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France : 10e jour de grève contre une réforme des retraites

Un train de la SNCF à l'arrêt, dans une gare désertée par ses usagers.

Un train à la Gare de l'Est à Paris. En moyenne, un TGV sur quatre et trois TER sur dix seront en circulation lundi, ce qui perturbera encore les déplacements en France.

Photo : afp via getty images / MARTIN BUREAU

Agence France-Presse

La grève contre un projet de réforme des retraites se poursuit samedi en France dans les transports, avec des manifestations dans certaines villes, et la crainte grandit de voir le mouvement hypothéquer les fêtes de fin d'année, malgré l'ouverture prochaine de nouvelles concertations.

Au dixième jour de la mobilisation, la situation restait critique pour les usagers des transports en commun avec un trafic ferroviaire « très perturbé », en moyenne un TGV (train à grande vitesse) sur quatre et trois TER (trains express régionaux) sur dix, et, pour Paris et sa région, neuf lignes de métro fermées et 60 % des bus en circulation.

Pour dimanche, les prévisions sont semblables et le service sera également « fortement perturbé » lundi.

À dix jours de Noël, une issue du mouvement avant les fêtes de fin d'année reste incertaine. Si la grève se poursuit dans les prochains jours, elle pourrait compromettre les départs en vacances, car il faut plusieurs jours après la fin d'un mouvement pour revenir à un service normal.

La moitié des voyageurs auront des trains pour passer les fêtes en famille, a assuré samedi la directrice générale de Voyages SNCF (opérateur ferroviaire), Rachel Picard, citée dans le quotidien Le Parisien.

Le gouvernement a, lui, d'ores et déjà demandé au patron de la SNCF Jean-Pierre Farandou de préparer un « plan de transport » précisant les trains maintenus.

Je vois bien que tout le monde voit arriver Noël avec inquiétude. Noël, c'est un moment important. Mais il faudra que chacun prenne ses responsabilités. Je ne crois pas que les Français accepteraient que certains puissent les priver de ce moment.

Édouard Philippe, premier ministre de la France

M. Farandou avait auparavant appelé les cheminots, en grève illimitée depuis le 5 décembre, à faire une pause pendant les fêtes, s'attirant immédiatement les critiques des responsables syndicaux.

Si le gouvernement veut que le conflit cesse avant les fêtes, il a toute la semaine prochaine pour prendre la décision de bon sens qui s'impose : le retrait de la réforme par points, a réagi auprès de l'AFP Laurent Brun, secrétaire général de la CGT-Cheminots, premier syndicat de la SNCF.

Des centaines d'usagers du métro de Paris montent et descendent des escaliers mécaniques.

Neuf lignes de métro fermées à Paris, ce qui perturbe grandement les déplacements, une situation qui risque de se prolonger.

Photo : Reuters / Benoit Tessier

Les opposants à la réforme réservent leurs forces pour la nouvelle journée de mobilisation prévue mardi à l'appel des syndicats de salariés, y compris les plus réformistes, et d'organisations de jeunesse.

Furieux que le gouvernement ait ajouté à la création d'un système de retraite universelle par points un âge d'équilibre à 64 ans, en dessous duquel on ne touchera pas sa pleine retraite, le premier syndicat français, la CFDT, s'est notamment joint à cette mobilisation.

L'âge pivot à 64 ans est négociable, a rétorqué samedi la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher.

Des garanties pour certaines professions

Très mobilisés depuis le début du conflit, les enseignants ont obtenu vendredi du gouvernement une garantie de revalorisation des salaires, pour un « effort » d'environ 10 milliards d'euros (14,6 milliards de dollars), dont les modalités n'ont pas été précisées.

Les policiers ont suspendu leur mouvement vendredi, après avoir obtenu le maintien de leur régime dérogatoire, permettant de partir à la retraite plus tôt, en raison de la « dangerosité » du métier.

Pour garder la main tendue, le premier ministre a convié jeudi soir les syndicats les plus réformistes à des discussions le plus tôt possible la semaine prochaine. Jusqu'à présent, rien n'a filtré de la réponse syndicale ni de la date du rendez-vous.

Le gouvernement affiche toutefois sa détermination. M. Philippe a assuré vendredi n'avoir absolument pas peur de (mener) cette réforme.

Quasi silencieux depuis le début du conflit, le président Emmanuel Macron a défendu depuis Bruxelles une réforme historique, qui n'est pas avant tout budgétaire comme le disent les organisations syndicales.

Le « Monsieur retraites » du gouvernement, Jean-Paul Delevoye, ira-t-il, lui, jusqu'au bout de cette réforme? Fragilisé par des accusations de conflit d'intérêts avec le monde des assurances, un cumul de fonctions interdit par la Constitution, mais aussi la présidence de l'Observatoire régional de la commande publique dans sa région, les Hauts-de-France (Nord), selon son entourage, le haut-commissaire n'a pas exclu de démissionner pour préserver la réforme.

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