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Polémique autour du dernier film de Clint Eastwood, Le cas Richard Jewell

Le réalisateur Clint Eastwood.

Le réalisateur Clint Eastwood à la première de son dernier film, « Le cas Richard Jewell », le 20 novembre dernier, à Hollywood

Photo : filmmagic / Axelle/Bauer-Griffin

Agence France-Presse

Un journal d'Atlanta a dénoncé jeudi le portrait « choquant » et « faux » d'une de ses rédactrices brossé par Clint Eastwood dans son dernier film, Le cas Richard Jewell, qui insinue qu'elle avait couché avec un policier en échange d'informations.

Inspiré de faits réels, Le cas Richard Jewell raconte l'histoire de cet ancien policier d'abord célébré en héros pour avoir trouvé le sac à dos contenant un engin explosif à Atlanta pendant les Jeux olympiques d'été de 1996. L'explosion avait fait 2 morts et avait blessé plus de 100 personnes.

Même si son alerte avait permis de mettre à l'abri des centaines de personnes, Richard Jewell, 33 ans à l'époque, avait très vite été présenté comme un suspect par les médias, sous un jour peu flatteur, sans qu'il ne soit jamais arrêté ou mis en examen.

Kathy Scruggs, de l'Atlanta Journal-Constitution (AJC), faisait partie des journalistes qui avaient rapidement établi que Richard Jewell était considéré comme un suspect par le FBI, qui l'avait finalement innocenté trois mois plus tard.

Dans Le cas Richard Jewell, Kathy Scruggs, interprétée par l'actrice Olivia Wilde, est montrée en train de proposer une relation sexuelle à un agent du FBI en échange de l'identité du suspect, des faits formellement démentis par son journal et ses collègues de l'époque.

Mme Scruggs est décédée en 2001.

Le portrait de [la] reporter est choquant, faux et a été inventé par Hollywood, selon Kevin Riley, rédacteur en chef de l'AJC, qui a répondu aux questions de l'AFP.

Le film commet exactement le péché dont il accuse les médias : il invente des faits de toutes pièces.

Kevin Riley, rédacteur en chef de l'Atlanta Journal-Constitution

Cox Enterprises, propriétaire du journal d'Atlanta, a envoyé lundi une lettre pour demander à Clint Eastwood et aux studios Warner Bros de déclarer publiquement que certains événements ont été imaginés à des fins artistiques.

La lettre déplore le fait que le journal et son personnel soient dépeints de manière inexacte et diffamatoire et demande qu'un avertissement clair soit ajouté au film en ce sens.

Dans sa version actuelle, le film qui sort vendredi aux États-Unis se contente de préciser, tout à la fin du générique, qu'il est fondé sur des événements historiques réels, mais a créé certains dialogues et éléments pour les besoins de l'histoire.

Le film se fonde sur une grande quantité d'éléments matériels hautement crédibles et les allégations de l'AJC sont sans fondement, a insisté Warner Bros dans sa réponse à la lettre.

Richard Jewell avait poursuivi en justice de nombreux médias en diffamation, dont l'AJC. Un tribunal a reconnu que les informations du journal autour de l'attentat et de l'enquête étaient exactes à l'époque de leur publication.

Richard Jewell est décédé en 2007, à l'âge de 44 ans, de problèmes cardiaques liés à un diabète.

Le véritable coupable, Eric Rudolph, a été arrêté en 2003 et condamné à la prison à vie deux ans plus tard.

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