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analyse

Pourquoi le Canada doit-il ratifier le nouvel ALENA?

Les politiciens montrent leur signature respective sur le document.

La vice-première ministre canadienne Chrystia Freeland, le sous-secrétaire du Mexique pour l'Amérique du Nord, Jesús Seade (centre), et le représentant américain du Commerce Robert Lighthizer posent fièrement à la suite de la signature de l'ACEUM.

Photo : Radio-Canada

Gérald Fillion

Le Canada a tout intérêt à ratifier l’accord de libre-échange conclu avec les Américains et les Mexicains. Malgré les concessions sur la gestion de l’offre et l’incapacité pour le Canada d’obtenir des garanties pour l’aluminium aussi fortes que pour l’acier, il n’est pas possible pour le gouvernement Trudeau de laisser passer la chance qui se présente aujourd’hui de mettre derrière nous cet épisode difficile de nos relations avec nos voisins.

Mais il faut être bien clair : le Canada n’avait rien à gagner avec cette renégociation imposée par l’administration Trump. Et sa victoire la plus importante aujourd’hui, c’est d’avoir traversé cette période souvent acrimonieuse sans trop de dommages. 

C’est pourquoi le premier ministre Trudeau a parlé de « gains nets » cette semaine en évoquant le résultat du nouvel ALENA. Et c’est pourquoi aussi Chrystia Freeland a osé exprimer un fait révélateur de la situation dans laquelle se trouvait le Canada : Je veux souligner l’importance pour notre pays d’avoir un accord que, en même temps, Nancy Pelosi et Donald Trump appuient. Un accord qui est appuyé par les démocrates et les républicains. C’est une très bonne chose pour notre pays, a-t-elle dit. Pour moi, c’était la cible la plus importante.

Par ces mots, la vice-première ministre du Canada nous dit qu’il fallait à tout prix et absolument conclure une entente avec les Américains et les Mexicains pour en arriver à la ratification de l’accord au Congrès américain puis au Parlement canadien. On comprend bien que les négociateurs canadiens n’allaient pas mettre en péril cette entente en exigeant une protection plus avantageuse pour le secteur de l’aluminium.

Cela dit, le PDG de l’Association de l’aluminium Jean Simard l'a dit clairement en début de semaine à RDI économie : l’équipe canadienne a tout fait pour arriver à obtenir les mêmes protections pour son secteur que celles obtenues pour l’acier. Mais, on n’y est pas arrivé, ce qui veut dire que le Mexique pourra continuer d’importer du métal de Chine, le transformer et l’exporter vers les États-Unis.

Comme l’expliquait Jean Simard, la Chine pourra exporter son aluminium vers les États-Unis en passant par la porte d’en arrière, celle du Mexique, subtilisant au passage des parts de marché aux entreprises du secteur de l’aluminium du Canada.

Sans jamais réclamer le rejet de l’Accord de libre-échange, l’Association de l’aluminium demande au gouvernement du Canada de continuer à faire les représentations nécessaires avec les Américains pour que la brèche qui s’est ouverte au Mexique se referme. Consciente de l’importance de ce nouvel ALENA pour l’économie canadienne, l’Association a réitéré vendredi un message clair : il faut que les parlementaires adoptent l’ACEUM. 

L'intérêt économique et budgétaire du Canada

C’est tout à fait dans l’intérêt de l’économie canadienne de tourner la page sur cet épisode. La croissance économique du Canada a ralenti en 2019 et ça pourrait se poursuivre en 2020 alors que les tensions commerciales et géopolitiques sur la scène internationale perdurent. Un premier accord entre la Chine et les États-Unis représente toutefois un signal positif et encourageant pour la nouvelle année. 

Le Canada a besoin d’une économie mondiale forte et d’un voisin un peu moins turbulent pour atteindre ses objectifs. Les demandes du premier ministre au ministre des Finances Bill Morneau dans sa lettre de mandat, diffusée vendredi, en témoignent. Vous continuerez de diriger le travail du gouvernement, écrit Justin Trudeau, pour faire croître l’économie d’une manière qui fonctionne pour tous les Canadiens, en continuant de mettre l’accent sur le renforcement de la classe moyenne et en aidant ceux qui travaillent fort pour en faire partie.

Il énonce 4 principes au déploiement du plan financier du gouvernement :

  • Continuer de réduire la dette du gouvernement en fonction de notre économie;
  • Continuer de bâtir la confiance dans l’économie canadienne en conservant notre cote de crédit AAA;
  • Continuer d’investir dans les gens et dans les aspects qui apportent une meilleure qualité de vie;
  • Préserver du pouvoir financier au cas où nous aurions à faire face à un ralentissement économique.

Le dernier point est fondamental : le gouvernement, faut-il le rappeler, a promis en campagne électorale des déficits cumulés de près de 100 milliards de dollars au cours des 4 prochaines années. Néanmoins, la dette du Canada devrait baisser par rapport à son PIB. Mais, pour cela, la croissance économique doit perdurer. Un ralentissement, voire une récession, pourrait entraîner des déficits encore plus importants et une hausse de la dette, pas le contraire. 

C’est pourquoi la conclusion de l’ACEUM est si fondamentale.

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Je vous donne une pause! Joyeuses fêtes! Ne manquez pas nos rendez-vous spéciaux dans le temps des fêtes sur ICI RDI et les nouveaux épisodes de « Question d’intérêt », le balado économique de Radio-Canada! 

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