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Du béton fait à partir de fruits de mer

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Un béton plus vert est en cours d'élaboration aux Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Vachon

Martin Toulgoat

Le Centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes (CERMIM), aux Îles-de-la-Madeleine, planche sur un ambitieux projet de béton écologique, fait à partir de résidus de fruits de mer et de sédiments de dragage.

L'idée est de diminuer les coûts élevés liés aux roches importées du continent pour faire de l'enrochement et de proposer des solutions plus écologiques afin de protéger les côtes de l'érosion des berges.

Le front de mer du centre-ville de Cap-aux-Meules ravagé par l'érosion. On voit un bout d'asphalte coupé. Le tout est isolé par une barrière.

Le front de mer du centre-ville de Cap-aux-Meules est l'un des deux secteurs prioritaires retenus par la Commission permanente sur l’érosion des berges.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Avec les tempêtes qui sont plus fréquentes et qui accélèrent l'érosion des côtes, faire de l'enrochement aux Îles-de-la-Madeleine coûte cher, très cher, en plus de ne pas être la solution la plus écologique.

Actuellement, la roche qui sert à ériger les structures de protection contre l'érosion des berges aux Îles-de-la-Madeleine doit être importée du Nouveau-Brunswick.

Actuellement, la roche qui sert à ériger les structures de protection contre l'érosion des berges aux Îles-de-la-Madeleine doit être importée du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Nous, ce qu'on a tenté de faire, c'est qu'on travaille avec différents industriels ici et avec le Département de génie civil de l'Université de Sherbrooke pour fabriquer de la roche artificielle qui viendrait soulager l'importation de roche. C'est ce qu'on a baptisé "béton vert".

Marc-Olivier Massé, directeur associé du CERMIM
Marc-Olivier Massé.

Marc-Olivier Massé est directeur associé au Centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes des Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Le Centre de recherche sur les milieux insulaires et maritimes veut ainsi développer une recette de béton composée, en partie, de carapaces de crabe et de homard, ainsi que de sédiments de dragage. Des résidus qui seront interdits dès l'an prochain au Centre de tri des Îles.

Ainsi, 1200 tonnes de carapaces de fruits de mer devront avoir une seconde vie et être revalorisées.

Morceaux de carapace.

La carapace du homard pêché aux Îles-de-la-Madeleine remplacera une partie du ciment dans la recette de béton écologique du CERMIM.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Aux Îles, le problème, c’est que la roche qu'on a n'est pas assez résistante pour se qualifier dans le cahier des charges qui est demandé pour faire des structures de lutte [contre] l'érosion côtière.

Marc-Olivier Massé, directeur associé au CERMIM

Le Centre de recherche madelinot va ainsi construire, au cours de la prochaine année, un laboratoire-usine pour tester sa recette de béton vert et développer d'autres solutions à partir de résidus industriels.

Ses chercheurs ont même intégré du bardeau d'asphalte, broyé, dans le mélange utilisé pour asphalter une petite route sur le terrain où sera érigée son usine pilote.

Sur une berge des Îles-de-la-Madeleine, on voit l'érosion sur le bord d'une petite falaise. En avant-plan, une affiche signale les dangers de ce phénomène.

L'érosion des berges aux Îles-de-la-Madeleine est un phénomène qui s'aggrave à cause des changements climatiques.

Photo : Radio-Canada

Même si l'érosion des berges s'accélère et impose des interventions rapides, il faudra toutefois être patient avant d'utiliser ce béton vert dans les structures de protection côtière.

Dans la lutte [contre] l'érosion côtière, dans le contexte nord-américain dans lequel on est, particulièrement celui des Îles-de-la-Madeleine, les solutions toutes faites qu'on peut importer ici n'existent pas. Alors il faut accepter qu'on soit en mode développement et qu'il y a plusieurs solutions qui vont apparaître au cours des prochaines années et qui n'existent pas encore.

Marc-Olivier Massé, directeur associé au CERMIM

Le Centre de recherche madelinot se donne encore deux ans pour développer une recette de béton vert qui sera à point et qui pourra remplacer une partie de la roche importée du Nouveau-Brunswick.

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