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Une municipalité albertaine veut se financer en proposant sa propre carte de crédit

L'entrée principale de l'hôtel de ville de la municipalité de Gibbons.

La municipalité de Gibbons compte environ 3000 habitants.

Photo : Radio-Canada

Simon-Pierre Poulin

La Municipalité de Gibbons, en Alberta, songe à se lancer en affaires. Elle veut proposer à sa population des cartes de crédit et empocher l’argent de leurs intérêts au profit des services municipaux.

Farrell O'Malley, le directeur général de la municipalité, située à 30 km au nord-est d’Edmonton, y voit l’occasion de diversifier les sources de revenus de la Ville tout en impliquant davantage les habitants dans la vie communautaire.

Nous pourrions avoir de meilleures infrastructures, bonifier les services aux citoyens, et ce, sans augmenter les impôts.

Farrell O'Malley, directeur général, municipalité de Gibbons

Dans les rues de la municipalité de 3000 habitants, les avis sont partagés. Un passant, Jeff Tubrett, voit d’un mauvais œil que des élus tirent profit des dettes de la population, particulièrement dans un contexte d’incertitude économique.

Un autre, Josh McIntosh, croît plutôt que l’idée est intéressante et peut donner certains moyens financiers à la Ville.

C’est dans l’intérêt de qui?

La Municipalité doit toujours demander l'autorisation des gouvernements avant de pouvoir proposer ses cartes de crédit. Elle devra s'associer avec un prêteur, une institution financière qui offre déjà des services de crédit.

Dans le modèle envisagé, la Municipalité offrirait un taux d'intérêt inférieur à celui des cartes de crédit traditionnelles, soit 13 %, mais prendrait en garantie la maison de la personne qui aura décidé d'adhérer au programme. En cas de non-paiement ou de retard, la nouvelle dette serait portée à ses impôts fonciers.

Le directeur général de Gibbons estime que la Municipalité pourrait obtenir entre 1 et 2 millions de dollars de revenus supplémentaires chaque année. Son calcul fait toutefois des sceptiques, comme Bruno Mercier, un conseiller en placement à la Financière Banque Nationale.

« Il faudrait que tous les habitants aient la carte de crédit et que tous les habitants y entretiennent une dette », explique-t-il. Il trouve que l'idée n'est pas complètement irréaliste pour autant, mais il apporte quelques nuances.

« Ça prend une expertise importante. Les petites entreprises ne se lancent tout simplement pas dans des associations de marques [avec les grandes cartes de crédit]. Quand on parle de telles associations de marques, on pense à des géants comme Walmart, Canadian Tire ou Amazon, pas à des petites entreprises qui n’ont que 3000 clients. »

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