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L’apparition d’affiches liées à la suprématie blanche à Saskatoon suscite des inquiétudes

Gros plan sur une pancarte de ID Canada.

Les affiches du groupe ID Canada, comme celle installée à l'intersection de Spadina Crescent et de la 23e Rue, à Saskatoon, ont suscité de vives réactions chez les intervenants qui luttent contre le racisme.

Photo : Bridget Yard

Radio-Canada

La présence d’affiches installées par le groupe ID Canada à Saskatoon inquiète plusieurs intervenants qui luttent contre le racisme. Ces derniers estiment que le message véhiculé par le groupe se rapproche étroitement des valeurs prônées par les suprémacistes blancs.

Posées sur diverses infrastructures à travers la ville, les affiches de couleur rouge, blanc et noir visent à encourager le public à se joindre au combat et à défendre le Canada.

Le site web d'ID Canada soutient que le groupe refuse de réécrire l’histoire et de prétendre que la nation canadienne existait avant l’arrivée des colons européens et que le Canada n’est pas une “nation d’immigrants”. Le groupe croit notamment que la diversité au Canada est sa plus grande faiblesse.

Une affiche du groupe ID Canada, endommagée.

Bon nombre d'affiches d'ID Canada qui se trouvent à travers la ville de Saskatoon ont été endommagées, comme celle-ci, installée à un arrêt d'autobus sur College Drive.

Photo : Bridget Yard

Ce n’est pas la première fois que ce type de message est véhiculé, mentionne le président-directeur général de l’organisme Open Door Society, qui vient en aide aux nouveaux arrivants à Saskatoon, Ali Abukar.

Il insiste sur le fait que les immigrants contribuent grandement à l’épanouissement du pays en entier et que ceux qui partagent les idées d'ID Canada devraient remettre en question leur façon de voir les choses.

Ce type de message n’a pas sa place. Pas seulement à Saskatoon ou au Canada, mais partout.

Ali Abukar, président-directeur général de l'organisme Open Door Society, à Saskatoon
Le directeur général de Saskatoon Open Door Society, Ali Abukar.

Le président-directeur général de l'organisme Open Door Society à Saskatoon, Ali Abukar, est d'avis que le message propagé par ID Canada n'est pas bien reçu par la majorité des habitants de Saskatoon, mais aussi à travers le pays.

Photo : Radio-Canada / Omayra Issa

Ali Abukar demeure cependant convaincu que, malgré la présence d’affiches du groupe dans la ville, la majorité de ses habitants ne partagent pas les valeurs mises de l’avant par le groupe.

Les personnes qui partagent les idéologies de ce groupe sont très peu nombreuses, et c’est une bonne chose, affirme-t-il.

Pas surprenant de retrouver ces affiches en Saskatchewan

Selon Sheelah McLean, une universitaire qui se penche sur les questions liées à la colonisation et au racisme, il ne faut pas nécessairement se surprendre qu'ID Canada ait choisi d’installer des affiches en Saskatchewan en raison du passé lié à la ségrégation et aux inégalités raciales dans les Prairies.

Elle se dit toutefois préoccupée par le fait qu’un groupe comme celui-ci tente de recruter de nouveaux membres à Saskatoon.

Les symboles qu’ils utilisent, la langue qu’ils utilisent et l’idéologie dont ils s’inspirent sont tous liés de manière évidente à la suprématie blanche [...] Ce que le groupe ID Canada fait, c’est d’essayer de maintenir des centaines d’années de violence raciale et de ségrégation raciale.

Sheelah McLean, universitaire spécialisée dans les questions de colonisation et de racisme
Sheelah McLean, qui tient une pancarte de lutte contre le racisme, pose pour la photographe.

Sheelah McLean trouve que la présence du groupe ID Canada à Saskatoon est « préoccupante », même si elle n'est pas pour autant « surprenante ».

Photo : Alicia Bridges

Aucune plainte liée aux affiches en Saskatchewan

Tant la Gendarmerie royale du Canada que le Service de police de la Ville de Saskatoon confirment ne pas avoir reçu de plaintes au sujet des affiches déposées par des partisans d'ID Canada à travers la municipalité.

Le groupe, qui compterait entre 50 et 100 membres à travers le pays, fait l'objet de surveillance du Réseau canadien anti-haine, selon son directeur général, Evan Balgord.

Leur stratégie de recrutement est d’opter pour la qualité plutôt que pour la quantité [de membres]. Ils ne prennent pas n’importe qui, soutient-il, estimant au passage qu’une douzaine d’entre eux pourraient se trouver à Saskatoon.

Le groupe est dangereux parce qu’il crée un environnement où les gens se sentent menacés, mais aussi un environnement où les gens sont moins gênés d'exprimer des opinions qui nuisent aux communautés marginalisées.

Evan Balgord, président-directeur général du Réseau canadien anti-haine
Gros plan sur une page de leur site web qui décrit le groupe comme étant le principal mouvement identitaire du Canada.

Le site web d'ID Canada décrit le groupe comme étant « le principal mouvement identitaire du Canada ».

Photo : Site web de ID Canada

Evan Balgord précise que le groupe est principalement actif en Alberta et en Ontario et qu’il était auparavant connu sous le nom de Generation Identity Canada.

[Les membres du groupe] cherchent à influencer les discussions, à les modifier pour qu’elles se transforment en forme de racisme, de xénophobie ou de discrimination, ajoute-t-il.

Radio-Canada/CBC a tenté de joindre à plusieurs reprises des représentants d'ID Canada afin d’obtenir leurs commentaires, mais le groupe n’a pas répondu aux demandes d’entrevue.

Avec les informations de Morgan Modjeski

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