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Qu’est-ce qu’un centre d’excellence pour jeunes?

Le but du Centre d'excellence pour jeunes est d'être un réseau de soins à l'échelle de la province pour les jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Photo générique pour illustre la DPJ, les jeunes ados, la dépression, l’isolation, l’intimidation, solitude,  etc.

Le transfert du centre provincial pour jeunes à besoins complexes de Campbellton vers Moncton suscite des réactions partagées (archives).

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Marie-Ève Arsenault

Le ministère de la Santé a annoncé jeudi la relocalisation du Centre d’excellence pour jeunes – en cours de construction – de Campbellton à Moncton. Cette décision fait suite aux recommandations de plusieurs experts, mais suscite des réactions partagées dans le Restigouche.

D’une part, certaines personnalités politiques perçoivent cette annonce comme un affront à la communauté, qui perd un projet d’envergure. D’autres, comme la mairesse de Campbellton, estiment que la ville gagne dans l’échange, puisque les installations vides accueilleront plutôt un centre de traitement des dépendances dans lequel le gouvernement investira 10 millions de dollars.

Mais en quoi consiste réellement ce centre pour jeunes et pourquoi serait-il plus judicieux, selon le gouvernement, de le transférer à Moncton? Radio-Canada revient sur les rapports à ce sujet qui ont été déposés par la province au cours des dernières années et fait le point.

Un pôle provincial pour enfants à besoins complexes

Selon le défenseur des enfants du Nouveau-Brunswick, Norman Bossé, le centre provincial d’excellence pour jeunes du Nouveau-Brunswick a été imaginé il y a plus d’une décennie pour favoriser l’autonomie et l’intégration des enfants gravement handicapés, soit physiquement, soit mentalement. On parle entre autres de jeunes aux prises avec la schizophrénie ou avec le trouble du spectre autistique.

Installations du Centre d'excellence de Campbellton.

Le Centre d'excellence pour jeunes de Campbellton deviendra finalement un centre de traitement des dépendances.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Dans sa conception initiale, il visait à offrir des services dépassant les frontières physiques de ses murs, à l’échelle de la province.

De par son concept, un centre d’excellence est non pas un simple bâtiment, mais bien un pôle.

Norman Bossé, dans un rapport du mois d’août 2019 visant à étudier l’installation d’un tel centre à Campbellton

Le centre pour jeunes aurait pour vocation de joindre les familles et les collectivités dans les deux langues officielles et d’offrir des services résidentiels à intensité variable dans des milieux sécuritaires au sein de la collectivité, peut-on lire dans le même document, intitulé Évaluation des répercussions sur les droits de l’enfant du centre provincial d’excellence pour les jeunes.

Les services du centre diffèrent donc largement de ceux déjà offerts au Centre hospitalier Restigouche (CHR), selon M. Bossé. L’unité de traitement en santé mentale des enfants et des jeunes du CHR n’est rien d’autre qu’un établissement de diagnostic et de traitement, ce qui est très différent d’un centre d’excellence.

Services du Centre d’excellence :

  • Suivi et de réinsertion après le départ du patient

  • Formation et perfectionnement de personnel

  • Encadrement clinique des congés et des interventions de suivi

  • Aide à la famille

  • Aide aux comités consultatifs régionaux et aux équipes locales pour le développement des enfants et des jeunes

  • Recherche et innovation

  • Encadrement et évaluation

  • Encadrement clinique des services résidentiels et des foyers d’accueil thérapeutiques au sein des collectivités

  • Aide aux médecins de soins primaires

  • Aide aux unités mobiles d’intervention en santé mentale

  • Aide aux comités communautaires de justice pour la jeunesse

  • Services d’encadrement clinique et d’orientation à l’intention des centres locaux de l’autisme

  • Défense et amélioration des établissements

Dans ce contexte, M. Bossé insiste sur l’importance de l’emplacement géographique du centre, qui accueillera de jeunes enfants, mais qui viendra aussi en aide à la communauté en fournissant des ressources à domicile.

Le gouvernement « responsable » du sort des enfants

Le fait que les patients du centre soient des enfants attribue aussi des responsabilités supplémentaires au gouvernement. M. Bossé met l’accent sur l’importance de faire respecter le droit de l’enfant de maintenir des contacts directs et réguliers avec ses parents lorsqu’il est séparé d’eux.

Norman Bossé dans un studio de télévision le 12 décembre 2019.

Norman Bossé, défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick (Archives).

Photo : Radio-Canada

Selon une convention des Nations unies sur laquelle se base le document, les enfants ont aussi un droit de jouir du meilleur état de santé possible et de bénéficier de services médicaux et de rééducation.

Les problèmes récurrents et persistants de recrutement et de rétention au CHR devraient entraîner la réévaluation de l’établissement de santé mentale pour les jeunes.

Rapport Échec à protéger de l’Ombudsman

Dans le contexte où le Centre hospitalier Restigouche a fait l’objet d’un rapport accablant, selon lequel les enfants et les jeunes reçus au CHR ont bien souvent été victimes de mauvais traitements tout au long de leur vie, M. Bossé voyait mal comment le gouvernement pouvait remplir ses devoirs en installant un centre pour jeunes sur le même terrain.

Nous nourrissons des doutes quant à la possibilité qu’un établissement pour jeunes de haute qualité puisse être mis en place à Campbellton.

Norman Bossé

De plus, un aspect essentiel du centre serait l’accent mis sur la recherche et l’innovation, selon le rapport Maintenir les connexions, qui date de 2011, mais qui est « toujours actuel », a précisé Norman Bossé au Téléjournal Acadie, jeudi soir.

Arguments en faveur de la relocalisation à Moncton, selon le rapport de Norman Bossé :

  • Plus accessible géographiquement pour les deux communautés linguistiques

  • Près d’un milieu de recherche universitaire

  • Recrutement plus facile et rétention du personnel

  • Beaucoup plus de services spécialisés dans les deux langues officielles

  • Plus accessible grâce à l’infrastructure routière (quatre voies)

  • Bons services de traitement spécialisés déjà en place

Charlotte Leblanc, mère d’un fils schizophrène, demandait le transfert du centre dans la région de Moncton et se réjouit de l’annonce.

C’est très difficile et dispendieux pour les familles qui travaillent de se déplacer dans le Nord. C’est beaucoup plus facile à Moncton.

Charlotte Leblanc, mère d’un enfant schizophrène

Déception dans le Restigouche

Selon l’ancien député Donald Arseneault, une évaluation avait été faite préalablement à la construction du centre à Campbellton, désignant l’endroit comme tout indiqué.

Donald Arseneault, ex-député de Campbellton-Dalhousie.

Donald Arseneault, ex-député libéral de Campbellton-Dalhousie (Archives).

Photo : Radio-Canada

Le ministère de la Santé, le ministère du Développement social, ils ont [élaboré] l’ensemble des propositions. Il y avait une grille d’évaluation et c’était Campbellton qui était l’endroit propice pour nos jeunes; et c’est pour cela que ça a été placé à Campbellton et non dans les autres endroits où les propositions sont survenues. Je suis très déçu qu’il induit [sic] la population en erreur, pour de simples gains politiques.

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Politique provinciale