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La fonction publique au cœur du discours sur l'état de la province de Brian Pallister

Un homme en costume qui gesticule.

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Gavin Boutroy

Le premier ministre du Manitoba, Brian Pallister, a prononcé son discours annuel sur l’état de la province jeudi, devant la Chambre de commerce de Winnipeg.

Dans son premier discours depuis sa réélection en septembre, Brian Pallister a dressé un bilan de la restructuration de la fonction publique entreprise dans son premier mandat.

Le discours, ponctué d’anecdotes évoquant l’imagerie des pionniers, tournait autour de la métaphore de la province en tant que bicyclette. Une bicyclette est faite pour rouler vers l’avant, tout comme notre province, a lancé le premier ministre.

Or la « bicyclette » héritée du précédent gouvernement néo-démocrate se compare au penny-farthing, ou grand-bi, en français, selon M. Pallister. Ces vélocipèdes primitifs étaient dotés d’une immense roue avant, ce qui nuisait à l’équilibre.

Cette roue avant représente la fonction publique « pléthorique », a fait valoir le premier ministre. Ainsi, il dit qu’il fallait réimaginer la « bicyclette » qu’est la province. Pour ce faire, M. Pallister a souligné 10 « réalisations » de son gouvernement progressiste-conservateur.

  1. Le Manitoba avait deux états financiers, les vrais et les faux, dit-il. M. Pallister affirme que son gouvernement a éliminé les faux états financiers qui surévaluaient des centaines de millions de dollars en actifs, et qui ignoraient des centaines de millions de dollars en dettes. Maintenant, dit-il, le Manitoba a juste une version de ses états financiers, et celle-ci est transparente.
  2. Le gouvernement progressiste-conservateur accorde désormais un temps proportionnel à l’importance des budgets aux départements de la province qui se présentent au Conseil du Trésor, selon M. Pallister.
  3. Le gouvernement a centralisé la surveillance des poursuites judiciaires contre la province, et des issues possibles des causes en cours.
  4. Pallister dit que son gouvernement a centralisé l’élaboration de plans de dépenses en immobilisations, et ces dépenses sont désormais évaluées au début du processus budgétaire plutôt qu’à la fin.
  5. L’élaboration d’analyses de rentabilité est maintenant la norme partout dans la fonction publique, selon M. Pallister. Avec tout le respect que je dois à mes prédécesseurs, personne dans la fonction publique ne m’a démontré [à mon entrée en fonction] qu’il comprenait le rendement des investissements, a déclaré le premier ministre.
  6. M. Pallister affirme que la caisse de prévoyance de la province a été renflouée à hauteur de un demi-milliard de dollars depuis qu’il est au pouvoir.
  7. Le gouvernement progressiste conservateur a éliminé la culture du « travail en silos » dans la fonction publique, selon M. Pallister. Il dit que son gouvernement a permis aux différents départements de la province de mieux collaborer, ce qui a pour résultat des économies pour la province.
  8. La province a mis en place un processus d'appel d’offres rigoureux, selon M. Pallister.
  9. Une réduction du nombre d’unités de négociation de la fonction publique est en cours. Le premier ministre dit que le nombre total d’unités de négociation en Saskatchewan, en Alberta et en Colombie-Britannique est inférieur à 20. Brian Pallister souligne que, dans la région sanitaire de Winnipeg à elle seule, on compte plus de 180 unités de négociations, un non-sens et une perte de temps, dit-il.
  10. M. Pallister affirme avoir mis fin à la pratique du dépenser ou perdre. Selon lui, les départements gouvernementaux doivent maintenant justifier chaque année leurs besoins.

Nous avions dit que nous serions audacieux, et nous le sommes. Nous nous attaquons à tous les dossiers majeurs du gouvernement en même temps, conclut M. Pallister, soulignant qu’il avait particulièrement hâte de s'attaquer au dossier de l’éducation en 2020.

M. Pallister a prononcé quelques mots en français en faisant valoir la main-d’œuvre « bien éduquée, hautement compétente et diversifiée » de la province.

Des mots durs pour le Québec

Peu après sa phrase en français, le premier ministre a affirmé que les Manitobains ont toujours défendu leurs valeurs et les droits des Canadiens.

[Au Québec] il y a une menace très réelle à laquelle nous devons tenir tête, dit-il. C’est une érosion des droits et des libertés lorsque certains essaient de limiter la pratique de la religion. C’est une violation des droits de la Charte et une menace pour le bien-être des Québécois.

Il a ajouté : C’est aussi une menace pour les habitants de ce pays, lorsque notre réputation internationale est menacée par de telles initiatives. Nous devons nous tenir debout, comme le Manitoba l’a toujours fait, à Vimy, sur les plages de la Normandie, les déserts de l’Afghanistan et, oui, dans le Palais législatif et la Chambre des communes.

Brian Pallister ne cesse de claironner son opposition à la Loi québécoise sur la laïcité de l’État. Celle-ci prévoit notamment l’interdiction du port de signes religieux chez les employés de l’État en position de coercition (juges, policiers, procureurs, gardiens de prison) et d’autres employés de l’État, essentiellement les enseignants des écoles primaires et secondaires du réseau public et les directeurs d’école. C’est contre cette portion de la loi que le premier ministre du Manitoba s’insurge.

Il a écrit une lettre au rédacteur en chef du journal The Globe and Mail cette semaine, et mercredi dans son entrevue de fin d’année, il a indiqué à Radio-Canada que 15 à 20 personnes ont manifesté leur intérêt à rejoindre la fonction publique manitobaine, en réaction aux publicités diffusées au Québec par le Manitoba. Celles-ci présentent 21 raisons de déménager au Manitoba, un clin d'oeil à la loi québécoise, communément appelée loi 21.

Un porte-parole de la province précise qu’il y a eu près de 6000 visites du site web de la fonction publique du Manitoba durant les deux dernières semaines, et que « quelques dizaines » de candidatures ont été déposées. Par ailleurs, 82 % des visites au site web provenaient du Québec.

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