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La police de Toronto vante le bilan de son projet antigang, malgré la hausse de fusillades

Le projet Community Space, de la police de Toronto, avait été lancé après une vague de fusillades cet été.

Deux policiers de Toronto enquêtent sur une fusillade survenue en septembre dans un logement communautaire de Toronto.

Toronto a connu 457 fusillades en 2019, selon les plus récentes données de la police (Archives).

Photo :  CBC / Jeremy Cohn

Radio-Canada

Le Service de police de Toronto a déposé 1145 accusations et saisi près de 250 armes à feu dans le cadre d'un projet temporaire de lutte contre la violence armée et les gangs de rue, lancé cet été dans certains quartiers à risque de la métropole.

Le projet Community Space a été amorcé en août en réponse à une vague de fusillades dans la Ville Reine. L’initiative, qui devait durer 11 semaines au départ, a été prolongée à la fin du mois d'octobre par le chef de la police de Toronto Mark Saunders.

Après 15 semaines d’activité, le commissaire de police Steve Watts, du Bureau de lutte contre le crime organisé, a présenté les résultats du projet lors d’une conférence de presse au quartier général de la police. Selon lui, le projet est une réussite, bien que le nombre de fusillades a atteint un triste record cette année.

Steve Watts a rapporté que le programme avait contribué à 463 arrestations.

Un homme au crane rasé et en costume parle devant un pupitre de la police de Toronto.

Le commissaire de police Steve Watts, du Bureau de lutte contre le crime organisé admet que la lutte contre les gangs de rue doit se faire en collaboration avec les organismes communautaires.

Photo : Radio-Canada

Le projet avait reçu un financement de 4,5 millions de dollars provenant des trois ordres de gouvernement, qui a été entièrement dépensé. L’objectif était d’améliorer le sentiment de sécurité dans les quartiers qui sont particulièrement touchés par la violence armée.

Concrètement, la police a déployé plus de policiers sur le terrain, sous la direction du Groupe de travail intégré sur les armes à feu et les gangs, avec pour mission de recueillir des renseignements et d'assurer une meilleure présence.

Les agents devaient aussi surveiller en particulier les accusés libérés sous caution et les récidivistes potentiels.

Lors de sa dernière mise à jour le 31 octobre, la police avait déjà annoncé avoir procédé à 391 arrestations et déposé 908 accusations, dont 26 % pour des infractions reliées aux armes à feu.

Une meilleure coordination

Le commissaire a toutefois reconnu que davantage doit être fait pour lutter contre la violence armée associée aux gangs de rue.

Nos enfants ne sont pas nés gangsters. Ce n'est pas un impératif biologique. Je pense que c'est un conditionnement environnemental lourd, a-t-il déclaré.

L'éducation, la prévention, l'intervention, la répression — tout cela doit fonctionner main dans la main. Il n'y a pas de solution simple à cela, a ajouté Steve Watts.

Appel à l'action

De son côté, le fondateur du mouvement Zero Gun Violence estime que le succès ne doit pas se mesurer au nombre d'accusations.

Si ça, c'est un succès, je ne veux pas voir à quoi ressemble un échec. Oui, le nombre d'homicides est en baisse, mais le nombre de fusillades a augmenté, le niveau de peur dans la ville a augmenté, le niveau de souffrance a augmenté, donc clairement, ce n'est pas la solution en soi.

Louis March, fondateur du mouvement Zero Gun Violence
Un homme portant des lunettes et une casquette parle dans la rue dans le cadre d'une entrevue.

Louis March est le fondateur du mouvement Zero Gun Violence.

Photo : Radio-Canada

Il déplore que la stratégie de lutte contre les gangs de rue et la violence armée repose essentiellement sur les forces de l'ordre, alors que selon lui, elle devrait davantage miser sur le travail communautaire. Nous ne parlons pas d'investir dans les communautés ou nous en parlons, mais nous ne faisons rien du tout.

La police peut parler de l'engagement communautaire, des relations avec la communauté, mais nous ne voyons aucune action significative, et il faudra une stratégie policière différente de celle de déployer plus de policiers sur le terrain et plus de surveillance.

La police rattrapée par la réalité

Le bilan de la police survient après une nuit occupée pour les agents de la police de Toronto, qui ont reçu plusieurs signalements de coups de feu à différents endroits de la métropole.

Une fusillade à North York jeudi soir, notamment, a fait un blessé grave : un adolescent de 16 ans a été transporté à l’hôpital après avoir été atteint par plusieurs tirs près de la rue Jane et de l’avenue Finch – un secteur souvent touché par la violence armée.

Selon la police, le jeune homme traversait la rue avec trois amis vers 22 h 30, quand un véhicule s'est approché du groupe et une personne a ouvert le feu. Aucun des autres membres du groupe n’a été blessé. La victime se trouve dans un état stable.

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Toronto

Armes à feu