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La mission Cheops pour mieux décrire les exoplanètes

Deux personnes discutent à proximité du téléscope, qui a la forme rectangulaire des premiers appareils photos, mais en bien plus gros et avec des panneaux solaires sur le côté.

Embarqué dans un satellite, le télescope orbitera à 700 kilomètres de la Terre pour ne pas subir les perturbations de l'atmosphère.

Photo : Reuters / Pierre Albouy

Radio-Canada

Y a-t-il une vie possible au-delà notre système solaire? Mardi, le télescope spatial Cheops s'envolera de Kourou pour tenter de comprendre de quoi sont faites les exoplanètes. Un pas de plus dans la longue quête de conditions nécessaire au développement de formes de vie extraterrestre, mais aussi des origines de la Terre.

Près de 4000 exoplanètes, c'est-à-dire des planètes orbitant autour d'une étoile autre que notre Soleil, ont été détectées depuis la première à être découverte, 51 Pegasi b, il y a 24 ans.

Nous savons depuis qu'il y a des planètes partout, qu'environ une étoile sur deux possède son cortège de planètes. Maintenant, nous voulons dépasser la statistique et les étudier en détail, explique à l'AFP David Ehrenreich, responsable scientifique de la mission dirigée par la Suisse et l'Agence spatiale européenne (ESA).

L'objectif de Cheops (CHaracterising ExOPlanet Satellite) n'est donc pas d'aller débusquer de nouvelles planètes, mais d'analyser celles déjà identifiées. Embarqué dans un satellite, le télescope orbitera à 700 kilomètres de la Terre pour ne pas subir les perturbations de l'atmosphère. Tournant le dos au Soleil, il pourra accéder à tout le ciel.

Sa cible : Proxima du Centaure, 55 Cancri, Koro 1... au moins 400 systèmes planétaires, distants de quelques centaines d'années-lumière - la banlieue proche du Soleil à l'échelle de la Voie lactée.

Représentation artistique de l'exoplanète Proxima b en orbite autour de Proxima du Centaure.

Représentation artistique de l'exoplanète Proxima b en orbite autour de Proxima du Centaure.

Photo : ESO

Les planètes étant trop éloignées pour être visibles, c'est la puissante brillance de leur étoile qui servira de jauge, grâce à la méthode des transits : Cheops récoltera les variations infimes de luminosité provoquées par le passage d'une planète devant son étoile hôte, telle une microéclipse.

Caractériser les exoplanètes

En comparant la lumière émise par l'étoile avant, pendant et après le transit, les astrophysiciens parviendront à déduire la taille et le rayon de la planète, avec une précision inédite.

Ces nouvelles données sur le rayon, combinées à des informations récoltées par les télescopes au sol sur la masse, permettront de mesurer la densité, paramètre essentiel pour déterminer la composition de la planète. Et ce dernier critère est fondamental pour définir la probabilité qu'une planète puisse héberger la vie.

On sait déjà que certaines planètes se situent dans la zone habitable de leur étoile, c'est-à-dire juste là où la température permet à l'eau d'exister à l'état liquide et où la vie, telle qu'on la connaît, pourrait se développer.

L'intérêt de Cheops est de pouvoir différencier deux planètes de masse identique qui se trouvent dans cette zone habitable.

Si la densité de la première est élevée, ça veut dire qu'elle est essentiellement composée de roches, avec une fine atmosphère solide. Si la densité de la seconde est faible, ce sera une planète composée de gaz, avec une atmosphère extrêmement épaisse.

David Ehrenreich, responsable scientifique de la mission

La présence d'eau liquide ne sera possible que sur la première. Donc si le but est d'aller chercher des traces de vie, Cheops va me dire que c'est sur celle-ci que je vais focaliser les télescopes plus puissants comme le futur James-Webb, précise-t-il.

Cheops nous sera utile pour faire le tri. Nous n'irons pas sonder au hasard, abonde Pierre Ferruit, en charge de la mission James Webb à l'ESA, pour qui il s'agit d'une brique dans la longue quête de conditions pour la vie dans l'Univers.

Mais la mission étudiera aussi les planètes non habitables, pour comprendre toute leur diversité. En observant les exoplanètes, on s'aperçoit que le système solaire est complètement atypique, relève Francis Rocard, planétologue au CNES : ailleurs, il y a partout des objets qui n'existent pas chez nous, des mini-Neptune, des super-Terres avec de grosses enveloppes de gaz, des Jupiter chauds....

Comprendre l'architecture de ces systèmes, même si on ne pourra jamais y aller, c'est une manière de savoir d'où l'on vient. Pourquoi on a trouvé des "Jupiter chauds" par exemple ? C'est important, car si Jupiter s'était rapprochée du Soleil, la Terre aurait été éjectée du système solaire et nous ne serions pas là, explique David Ehrenreich.

Installé à bord d'une fusée Soyouz, Cheops décollera à 4 h54 heure de l'Est de Kourou, en Guyane française. Durée de la mission : 3 ans et demi.

Avec les informations de Agence France-Presse

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