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La cause Forest a 40 ans : « On voulait plus que des privilèges », rappelle Alain Hogue

Georges Forest, après avoir eu gain de cause à la Cour suprême.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Son nom n’est peut-être pas aussi célèbre que celui de son client Georges Forest, mais Alain Hogue est lui aussi entré dans l’histoire en défendant une cause qui a changé le statut linguistique de la province. Quarante ans plus tard, il raconte cette lutte qui a mené à un jugement historique de la Cour suprême, le 13 décembre 1979.

En 1975, Georges Forest reçoit de la police de Winnipeg une contravention rédigée uniquement en anglais, qu’il décide de contester devant les tribunaux. Quatre ans plus tard, la Cour suprême lui donne raison et remet en question l’ensemble des lois adoptées seulement en anglais par les gouvernements qui se sont succédé au Manitoba depuis des décennies.

La cause Forest change le cours de l’histoire. Désormais, le Manitoba devra respecter les droits des francophones.

Quand on a lu la décision – c’était une longue décision – on avait un peu une idée de ce qu’elle dirait, mais ça a été un grand plaisir d’en finir avec cette grande étape, qui établissait le Manitoba bilingue finalement, raconte Alain Hogue.

Pour l'avocat, le français est enfin à égalité avec l’anglais : il pourra ainsi, par la suite, aller en cour dans les deux langues, avoir des témoins dans les deux langues sans avoir de traducteur.

Ça nous [mettait à égalité] avec les anglophones, ça nous donnait un plaisir de représenter les Franco-Manitobains en français, dit-il.

On voulait des droits, pas juste des privilèges.

Alain Hogue, avocat de Georges Forest

Mais, dit-il, le chemin pour y arriver, pas toujours facile, a eu l’allure de montagnes russes. Il y a eu des moments tendus, difficiles, beaucoup d’anxiété. On a traversé [plusieurs] cours. On a gagné à la cour de comté de Saint-Boniface, perdu à la Cour du Banc de la Reine, encore perdu après, puis gagné en Cour d’appel du Manitoba et en Cour suprême.

Modeste, Alain Hogue se décrit seulement comme l’avocat qui a pris cette cause.

J’étais dédié parce qu’on a pris cette cause en pro bono. Georges n’avait pas de fonds. Et à l’époque, rappelle-t-il, il n’y avait pas de programme de contestation judiciaire pour aider des citoyens lésés dans leurs droits linguistiques à se tourner vers les tribunaux.

Ça me frappait vraiment au cœur parce que j’ai été élevé dans les petites écoles où le français n’était pas [autorisé].

Alain Hogue, avocat de Georges Forest

L’argument qui a fait basculer la cour, rappelle-t-il, c’est que l'article 23 de l’Acte du Manitoba de 1870 est une partie de la Constitution canadienne, parce qu’il a été ratifié par le Parlement de Londres en 1871. Cela faisait en sorte que le Manitoba était au même niveau que les quatre premières provinces puisqu’il était incorporé dans la constitution du Canada.

Alain Hogue explique que si les francophones des autres provinces de l’Ouest ne peuvent en dire autant, la cause Forest les a tout de même aidés dans leurs propres revendications pour obtenir plus de droits.

Quant aux francophones du Manitoba, on peut se tenir la tête haute : on est bilingue de droit, pas de privilèges.

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