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L'Alberta va cesser de payer les médicaments biologiques : des utilisateurs s'inquiètent

Une seringue usagée et des médicaments éparpillés de façon désordonnée.

Toute personne touchée par cette modification de couverture en matière de santé sera contactée d'ici juillet 2020.

Photo : iStock / Darwin Brandis

Radio-Canada

Dès l'été prochain, le gouvernement de l'Alberta ne couvrira plus la plupart des traitements médicamenteux biologiques au désarroi de nombreux patients qui en dépendent depuis longtemps pour stabiliser leur état de santé. Le ministre de la Santé, Tyler Shandro, a dévoilé, jeudi, son plan pour remplacer ces traitements, par des médicaments biosimilaires moins coûteux.

Bryanne Johnsen, atteinte de la maladie intestinale de Crohn, craint que son médicament disparaisse. Elle a reçu son diagnostic il y a deux ans. La jeune femme de 23 ans a vécu l'enfer : des douleurs d'abdomen, des hospitalisations à répétition, suivies d'une vilaine réaction allergique causée par les médicaments biosimilaires qu'elle utilisait.

Aujourd'hui, c'est un médicament biologique qui l'aide à soigner sa maladie.

Ce médicament [biologique] a changé ma vie. Avant ça, je manquais des semaines d'école et de travail pendant que j'étais à l'hôpital.

Bryanne Johnsen

Le nouveau plan du gouvernement fera exception pour les femmes enceintes et les enfants qui utilisent des médicaments biologiques. Bryanne Johnsen ne peut pas se prévaloir de cette exemption.

Mais pour l'instant, elle est en quelque sorte l'exception à la règle : son médicament biologique devrait encore être couvert, car il est nouveau et il n'y a aucun médicament biosimilaire sur le marché qui peut le remplacer.

Or, avec ce changement d'orientation qui s'annonce, la jeune patiente fera face à beaucoup d'incertitudes au cours des années à venir.

« C'est un mauvais pas pour notre système de santé, dit-elle. Trouver le bon médicament peut prendre des années, et ce n'est pas quelque chose qui doit être pris à la légère. »

Le gouvernement affirme qu'il communiquera avec toute personne touchée par le changement d'ici juillet 2020.

Des médicaments beaucoup moins coûteux

Un médicament biologique est fabriqué à partir de cellules vivantes, contrairement à un médicament biosimilaire qui tente de le répliquer. Il est donc impossible d'en obtenir une copie parfaite.

Les médicaments biosimilaires sont de 25 % à 50 % moins dispendieux que les médicaments biologiques.

C'est dans cette optique que le gouvernement albertain demandera à la majorité des patients de se servir des médicaments biosimilaires dérivés. Le ministre Tyler Shandro estime que cette mesure permettra aux contribuables d'économiser jusqu'à 380 millions de dollars sur quatre ans.

Des patients en danger?

Le ministre rejette l'affirmation selon laquelle les médicaments biosimilaires mettent la vie des patients en danger. La décision, dit-il, a été prise après une série de consultations avec des experts.

Le gastroentérologue de l'Université de Calgary, le Dr. Gil Kaplan, s'inquiète pour les patients qui ont réussi à stabiliser leur état de santé à l'aide des médicaments biologiques.

Il qualifie ce nouveau plan de « frustrant et triste » puisque, selon lui, certains patients verront leur état redevenir instable en changement rapidement de traitement.

« Il y a des risques chez des patients pour qui les produits biologiques fonctionnent. [...] La douleur, l'hospitalisation et la chirurgie sont quelques possibilités [pour ceux qui passeront aux médicaments biosimilaires] », souligne le Dr. Gil Kaplan.

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