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Aéroport de Fond-du-Lac : le chef de la communauté autochtone déplore l'inaction d'Ottawa

L'avion écrasé près de l'aéroport de Fond-du-Lac, au nord de la Saskatchewan.

Le chef de la Première Nation de Fond-du-Lac demande que l'aéroport soit sécurisé, notamment que la piste d'atterrissage soit allongée et agrandie.

Photo : Bureau de la sécurité des transports du Canada

Aimée Lemieux

Deux ans, jour pour jour, après l’écrasement d’un avion à l’aéroport de Fond-du-Lac, dans le nord de la Saskatchewan, le chef de la Première Nation Denesuline de Fond-du-Lac, Louie Mercredi, critique l’inaction d’Ottawa, malgré ses demandes répétées pour que la piste d’atterrissage soit sécurisée.

Le 13 décembre 2017, un avion de la compagnie aérienne West Wind Aviation s’est écrasé à moins d’un kilomètre de la piste de décollage, un accident qui a fait un mort et neuf blessés graves.

L’enquête du Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a révélé que l’équipage a pris la décision de décoller malgré la présence de glace sur des parties importantes de l’appareil comme les ailes, ce qui rend l’avion difficile à contrôler.

Une semaine après l’accident, le chef de la Première Nation Denesuline de Fond-du-Lac, Louie Mercredi, s'était rendu à Ottawa pour demander au gouvernement des améliorations dans l'aéroport, notamment l’allongement et l’élargissement de la piste.

Beaucoup de promesses ont été faites à l’époque, mais deux ans plus tard, mon aéroport reste le même.

Louie Mercredi, chef de la Première Nation Denesuline de Fond-du-Lac

En février, Ottawa a annoncé un investissement de 12 millions de dollars pour entreprendre des travaux de rénovation à l’aéroport, notamment pour refaire l’asphalte de la piste et remplacer l’éclairage et la signalisation lumineuse. [Or] les travaux n’ont pas commencé et il n’est pas prévu d’allonger et d’élargir la piste, souligne Louie Mercredi.

La santé et la sécurité de ma communauté sont en jeu. Je ne serai pas en paix tant que ce ne sera pas fait, ajoute-t-il tomber.

« Les besoins ont changé »

La piste a été construite pour des avions légers transportant jusqu’à neuf passagers, mais, aujourd’hui, des avions transportant jusqu’à 50 personnes utilisent la même piste, dit Louie Mercredi.

La piste d’atterrissage est la même que lors de sa construction, dans les années 1970, soit 1158 mètres de long et 23 mètres de large. Pour assurer la sécurité de la collectivité, nous avons besoin qu’elle fasse 1524 mètres de long et 30,50 mètres de large, explique-t-il.

L’aéroport de Fond-du-Lac est indispensable dans la communauté, dit-il. La seule façon d’entrer ou de sortir [de la communauté] pour les gens, les services, les médicaments et la nourriture pendant la majeure partie de l’année, c’est avec de plus gros avions, mais toujours avec la même petite piste, souligne Louie Mercredi.

Le directeur général de West Wind Aviation, Michael Rodyniuk, engagé pour diriger l’entreprise après l’écrasement, déplore lui aussi la situation.

Après une recommandation duBST en décembre 2018, la compagnie aérienne a déployé de l’équipement de dégivrage, mais la piste, dit-il, demeure la même.

Bien que nos activités soient sécuritaires et conformes à la réglementation, une piste plus large et plus longue améliorerait nos opérations à Fond-du-Lac, estime Michael Rodyniuk.

Plus de 15 millions de dollars

Dans une déclaration écrite envoyée à Radio-Canada, un porte-parole de Transports Canada indique qu’à ce jour, l’aéroport de Fond-du-Lac a obtenu plus de 15,3 millions de dollars du PAIA [Programme d’aide aux immobilisations aéroportuaires] pour financer cinq projets liés à la sécurité.

Le message précise que cela inclut notamment la réfection de la piste, de la voie de circulation et de l’aire de trafic, l’acquisition de système de déneigement neuf et l’installation d’une clôture de sécurité.

L’allongement ou l’élargissement des pistes ne sont pas admissibles à un financement dans le cadre du PAIA, peut-on également lire.

Le PAIA de Transports Canada fournit des fonds pour aider les aéroports admissibles à financer des projets d’immobilisations visant à maintenir et à améliorer la sécurité.

Le gouvernement de la Saskatchewan est le propriétaire et l’exploitant de l’aéroport, rappelle finalement Transports Canada.

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