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Taxe carbone, aliénation de l’Ouest... la Saskatchewan attire les regards en 2019

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, s'adresse aux médias au lendemain des élections fédérales du 21 octobre 2019.

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

Emmanuelle Poisson

La Saskatchewan a fait beaucoup parler d’elle cette année sur la scène nationale, notamment en raison des différends entre le gouvernement de Scott Moe et Ottawa. Retour sur quelques événements politiques saskatchewanais qui ont marqué 2019.

Contestation de la taxe carbone

Le cheval de bataille de la Saskatchewan contre la taxe sur le carbone imposée par le gouvernement de Justin Trudeau a, une fois de plus, fait couler bien de l’encre cette année. En février, la Saskatchewan est devenue la première province du pays à contester la constitutionnalité de la taxe carbone devant les tribunaux.

En mai, la Cour d’appel de la Saskatchewan a donné raison au gouvernement fédéral. Trois des cinq juges ont estimé que la Loi sur la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre n’est pas inconstitutionnelle. Les deux autres juges ont, quant à eux, estimé qu’elle est entièrement inconstitutionnelle.

Moins de 30 jours plus tard, la province a annoncé avoir qu'elle a l'intention de contester la décision devant la Cour suprême du Canada. Les dates provisoires d'audience sont les 17 et 18 mars 2020.

Aliénation de l’Ouest et le mouvement Wexit

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, se serrent la main lors d'une rencontre entre les deux à Ottawa, le 12 novembre 2019.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a rencontré Justin Trudeau le 12 novembre 2019, à Ottawa, la première fois depuis que la Saskatchewan a rayé les libéraux de sa carte lors des élections fédérales.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Si les relations entre la Saskatchewan et le gouvernement de Justin Trudeau étaient tendues avant même les élections fédérales, les Saskatchewanais ont lancé un message clair à Ottawa le 21 octobre dernier en élisant uniquement des députés conservateurs.

Au lendemain de la victoire des libéraux, Scott Moe a affirmé que les résultats de l’élection ont clairement démontré la présence d’un sentiment de frustration et d’aliénation dans l’Ouest canadien.

Alors que le mouvement indépendantiste de l'Ouest, le Wexit, voit ses appuis grimper sur les réseaux sociaux, le premier ministre de la Saskatchewan a sommé Justin Trudeau d'« éteindre l’incendie » dans l’Ouest et de protéger l’unité nationale. Scott Moe a également demandé la révision de la formule de péréquation, une pause de la taxe carbone pendant un an et l'autorisation de projets de pipelines.

Quelques semaines plus tard, le premier ministre de la Saskatchewan est ressorti insatisfait et déçu de sa première rencontre avec Justin Trudeau depuis les élections fédérales. Le premier ministre Justin Trudeau ne m'a pas montré qu'il comprend les frustrations de la Saskatchewan, a-t-il déclaré.

Si cette première rencontre avec Justin Trudeau a été insatisfaisante pour Scott Moe, il est ressorti optimiste mais réaliste de sa rencontre avec Chrystia Freeland, la nouvelle ministre fédérale des Affaires intergouvernementales et vice-première ministre.

Conseil de la fédération à Saskatoon : Une fédération plus forte, selon Scott Moe

Scott Moe, pris de profil, en train de regarder François Legault qui répond aux questions des médias en conférence de presse.

En juillet, la ville de Saskatoon a été l'hôtesse de la réunion estivale du Conseil de la fédération, présidée par le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Pendant deux jours, les 13 premiers ministres des provinces et territoires se sont rencontrés, à Saskatoon, lors de la réunion estivale du Conseil de la fédération, où ils ont discuté de sujets comme le commerce international, l’environnement et le pétrole.

Ce dernier point a suscité des dissensions, particulièrement entre les premiers ministres de l’Alberta, Jason Kenney, et du Québec, François Legault. M. Kenney a réitéré son souhait de voir naître le projet de pipeline Énergie Est lors de la rencontre. Toutefois, M. Legault a affirmé ne pas vouloir aller à l’encontre de ce que veulent les citoyens.

Malgré les désaccords, Scott Moe a affirmé que les discussions ont permis à la fédération d’être plus forte. J'insiste pour dire qu'on a beaucoup plus de points sur lesquels on est d'accord que de points sur lesquels on n'est pas d'accord, a précisé François Legault.

Répercussions des tensions avec la Chine sur l’industrie du canola

Les producteurs de canola saskatchewanais se sont retrouvés au cœur d’une crise commerciale et diplomatique entre le Canada et la Chine. Cette situation a grandement préoccupé non seulement les agriculteurs, mais aussi le gouvernement saskatchewanais.

En mars dernier, la Chine a étendu son interdiction d’importer du canola canadien à l’entreprise Viterra, établie en Saskatchewan. Viterra a été le deuxième grand exportateur canadien, après Richardson International, dont les produits ont fait l’objet d’une interdiction.

À la fin du mois d'avril, le gouvernement fédéral a bonifié le Programme de paiements anticipés afin de venir en aide aux producteurs de canola. Même si cette aide a été bien reçue par Scott Moe et le chef de l’opposition de la province, Ryan Meili, cette aide d’Ottawa a été jugée insuffisante par certains agriculteurs.

En attendant que se règle le conflit avec la Chine, les producteurs de canola se sont entendus pour souligner l'importance de diversifier leurs partenaires commerciaux et ainsi réduire les effets des tensions.

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