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Affaire Shafia : Tooba Yahya passe aux aveux

Tooba Yahya est escortée par un policier

Tooba Yahya, à sa sortie du palais de justice.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Frédéric Pepin
Lise Ouangari

L’épouse de Mohammad Shafia, Tooba Mohammad Yahya, a confessé son crime à la Commission des libérations conditionnelles du Canada. C’est la première fois qu’elle admet avoir été présente au petit matin le 30 juin 2009, lors des meurtres de trois de leurs filles et de la première femme de son mari, à Kingston, en Ontario.

Tooba Yahya a récemment témoigné devant les commissaires aux libérations conditionnelles pour demander la permission de sortir avec escorte afin de se recueillir sur la tombe de sa mère, décédée le 5 mai 2019.

Les trois membres de la famille Shafia sont escortés par des policiers vers l'entrée du palais de justice de Kingston, le 20 octobre 2011.

Mohammad Shafia, son épouse, Tooba Yahya, et leur fils Hamed ont été reconnus coupables de meurtres prémédités de trois des filles du couple et de la première épouse de M. Shafia, Rona Amir Mohammad.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Lors du procès, Mme Yahya a affirmé ne pas savoir qui a tué les victimes qui avaient été retrouvées noyées dans une voiture dans le canal Rideau à Kingston. Les commissaires ont entendu une différente version des faits.

Cependant, lors de l'audience, vous avez confirmé que votre mari, avec la complicité de votre fils, a commis les meurtres devant vos yeux.

Décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada

Mme Yahya affirme que son mari lui aurait dit quoi dire au procès, mais que depuis qu’elle est incarcérée, elle a découvert la liberté et ne se trouve plus sous l’emprise de son mari. Elle a d'ailleurs demandé le divorce, mais son mari le lui refuse, peut-on lire dans le document.

Un crime bouleversant

Originaires d’Afghanistan, les Shafia et leurs enfants sont arrivés au Canada en 2007 et se sont établis dans l’arrondissement de Saint-Léonard, dans le nord-est de Montréal.

Tooba Yahya, 49 ans, et son mari, Mohammad Shafia, ont été condamnés en 2012 à l’emprisonnement à vie pour le meurtre des filles du couple, Zainab, 19 ans, Sahar, 17 ans, et Geeti, 13 ans, ainsi que de la première femme de Mohammad Shafia, Rona Amir Mohammad, 52 ans. Les victimes ont péri noyées. Le couple Shafia ne pourra obtenir sa libération conditionnelle avant au moins 25 ans.

Une voiture est en train d'être sortie d'un canal.

La voiture Nissan de la famille Shafia retrouvée au fond du canal Rideau le 30 juin 2009.

Photo : La Presse canadienne

Lors du procès, les avocats de la Couronne ont allégué que les trois filles et Rona Amir ont été victimes d’un crime d’honneur. Selon la Couronne, Mohammad Shafia n’acceptait pas leur adoption des coutumes occidentales. Le procès avait été suivi un peu partout dans le monde.

Sa version des faits

Selon la décision de la commission, Mme Yahya a expliqué que vers 2 h du matin, le soir de l'événement, son mari a pris le volant de leur voiture de marque Lexus et l'a conduite pour percuter leur seconde voiture, une Nissan, dans laquelle se trouvaient les victimes.

Mohammed Shafia menotté.

Mohammed Shafia arrivant au palais de justice de Kingston le 22 mars 2017.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Vous avez immédiatement demandé ce qui se passait. Il a répondu qu'il allait les tuer. Vous avez essayé de l'attraper par-derrière, le suppliant de ne pas le faire. Vous avez essayé d'ouvrir la porte, mais n’avez pas réussi. Il a ensuite percuté la Nissan une deuxième fois, et vous avez vu le véhicule plonger dans l'eau, peut-on lire.

La Commission a accordé à la détenue une permission de sortir avec escorte pour des raisons familiales, selon la décision rendue le 10 septembre 2019 obtenue par Radio-Canada. La sortie a été accordée à une date indéterminée et devait avoir lieu entre 9 h et 14 h.

En lui accordant cette sortie, les commissaires ont rappelé à la requérante la gravité du crime dont elle a été reconnue coupable.

Celui-ci est considéré comme un crime d’honneur et comme spécifié par le juge lors du prononcé de la peine, cette notion tordue de l’honneur n’a pas de place dans une société civilisée. Il a causé la mort de quatre innocentes victimes dont trois, qu’en tant que mère, vous aviez le devoir de protéger.

Comportement irréprochable

Toutefois, la commission note que, depuis le début de son incarcération, le comportement de Tooba Yahya avait été « impeccable » et que les évaluations psychologiques de la détenue démontraient un « risque de récidive violente faible ».

Vous êtes obéissante, polie et respectueuse des règles, des membres du personnel et des autres détenues. Vous n'avez jamais été placée en isolement [...] Depuis le début de votre incarcération, vous n'avez jamais manifesté de comportements violents, agressifs ou à risque.

Décision de la Commission des libérations conditionnelles du Canada

Dans le document de la CLCC, on apprend que Mme Yahya a déjà obtenu à plusieurs reprises des permissions de sortie avec escorte pour des raisons médicales et pour des comparutions devant le tribunal pour ses enfants. La commission souligne que toutes les sorties se sont bien passées.

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