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Le prêt-à-manger continue de gagner en popularité

« Souvent, il y a des recettes asiatiques, indiennes, beaucoup de recettes végétariennes. C'est comme si on mangeait au restaurant chez nous ».

Le reportage d’Olivier Bachand.

Photo : Radio-Canada / Olivier Bachand

Quitter le travail à toute allure, aller chercher les enfants à l'école, et puis la cuisine... Pour de nombreuses familles, la vie est une course effrénée. Pour gagner du temps, le prêt-à-manger est une option de plus en plus attrayante.

Isabelle Lefebvre s'est convertie aux plats préparés il y a un an et demi, alors qu'elle commençait un nouvel emploi plus exigeant.

Depuis, la mère de deux enfants ne peut plus s'en passer. Elle a recours au prêt-à-manger pratiquement toutes les semaines. Je commençais à avoir trop de choses en même temps, les leçons, les devoirs. Je trouve que c'est une belle solution, dit-elle.

Elle commande en ligne et fait livrer chez elle plus de la moitié des repas pour nourrir chaque semaine sa famille.

La facture atteint entre 100 $ et 170 $ pour ses deux enfants et elle, selon les plats qu'elle choisit.

Pour elle, c'est un investissement et non une dépense. Pas besoin de cuisiner et de laver une montagne de vaisselle, elle peut ainsi gagner du temps et souffler un peu.

On a le temps de jouer à des jeux de société les soirs de semaine, chose que je ne pouvais pas faire avant.

Isabelle Lefebvre
Une mère et ses deux enfants assis à la table et mangent leur repas.

Isabelle Lefebvre et ses deux enfants mangent des plats du service de prêt-à-manger Antoine au quotidien.

Photo : Radio-Canada / Olivier Bachand

Isabelle Lefebvre ne voit pas l'économie de temps comme seul avantage. Elle dit que le prêt-à-manger fait découvrir de nouvelles saveurs à toute la famille.

Souvent, il y a des recettes asiatiques, indiennes, beaucoup de recettes végétariennes, souligne-t-elle. C'est comme si on mangeait au restaurant chez nous.

Un marché en expansion

Isabelle Lefebvre commande ses plats chez Antoine au quotidien, qui dessert le Grand Montréal.

Le fondateur de l'entreprise, Antoine Masson-Delisle, a fait ses débuts dans le prêt-à-manger il y a 10 ans. À l'époque, il livrait à des amis quelques plats concoctés dans la cuisine de ses parents.

Depuis, le menu s'est allongé. On a 20 à 25 plats différents chaque semaine, le menu change tout le temps. Soupes, entrées, plats principaux, végétariens, viande, on a vraiment des choix pour tous les goûts. Et le bassin de clients a pris de l'ampleur.

On fait 420 commandes par semaine. On aimerait ça dans un avenir de deux à trois ans tripler, indique Antoine Masson-Delisle.

La demande est là. En ce moment, on refuse de 50 à 100 clients toutes les semaines.

Antoine Masson-Delisle

Contrairement à ce qu'il croyait, l'arrivée de plusieurs joueurs dans le marché du prêt-à-manger et du prêt-à-cuisiner au cours des dernières années a été bénéfique pour son entreprise. C'est comme si ça avait fait découvrir le monde de la restauration, du déjà-prêt. Les gens se sont mis à s'intéresser à ça, à chercher des alternatives, explique-t-il.

Les supermarchés suivent la tendance

Son entreprise profite de l'engouement pour les plats préparés, un marché en pleine croissance qui devrait atteindre les 4 milliards de dollars en 2019 au pays, selon les estimations.

Les supermarchés en ont pris bonne note. L'offre de prêt-à-manger s'est grandement diversifiée, au-delà du traditionnel poulet barbecue.

Provigo, par exemple, a lancé sa propre marque de prêt-à-manger baptisée Chef Mark, il y a deux ans. Des plats comme des cannellonis à la viande, du risotto aux champignons ou du pad thaï au poulet sont offerts.

S'ajoutent à cela de nombreux mets cuisinés directement dans les épiceries. C'est le rayon où l'on observe la plus forte croissance depuis les deux dernières années, indique la directrice des communications de la chaîne, Johanne Héroux.

Des plats cuisinés dans le présentoir d'une épicerie.

Chez Provigo, le prêt-à-manger est le secteur qui atteint la plus forte croissance au cours des deux dernières années.

Photo : Radio-Canada / Olivier Bachand

Ces options sont particulièrement populaires auprès de la jeune génération, indique-t-elle.

On a constaté que 44 % des milléniaux font appel au prêt-à-manger, contrairement aux baby-boomers, où c'est seulement 14 %, explique Mme Héroux, citant les résultats d'une étude de Léger Marketing commandée par la chaîne de marchés d'alimentation.

Le prêt-à-manger est-il bon pour la santé?

On retrouve un peu de tout dans le prêt-à-manger : des repas très santé, d'autres un peu moins. Selon la nutritionniste Catherine Lefebvre, il faut tenir compte des ingrédients qui composent la recette pour faire de bons choix alimentaires.

Qu'est-ce qu'on a comme ingrédients là-dedans? Est-ce que ça se rapproche d'une recette maison? Si oui, ça vaut la peine de payer pour le service, la personne qui a cuisiné pour nous.

Catherine Lefebvre

Selon elle, il faut faire particulièrement attention aux plats vendus en épicerie.

L'offre s'améliore, mais disons que la majorité des produits vont souvent être plus salés, plus sucrés, avec des agents de conservation, avertit-elle.

Il est donc préférable de ne pas se nourrir uniquement de plats déjà préparés vendus dans les supermarchés. C'est comme des plats de dépannage, dit-elle. Est-ce qu'on devrait manger ça tous les soirs? Non.

Outre la liste des ingrédients, la nutritionniste suggère de prendre en considération trois autres critères avant d'acheter un plat préparé : le rapport qualité-prix, le goût et l'économie de temps qui sera réalisée en achetant le plat plutôt qu'en le cuisinant soi-même.

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