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10 heures d'attente avant de voir un médecin à l’urgence de Charles-Le Moyne

Des civières prêtes à recevoir des patients à l'urgence de l'Hôpital Charles-Le Moyne, devant des postes d'observation, entourées de machines et de moniteurs.

Des civières prêtes à recevoir des patients à l'urgence de l'Hôpital Charles-Le Moyne.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Séjourner 15 heures sur une civière est chose commune dans les urgences au Québec. Mais devoir patienter plus de 10 heures avant de voir un médecin, comme l’a vécu récemment une dame de 75 ans à l’Hôpital Charles-Le Moyne, est inhabituel. Un défi pour la Coalition avenir Québec, qui promet de réduire ce délai à 1 h 30.

Barbara Currie Markous, 75 ans, se remet tranquillement ces jours-ci d’une mauvaise chute survenue à son appartement le 18 novembre dernier. Cette nuit-là, elle a fait une chute, face première au sol, après s'être endormie dans son fauteuil. Étourdie et incapable de se relever, Mme Currie Markous a été secourue quelques heures plus tard par sa voisine.

C’est mon petit chien qui l’a entendue de l’autre côté du corridor dans son appartement, se rappelle Marie-Josée Sansoucy. J’ai aussitôt appelé une ambulance. Je l’ai laissée partir avec les ambulanciers, croyant qu’elle allait être prise en charge immédiatement.

Cardiaque et diabétique, cette résidente de Longueuil est alors considérée par les paramédicaux dans un état stable à haut risque, selon leur rapport d’intervention.

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Barbara Currie Markous donne une entrevue dans son salon. Elle a des ecchymoses sur les deux yeux et le front.

Plus de temps d’attente aux urgences

Photo : Radio-Canada

Aussitôt arrivée à l’Hôpital Charles-Le Moyne, Mme Currie Markous passe au triage, mais n'est revue que 5 heures plus tard par une infirmière qui lui donne des Tylenol, selon son dossier médical.

Incapable de se rendre à la cafétéria, elle raconte en anglais avoir demandé à quelques reprises quelque chose à manger, en vain. J’étais fatiguée et j’avais mal à la tête, dit-elle.

En début de soirée, le 18 novembre, Marie-Josée Sansoucy prend des nouvelles de sa voisine et apprend qu’elle se trouve toujours à l’urgence et qu’elle n’a toujours pas vu de médecin ni mangé.

Une femme en entrevue à la caméra dans un appartement.

Marie-Josée Sansoucy est venue en aide à sa voisine après une vilaine chute.

Photo : Radio-Canada

On m’a répondu qu’on ne peut pas apporter des repas aux patients, qu’on aurait 60 cabarets à apporter. Imaginez les personnes seules, se désole-t-elle.

Augmentation du délai de prise en charge

Selon le rapport médical, ce n’est qu’à 22 h qu’un médecin a rendu visite à Mme Currie Markous, soit plus de 10 heures après son arrivée à l’hôpital.

On lui a alors diagnostiqué une commotion cérébrale et une ecchymose étendue. Elle a été hospitalisée pour la nuit. J’étais vraiment surprise que ça prenne autant de temps, explique en anglais Mme Currie Markous. Et elle a raison de s’en étonner.

Selon les données du ministère de la Santé, le délai moyen de prise en charge par un médecin s’élève ces derniers mois à un peu plus de 4 heures à l’Hôpital Charles-Le Moyne. C'est bien au-delà de la moyenne québécoise, qui se situe à 2 heures 27 minutes.

La situation que vous portez à notre attention est malheureuse et soulève des préoccupations. Ce n'est pas le type d'expérience que nous voulons faire vivre à nos patients. Nous allons bien sûr évaluer les circonstances entourant ce qui s’est passé, reconnaît une porte-parole du CISSS Montérégie-Centre.

Nous travaillons pour faire en sorte que le délai d'attente diminue, avec le développement du maintien à domicile par exemple, et tout ce qu'on fait dans les cliniques médicales, avec les médecins de famille, les infirmières praticiennes, les pharmaciens même, pour faire en sorte que les gens n'aillent pas à l'urgence si ce n'est pas nécessaire, explique la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Au ministère de la Santé, une porte-parole explique par écrit que la légère augmentation du délai de prise en charge médicale depuis un an est attribuable à l'augmentation de la fréquentation des aînés de 75 ans et plus aux urgences.

Ainsi, plusieurs mesures sont en déploiement pour, d'une part, bonifier le maintien à domicile avec des investissements historiques de 280 millions de dollars pour ajouter 1,5 million d'heures supplémentaires en soutien à domicile, et aussi augmenter l'offre d'hébergement pour les aînés (2600 places en maisons des aînés), écrit la porte-parole.

Interrogé au début de décembre à l’émission Les coulisses du pouvoir sur la promesse de réduire l’attente à 90 minutes en moyenne avant de voir un médecin à l’urgence, le premier ministre François Legault répondait : Ce n'est pas un problème qui est facile à régler [...] On a promis ça pour le mandat! Ça va se faire sur le mandat.

Pendant ce temps, Mme Currie Markous a entrepris des démarches auprès d’un CLSC pour obtenir des soins à domicile et trouver un médecin de famille.

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