encore Palerme, y compris Turin et Milan, dans le fief de l'ancienne Ligue du Nord.

Selon un policier, la manifestation de samedi à Rome a rassemblé au moins 40 000 personnes sur une des plus grandes places de la ville, devant la basilique Saint-Jean de Latran. Les organisateurs n'ont pas fourni de chiffres de participation. Plus de 100 000 personnes s'étaient dites intéressées sur Facebook.

Des femmes tiennent de fausses sardines dans leurs mains.

Les protestataires ont brandi des sardines de diverses couleurs pendant la manifestation.

Photo : Reuters / Yara Nardi

Selon les organisateurs, l'idée était de remplir la place [...] et l'objectif semble atteint.

Les sardines ne sont que des personnes qui investissent l'espace public avec leurs idées et qui combattent un ennemi, la simplification réductrice de la pensée par les populistes.

Mattia Santori, membre fondateur

Ça me semble une excellente initiative, elle parle de valeurs que je partage : antifascisme, antiracisme, respect de la Constitution et des minorités. Je me sens comme une gamine, a raconté une manifestante à l'AFP-TV.

Je suis là, car je veux les écouter, je veux comprendre leur message. Ce qui me plaît, c'est qu'ils sont jeunes, le futur appartient aux jeunes. Ils apportent à mon avis de belles nouveautés concernant l'environnement, le partage du territoire avec des personnes venant de l'étranger. C'est un mouvement qui dialogue avec tous, pas seulement avec la gauche, assure pour sa part Lamberto Damiani, 60 ans, venu de Terni.

Un homme porte un costume de sardine.

Un manifestant s'est déguisé en sardine lors de l'événement.

Photo : Associated Press / Gregorio Borgia

Ces sardines sont certainement dans le camp de la gauche. Tout le monde n'a pas envie d'insulter, de propager la haine. Je suis venu pour témoigner, autrement j'aurais honte d'être italien, explique à l'AFP Roberto Piperno, un retraité.

Ils n'ont pas un discours politique très articulé et c'est bien comme ça, les discours politiques trop articulés divisent les gens, ajoute-t-il.

Des exigences

Nous courons un risque, croire que les sardines soient la solution à tous les maux. Mais les sardines n'existent pas, ce sont des personnes qui remplissent l'espace public avec leurs idées et voient un ennemi, la pensée unique simplifiée du populisme, a lancé à la foule Mattia Santori, l'un des fondateurs de ce mouvement.

Mattia Santori tient un micro dans ses mains.

Le porte-parole du mouvement antifasciste des sardines, Mattia Santori, a pris la parole lors de la manifestation tenue à Rome.

Photo : Associated Press / Gregorio Borgia

Les sardines ont également présenté leurs exigences au monde politique, notamment que les ministres communiquent uniquement à travers les moyens institutionnels, une allusion transparente aux fréquentes transmissions en direct de Matteo Salvini sur Facebook.

Le mouvement demande aussi que la violence verbale soit considérée comme la violence physique par les législateurs, a ajouté Mattia Santori.

Samedi à Rome, la foule a chanté de nouveau avec un bel entrain aussi bien Bella Ciao – le plus célèbre chant des partisans italiens antifascistes – que l'hymne national, et écouté avec ferveur la lecture de morceaux choisis de la Constitution.

Les sardines, autant des jeunes que des personnes du troisième âge, sont venues à pied, en vélo et même en fauteuil roulant. Pour se distinguer dans la foule, les sardines ont rivalisé d'imagination : porter une gigantesque sardine colorée de papier, brandir une « brochette » de sardines, se déguiser en méduse...

Une énergie nouvelle

Vue de la foule.

La foule a chanté de nouveau avec un bel entrain la chanson Bella Ciao samedi à Rome.

Photo : Associated Press / Gregorio Borgia

L'idée est de faire émerger une nouvelle énergie à travers une forme bien plus libre et spontanée qu'un parti, en se dotant d'une organisation « qui ne sera pas hiérarchique », mais fixera de « grandes orientations », avait souligné la veille Mattia Santori, 32 ans, chercheur en économie et entraîneur sportif bénévole dans des associations.

Le mouvement attire la sympathie de tous les partis, sauf de l'extrême droite, naturellement.

Nous ferons notre possible pour mettre en œuvre vos propositions, a écrit Nicola Zingaretti, le secrétaire du Parti démocrate (centre gauche) au pouvoir avec le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème), dont fait partie Virginia Raggi, la mairesse de Rome, qui a remercié les sardines pour l'énergie apportée dans notre ville.

Prochaine destination des sardines : les petites villes et « territoires fragiles », susceptibles de céder aux sirènes « des idées simplistes et du populisme ».

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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