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Sans nouvelles d’Édith Blais depuis un an

Radio-Canada

Presque qu’une année jour pour jour après la disparition d’Édith Blais, très peu de nouvelles filtrent au sujet de la Sherbrookoise et de son ami de voyage Italien de 30 ans, portés disparus au Burkina Faso. Malgré tout, l'espoir est de mise.

Edith Blais a quitté l'Europe en voiture, a transité par plusieurs pays du nord et de l'ouest de l'Afrique, avant d'arriver au Burkina Faso. C'est là qu'elle a été vue pour la dernière fois. La Sherbrookoise devait participer à un projet de reforestation au Togo. Le 15 décembre 2018, elle a partagé des photos de voyage sur sa page Facebook. Depuis, plus rien.

Une disparition que le gouvernement canadien assure prendre au sérieux. Le dossier est traité comme un enlèvement par les autorités canadiennes. La ministre fédérale et députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, a d’ailleurs rencontré à plusieurs reprises la mère et la soeur d'Édith Blais.

La famille est bien informée

Toutefois, la ministre ne peut en dévoiler davantage sur les efforts déployés sur le terrain. Pour des raisons de sécurité, c'est préférable de laisser ces détails techniques, de garder ça de façon discrète. Mais la famille est bien informée de ce qui est fait, explique Mme Bibeau.

Le moyen le plus simple pour un gouvernement c’est justement de ne pas rentrer dans la discussion ouvertement et publiquement.

David Morin, professeur à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke

Cette discrétion s'explique par plusieurs raisons, selon David Morin, professeur à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke.

Dans un cas comme celui-là, où la sécurité d’une personne est en jeu, chaque faux pas peut avoir un impact. Donc le gouvernement ne peut pas dévoiler ses cartes, les relations qu'il entretient avec les alliés, souligne M. Morin qui est également codirecteur de l'Observatoire sur la radicalisation et l'extrémisme violent.

Le ou les groupes susceptibles d’être les ravisseurs avaient dit il y a maintenant plus d’un an qu’ils ne communiqueraient plus sur la question des otages, qu'ils ne donneraient plus signe de vie

David Morin, professeur à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke

C’est une nouvelle stratégie de ces nouveaux groupes extrémistes, déplore-t-il.

Une région mouvementée

Comme l’explique David Morin, la région du Liptako Gourma, région frontalière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, est très instable depuis quelques années.

Dans les dernières heures, 77 militaires ont été tués par l’État islamique au Niger. On a eu, au Burkina Faso, une recrudescence, par dizaines, d’attaques menées par des groupes extrémistes. Un Canadien a été abattu au nord du Burkina Faso. Il y a aussi une mine, dont le siège social se trouve à Montréal, qui a subi une attaque qui a fait, là aussi, des dizaines de morts. Au Mali aussi, on a régulièrement des attaques de groupes extrémistes violents, regrette M. Morin.

C’est devenu extrêmement compliqué dans cette région-là.

David Morin, professeur à l'École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke

Comme le dit M. Morin, avec le temps qui passe, certains risques, entre autres celui de tomber malade dans une région comme celle-là, augmentent. Toutefois, cela ne signifie pas pour autant que les chances de retrouver Édith Blais et son ami en vie diminuent.

Ce sont des dossiers extrêmement complexes et qui souvent se dénouent en plusieurs années. Quand on regarde les otages dans des groupes équivalents, au cours des dernières années dans cette région-là, on s’aperçoit que les captivités vont durer deux, trois, quatre ans. Alors, à l’heure actuelle, même si ce n’est pas réconfortant, la situation et la durée ne sont pas anormales, conclut David Morin.

Avec les informations de Marie-Hélène Rousseau.

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