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L’ex-chef de cabinet d’Andrew Scheer appelle à la révision de l’offre politique du parti

Gros plan du visage d'Andrew Scheer.

Moins de deux mois après avoir échoué à renverser le gouvernement Trudeau, le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer, jette l'éponge.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Yannick Donahue

L’ancien chef de cabinet du leader conservateur démissionnaire Andrew Scheer, Marc-André Leclerc, considère que la formation politique doit absolument revoir son offre politique pour prendre le pouvoir.

Marc-André Leclerc a fait cette déclaration au cours d’un entretien accordé au balado Mêlée politique de Radio-Canada.

Il s’est fait montrer la porte par le chef conservateur le 23 novembre, soit à la suite de la défaite électorale des troupes conservatrices et en pleine autopsie de campagne. M. Scheer a également remercié son directeur des communications, Brock Harrison.

M. Leclerc, qui a passé 10 ans sur la colline parlementaire, estime que le Parti conservateur doit faire un réel examen de conscience et se renouveler.

Peu importe le prochain chef, je pense que, comme parti, on doit prendre le temps de revoir ce qu’on appelle à l’interne l’énoncé de politique. […] L’offre, il faut premièrement la revoir, a-t-il affirmé.

Peu importe le chef, si cette offre, si ce questionnement ne se fait pas avec la base, avec le processus qu’on connaît, le chef va être confronté aux mêmes défis qu’on a été confronté en 2015 ou en 2019.

Marc-André Leclerc, ancien chef de cabinet
Marc-André Leclerc est assis dans un studio de radio.

Marc-André Leclerc, ex-chef de cabinet d’Andrew Scheer, plaide pour une révision de l'offre politique des conservateurs, qui leur a causé des ennuis lors des deux dernières élections.

Photo : Radio-Canada / Simon Gohier

L’ex-chef de cabinet pense que le Parti conservateur doit évidemment plaire à sa base, mais doit aussi chercher à séduire un éventail plus large de personnes. Pour ce faire, le parti doit faire preuve d'ouverture.

Je pense qu’il faut justement trouver un équilibre où notre offre politique va satisfaire notre base, mais également de nouveaux électeurs qui n’ont pas voté pour nous le 21 octobre 2019, a-t-il dit.

Pour élaborer une nouvelle vision conservatrice, la formation politique doit trouver le moyen de faire les choses correctement.

On est tous déçus, je pense, des résultats du 21 octobre. Il faut toujours prendre ce que la vie nous offre. Présentement, comme parti politique, ce qu’on a devant nous c’est cette réflexion. Il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Il faut la faire et il faut la faire intelligemment, a-t-il précisé.

Savoir se renouveler

Yan Plante assis dans un studio de radio.

Yan Plante, conseiller principal du chef conservateur de septembre 2018 à février 2019, estime que le parti doit réfléchir aux enjeux sociaux ou moraux.

Photo : Radio-Canada / Simon Gohier

Yan Plante, conseiller principal du chef conservateur de septembre 2018 à février 2019, abonde dans le même sens. Il est d’avis qu’un examen des positions et des propositions du parti s’avère inévitable, a-t-il fait savoir dans le balado Mêlée politique.

Quand un parti politique perd deux élections consécutives, il faut qu’il soit capable de se regarder dans le miroir. Il faut qu’il soit capable de se renouveler sans se dénaturer, ça, c’est important. En même temps, il faut avoir ce courage, comme Marc-André vient de l’expliquer, de revoir [l’offre], a-t-il soutenu.

M. Plante souligne au passage que le Parti conservateur devra forcément revoir sa position en matière d’environnement s’il aspire à former le prochain gouvernement.

Pour moi, l’environnement, qu’on le veuille ou non, c’est un enjeu qui va être central dans les campagnes électorales pour le reste de notre vie. Je ne dis pas que les conservateurs vont gagner nécessairement les élections sur cela, mais il va falloir que le prochain chef conservateur prenne cet enjeu au sérieux, ce qui va permettre par la suite de faire campagne sur des enjeux qui sont forts pour le Parti conservateur, comme l’économie, a-t-il affirmé.

Lawrence Cannon, qui a notamment été ministre des Affaires étrangères et des Transports sous Stephen Harper, considère également que les conservateurs ont intérêt à repenser leur offre politique en environnement.

C’est tout à fait normal que le parti revoie ses politiques, notamment à l’égard des changements climatiques. […] Le parti a besoin de se retrouver à l’intérieur de ce dossier, mais surtout de développer une approche qui, elle, est conservatrice, a-t-il dit à Mêlée politique.

Au-delà de la question environnementale, Lawrence Cannon trouve que la formation politique devrait ouvrir le débat et se questionner sur la définition du conservatisme en 2019.

Aujourd’hui, c’est quoi être conservateur? C’est ce genre de réflexion que le parti a besoin de se donner avant même de commencer à dire qu’on va essayer de trouver une chef qui va faire telles choses. On a besoin de cette réflexion pour pouvoir dire aux Canadiens, oui, on a fait nos devoirs, on est capables aujourd’hui de vous présenter une nouvelle offre, qui est celle-ci, mais qui vous ressemble et qui vous rassemblera, a-t-il dit.

Lawrence Cannon sourit derrière un micro.

Lawrence Cannon a été ministre des Affaires étrangères et des Transports dans le gouvernement conservateur de Stephen Harper.

Photo : Radio-Canada / Simon Gohier

Des défis à l'horizon

Marc-André Leclerc pense que des obstacles guettent la nécessaire remise en question du parti.

Il y a de grands défis qui s’en viennent, du fait qu’il y a un congrès en place présentement pour la mi-avril, un congrès qui va être essentiellement au niveau politique, sur l’offre politique. Quand tu n’as pas de chef qui travaille sur les résolutions, qu’est-ce qui va être amené par les membres? Ça va être quoi les débats sur le plancher du congrès? s’interroge-t-il.

À propos de l’investiture à la direction du parti, M. Leclerc privilégie une course courte avec un nombre relativement faible de candidats et un chef en poste au plus tard à la mi-septembre.

Je pense que le chef c’est une chose, mais repenser nos politiques, il manque un peu de temps pour le mois d’avril.

Marc-André Leclerc, ancien chef de cabinet

Yan Plante estime que le Parti conservateur ne peut se permettre d’être replongé dans des questions sociales comme l’avortement, le mariage gai ou l’aide médicale à mourir lors de nouvelles élections. Il ajoute que le futur chef doit être en mesure de mettre l’accent sur d’autres thèmes.

Au-delà des noms, je pense que ça prend quelqu’un qui est capable de faire des gains là où le chemin vers une victoire conservatrice se passe, c’est-à-dire l’Ontario, le Québec et les Maritimes, a-t-il fait remarquer.

Il ajoute : Je pense qu’à cause de ce qui s’est passé lors de la dernière élection, il faudra avoir une personne qui est capable d’évacuer les enjeux sociaux ou moraux pour qu’on puisse avoir la capacité de passer le message sur les enjeux économiques, par exemple, sans distraction.

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