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Refonte de la gouvernance du Franco : L’ACFA s’explique

« C’est sûr qu’on appuie l’indépendance journalistique », affirme Sheila Risbud.

des copies papiers du Franco sur une table noire.

L'hebdomadaire Le Franco négociait son indépendance avec l'organisme qui en est propriétaire, l'ACFA, depuis environ 11 mois.

Photo : Radio-Canada

Mirna Djukic

L’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) assure qu’elle n’a pas l’intention de contrôler la ligne éditoriale du journal Le Franco. La dissolution du conseil d’administration et le congédiement de la rédactrice en chef, jeudi, visent principalement à protéger la vocation communautaire de l’hebdomadaire, explique-t-elle.

La présidente de l’ACFA, Sheila Risbud, affirme qu’elle n’a pas voulu tuer la quête d’indépendance du journal dont l'ACFA est encore propriétaire, mais simplement la mettre sur pause, le temps de consulter la communauté franco-albertaine.

« Si, en bout de ligne, la décision est qu’on aimerait un journal indépendant, alors ce sera la décision de la communauté », dit-elle.

En attendant, l’ACFA a jugé plus prudent de rapatrier la gouvernance du journal entre les mains du comité exécutif de son propre conseil d'administration et de nommer un nouveau rédacteur en chef par intérim. Il s’agit d’Alain Bessette, ancien rédacteur en chef de l’Aquilon, aux Territoires du Nord-Ouest.

Une question de responsabilité fiscale, selon l’ACFA

Sheila Risbud affirme que c’était une étape nécessaire, étant donnée la situation financière précaire du journal, qui a présentement une dette de quelque 200 000 $.

« On devait agir pour protéger ce montant de dette qui n’était plus sous notre contrôle [...] », dit-elle. « Ultimement, on est encore responsable pour cet argent, mais on n’avait plus de façon de voir comment il était dépensé. »

Rien de cela n’explique cependant pourquoi il était nécessaire de mettre à la porte la rédactrice en chef du journal, Hélène Lequitte.

Sheila Risbud dit que comme il s’agit d’un congédiement « sans cause », officiellement, elle ne peut énumérer de raisons. Cependant, elle mentionne que « le changement temporaire qu’on amène à la situation » aurait probablement été difficile à vivre pour une rédactrice en chef qui souhaite que Le Franco devienne indépendant.

Sheila Risbud rejette immédiatement l’idée que la décision ait quoi que ce soit à voir avec le contenu du journal. Elle assure que l’ACFA respecte et continuera à respecter l’indépendance éditoriale du Franco.

L’ex-rédactrice en chef dénonce des pressions éditoriales

Hélène Lequitte confirme qu'on ne lui a donné aucune explication pour son congédiement. Elle soupçonne, toutefois, que les différences idéologiques avec l'ACFA n'y sont pas totalement étrangères.

Selon elle, la barrière entre la salle de rédaction et le conseil d’administration de l’ACFA est loin d’être étanche.

Dans le cadre de mon travail journalistique, quand j’ai voulu faire certains articles, oui, j’ai ressenti des pressions

Hélène Lequitte, ex-rédactrice en chef, Le Franco

« Plus récemment, j’ai écrit un article sur l’Institut Guy Lacombe, qui, à mon avis, a dérangé », pense-t-elle.

Maintenant que le conseil d’administration indépendant a été dissous, elle croit que ça ne peut aller qu’en s’empirant.

« Le journal va redevenir un outil de communication de l’ACFA », craint-elle.

L'ACFA entamera un processus d'embauche en janvier pour trouver un rédacteur en chef permanent pour Le Franco.

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