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Trente-cinq millions de tonnes d'eau contaminées par des navires en Colombie-Britannique

Des orques partagent les eaux avec un traversier de BC Ferries.

Les rejets nocifs proviennent à 90% des bateaux de croisière, ce qui met en péril les orques et d'autres espèces, disent les experts.

Photo : C. Emmons/NOAA Fisheries

Claudia Cantin

Des navires ont déversé 35 millions de tonnes d'eau contaminée au large des côtes de la Colombie-Britannique en 2017, selon une nouvelle étude commandée par le Fonds mondial pour la nature (WWF-Canada).

Ces eaux contaminées proviennent des épurateurs, qui utilisent l'eau de mer pour extraire le dioxyde de soufre et d'autres produits chimiques des gaz d'échappement d'un navire.

L'eau ainsi utilisée est ensuite rejetée à la mer, ce qui pollue l’eau. Cependant, seulement 30 des 3000 navires qui naviguent au large de la Colombie-Britannique utilisent des épurateurs.

Des changements à apporter

Andrew Dumbrille, spécialiste de la navigation durable pour WWF-Canada, estime que l'industrie du transport maritime devrait faire une transition vers des carburants plus propres pour empêcher le déversement de produits chimiques toxiques et d'eau contaminée. Une étape nécessaire selon lui pour commencer à atteindre les objectifs climatiques pour l'industrie du transport maritime et pour commencer à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Le Fonds mondial pour la nature souhaiterait éliminer l'utilisation d'épurateurs, en faisant la transition du mazout lourd aux carburants qui ne nécessitent pas d'épurateur. L'objectif est d'atteindre zéro émission de gaz à effets de serre dans l'industrie maritime d'ici 2050.

Des solutions

Andrew Dumbrille aimerait que Transport Canada mette en place des règles pour obliger les navires à utiliser des carburants plus propres ou interdire complètement l'utilisation d'épurateurs par les navires en Colombie-Britannique.

Plusieurs pays comme la Chine, la Malaisie, la Norvège et la Californie ont mis en place ce genre de réglementations, avance-t-il.

Transport Canada explique que depuis mai 2013, une zone de contrôle des émissions dans les eaux côtières nord-américaines a été définie. Il s’agit d’une zone désignée par l’Organisation maritime internationale (IMO) qui s’étend au large des côtes nord-américaines.

Les navires qui y circulent peuvent seulement utiliser un carburant ayant une teneur maximale en soufre de 0,1 %.

Afin de respecter cette exigence, les navires peuvent utiliser des systèmes d’épuration des gaz d’échappement, notamment des épurateurs à boucle ouverte.

Ce qui ne règle pas la situation, selon la WFF-Canada.

Le Canada a la responsabilité de protéger nos océans. Les rejets d'eau de lavage des épurateurs en boucle ouverte polluent l'habitat et affectent négativement la faune.

Andrew Dumbrille, spécialiste de la navigation durable WWF-Canada

Les lois fédérales n'interdisent pas aux navires de fonctionner en « mode ouvert » dans les eaux canadiennes.

50% des navires de l'étude ont utilisé des épurateurs à boucle ouverte, qui éliminent immédiatement l'eau de lavage. Cette eau de lavage acide est contaminée par des agents cancérigènes et des métaux lourds. Les autres ont utilisé des systèmes « hybrides », qui permettent aux opérateurs de navires de contrôler le moment où le rejet est libéré en le stockant temporairement.

L'étude explique que ces rejets d'épurateurs pourraient augmenter de 35 % en 2020 , parce que de plus en plus de navires commencent à utiliser des épurateurs pour se conformer aux nouvelles règles de l'IMO sur le soufre. Les navires de croisière pourraient représenter les deux tiers de cette augmentation.

Andrew Dumbrille propose différentes alternatives comme des systèmes hybrides alimentés par batterie, des carburants comme l'ammoniac et le méthanol, des voiles et de l'énergie solaire.

Tout cela doit être rapidement intégré pour réaliser un avenir zéro carbone dans l'industrie du transport maritime. Il n'y a pas de place pour les épurateurs, affirme-t-il.

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Colombie-Britannique et Yukon

Pollution