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Cohabitation difficile pour deux étudiants avec des besoins incompatibles

Guy Carrière et son chien-guide, Dixon.

Tyler George, un étudiant de l'Université Laurentienne a fait une crise d'asthme en raison de la présence en classe de Dixon, le chien-guide de Guy Carrière.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

Radio-Canada

Deux étudiants d’un même programme à l’Université Laurentienne tentent de poursuivre leurs études alors que leur condition médicale les empêche de se côtoyer. L’administration leur a offert des solutions qu’ils jugent inadéquates.

Guy Carrière, non-voyant de naissance, amène son chien-guide Dixon partout où il va. Mais l'étudiant en service social s'est récemment heurté à un problème.

Son chien représente un danger pour son nouveau camarade de classe Tyler George, qui souffre d’asthme sévère.

En début de session, ce dernier s’est retrouvé à l’hôpital en raison de la présence de Dixon. J’ai été transporté en ambulance jusqu’à Horizon Santé Nord et j’ai dû passer plusieurs heures à recevoir un traitement médical, explique-t-il.

Portrait de Tyler George.

Tyler George souffre d'asthme sévère.

Photo : Courtoisie

Tyler a ensuite tenté de trouver une solution équitable avec l’administration de l’université, sans toutefois impliquer son camarade, de peur de l’importuner.

Ce n'est que plus tard que M. Carrière a été mis au courant de la démarche. C’est un peu une histoire drôle raconte-t-il. En pleine rencontre, une des personnes autour de la table a alors jugé qu’il méritait de participer aux discussions.

Ils m’ont juste garroché dans le milieu de tout ça. C’était pas mal… c’était wow. Je ne savais même pas quoi dire.

Guy Carrière, étudiant au programme de Service social de l’Université Laurentienne

Les deux étudiants et l’administration se sont ainsi lancés dans un marathon de discussions pour trouver une façon de faire cohabiter les deux confrères de classe.

Solutions maladroites

Dès le début, des choses ont été dites qui n’auraient pas dû être dites, estime M. Carrière. On lui aurait notamment demandé s’il pouvait laisser son chien à la maison ou s’il pouvait le laisser à l’extérieur de la classe.

L’administration aurait même proposé qu’un employé demeure avec Dixon la durée du cours. Mais ce dernier n’est pas entraîné pour cela, affirme l’étudiant. Il demeure à ses côtés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Son camarade de classe, M. George, témoigne aussi avoir reçu des propositions très inadéquates, comme celle de porter un masque en cours.

Travail social en ligne

Après avoir déplacé sans succès le cours dans un plus grand local muni de purificateurs d’air, l’administration s’est rabattue sur la technologie.

Les deux étudiants alternent maintenant leur présence en classe, l’un d’eux devant suivre le cours de la maison grâce à un service de diffusion de vidéo en continu.

Cependant, des problèmes techniques rendent l’expérience difficile. La qualité du son n’est pas bonne du tout. La plupart du temps je ne pouvais pas comprendre un mot du professeur, relate M. Carrière.

L’étudiant estime également qu’assister à des cours à distance le coupe d’une des composantes fondamentales du travail social : l’interaction humaine. Si tu es assis à un ordinateur et que t’essaies d’écouter, ça ne te donne pas l’interaction nécessaire à ton succès.

Il juge que personne ne devrait être désavantagé en raison d’un problème de santé ou parce qu’il doit être accompagné d’un chien guide.

Scinder le groupe en deux

Afin de pallier le problème, M. Carrière raconte avoir proposé, il y a trois mois, de scinder le groupe en deux. Une solution qui plaît aux deux étudiants, mais qui n'a pas été retenue par l'Université.

C’est une situation bien bizarre, c’est pas quelque chose de commun, reconnaît M. Carrière. Mais il estime que pour obtenir une formation à la hauteur de ses droits d’admission, il mérite de suivre les cours devant un professeur plutôt que devant un écran.

Pancarte Université Laurentienne

L'Université Laurentienne n'a pas voulu commenter la situation.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Les étudiants concernés en sont tous deux à la troisième année de leur baccalauréat de quatre ans. Ils partagent actuellement deux classes, soit la totalité de la charge de cours de M. Carrière.

Il regrette d’être toujours en attente d’une solution satisfaisante. Il affirme avoir envoyé plusieurs courriels à l'administration depuis sa dernière rencontre avec elle le 8 octobre.

L’Université a décliné nos demandes d’entrevue, citant des préoccupations quant à la protection de la vie privée.

L’institution a expliqué par écrit que son équipe était dévouée à collaborer avec sa communauté sur les enjeux d’accessibilité, et soutien que tous les partis ont un rôle à jouer dans le succès des mesures mises en place.

Avec les informations de CBC

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