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COP 25 : le nouveau texte de l'entente commence à circuler

Une table de conférence vide au sommet de la COP25 à Madrid.

La plénière finale du sommet de la COP25 n'a pas encore commencé.

Photo : Getty Images / Cristina Quicler

Radio-Canada
Mis à jour le 

C'est en plein milieu de la nuit à Madrid que la nouvelle entente a commencé à circuler auprès des groupes écologistes, en dehors des salles de négociations.

Des représentants des groupes Greenpeace et du groupe de réflexion World Resource Institute, entre autres, épluchent mot par mot l'entente dès qu'ils la reçoivent.

La plénière finale de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP25) a été maintes fois repoussée en raison de divergences flagrantes entre les délégations.

Le dernier rendez-vous pour la plénière finale était prévu pour 3 h 30, heure de Madrid (21 h 30 HE), après un marathon de négociations de nuit.

La ministre espagnole de l'Environnement s'est lancée dans des consultations en petits groupes pour aplanir les désaccords entre pays.

Les prospectives du ministre qui représente le Belize à la COP25 sur la possibilité d'en arriver à un accord sont faibles. Ça prendrait un miracle, a-t-il déclaré.

Après deux semaines de négociations et une très longue nuit supplémentaire pendant laquelle la présidence chilienne a tenté de rédiger un nouveau texte qui fasse consensus, les parties réunies à l'occasion de la COP25 ne s'entendaient toujours pas, samedi, à Madrid.

Dans la nouvelle mouture, jugée trop diluée par certains, les nouveaux pays sont invités à rehausser leurs cibles, ce qui a fait monter aux barricades les plus fervents défenseurs du climat.

Il est impossible de quitter cette COP sans un message fort sur l'ambition, [...] c'est une chose que les gens à l'extérieur attendent de nous et nous devons entendre leur appel, a déclaré la ministre finlandaise de l'Environnement Krista Mikkonen au nom de l'Union européenne, qui vient de s'accorder pour viser la neutralité carbone d'ici 2050.

J'ai besoin de rentrer à la maison, de regarder mes enfants dans les yeux et de dire que nous avons eu un résultat qui va garantir leur avenir, a déclaré la représentante des îles Marshall, Tina Stege.

C'était la COP de l'ambition, nous ne voyons pas cette ambition.

Carlos Fuller, négociateur en chef pour le groupe des 44 États insulaires

Va-t-on vers une suspension de la COP, comme cela s'était déjà produit en 2000, quand deux semaines d'intenses négociations avaient débouché sur un échec? Nous ne prévoyons aucune suspension, a assuré Andres Landerretche, représentant de la présidence chilienne, promettant pour la fin d'après-midi de nouveaux textes de négociation.

Ce dernier a salué le soutien ferme à être plus ambitieux exprimé par plusieurs États.

Parallèlement aux négociations officielles, des représentants de la société civile tenaient eux aussi des rencontres, espérant que la pression de la rue permettrait d’aboutir à une feuille de route plus musclée.

La présidence chilienne a une tâche : protéger l'intégrité de l'Accord de Paris et ne pas permettre qu'il soit déchiqueté par le cynisme et la cupidité, a dénoncé la patronne de Greenpeace Jennifer Morgan.

On est indigné face à la lenteur des négociations. [...] Et avec tout ce qu’on a vu dans les derniers jours, je crains qu’on ne doive repousser certains éléments cruciaux à une prochaine session de négociation.

Catherine Gauthier, directrice générale d’Environnement Jeunesse

Interrogée depuis Madrid dans le cadre de l’émission Les faits d’abord, sur ICI Première, Catherine Gauthier, la directrice générale d’Environnement Jeunesse, a indiqué que les militants présents ont souligné l’importance de continuer le combat à l’échelle nationale.

Dans le cas du Canada, dont les émissions de GES sont en augmentation, cela passe, selon elle, par l’adoption de cibles plus contraignantes que celles établies sous l'ancien premier ministre Stephen Harper et par un meilleur financement des mesures d’adaptation aux changements climatiques.

Parmi les pays particulièrement montrés du doigt par les militants, on retrouve les États-Unis, qui sortiront de l’Accord de Paris dans un an, mais aussi l’Arabie saoudite, la Chine, l’Australie et le Brésil, qui font preuve de « cynisme et de cupidité », selon Greenpeace.

Le Brésil avait déjà bloqué à la COP24 l'adoption des nouvelles règles des marchés carbone, dernier reliquat du manuel d'utilisation de l'Accord de Paris.

Samedi, le représentant du pays, qui rejette toute prétention internationale à protéger l'Amazonie, a insisté sur une nouvelle demande : ne pas faire référence au récent rapport des experts climat de l'ONU (GIEC) sur les terres, qui mettait en cause la surexploitation et l'appauvrissement des sols, notamment en raison des pratiques agricoles.

Freins à un marché du carbone

Concernant l’établissement d’un marché mondial du carbone, ces mêmes pays sont notamment accusés de vouloir introduire des dispositions qui, selon les experts, saperaient l'objectif même de l'Accord de Paris.

Ce genre de marché permettrait aux pays qui dépassent leurs cibles climatiques de vendre des crédits carbone aux pays qui obtiennent peu de résultats, ce qui équivaudrait à mettre un prix sur la pollution à l’échelle mondiale.

L’initiative nécessiterait, entre autres, d’établir un robuste système de vérification, qui pourrait être piloté par l’ONU, mais plusieurs pays sont réfractaires. D’autres, comme le Brésil, souhaiteraient pouvoir utiliser des crédits obtenus dans le cadre des engagements liés au protocole de Kyoto, qui couvrait la période allant de 2005 à 2015.

Au rythme actuel, le mercure pourrait gagner jusqu'à 4 ou 5°C d'ici la fin du siècle. Et même si les quelque 200 signataires de l'Accord de Paris respectent leurs engagements, le réchauffement pourrait dépasser les 3°C.

Alors, pour tenter de réduire cet écart mis en avant par la science, tous les États doivent soumettre d'ici la COP26 à Glasgow une version révisée de leurs engagements. À ce stade, quelque 80 pays se sont engagés à aller encore au-delà de cette ambition, mais ils ne représentent qu'environ 10 % des émissions mondiales.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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