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« Je voudrais te remercier profondément », dit Justin Trudeau à Andrew Scheer

Les deux hommes sont face à face, M. Trudeau posant la main sur l'épaule de M. Scheer.

Justin Trudeau a salué le dévouement d'Andrew Scheer.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada
Mis à jour le 

Les trois chefs des partis d'opposition à la Chambre des communes ont tous reconnu les qualités du chef conservateur démissionnaire Andrew Scheer et souligné les défis d’être le leader d’un parti à Ottawa. Sans verser dans la partisanerie, ils ont exprimé leur gratitude pour sa contribution à la vie politique du Canada.

Le premier ministre Justin Trudeau a d’emblée reconnu la difficulté de concilier la vie parlementaire et la vie de famille, tout en précisant que nous voulons construire, nous voulons bâtir un meilleur monde. Je respecte profondément en [M. Scheer] cette polarisation de sa conscience sur l’importance de l’avenir, a-t-il ajouté.

M. Trudeau a souhaité la meilleure des « continuations » à M. Scheer pour les prochaines étapes de sa carrière.

Je voudrais le remercier profondément pour les services rendus au Canada au nom de toute notre députation. J’espère avoir bien des échanges avec lui à l’avenir. Merci, Andrew, du travail que vous avez fait.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Malgré des « différences d'opinions », le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet a lui aussi salué le parcours d'Andrew Scheer. Je nourris la certitude que tous les gens qui s’engagent en politique le font pour de bonnes raisons, a poursuivi M. Blanchet.

Les rencontres assez rares que nous avons eues ont toujours été marquées d’une cordialité sans faille que je salue avec amitié. Je suis profondément convaincu, malgré nos opinions autres, que tout ce qui a été fait l’a été pour le bien des gens, avec une sincérité absolue.

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Pour sa part, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, a lui aussi souligné l'apport de son adversaire à la vie politique canadienne. Vous représentez non seulement les gens de votre circonscription, mais j’ai vraiment apprécié le sentiment que vous le faites en pensant à l’avenir de vos enfants, a déclaré M. Singh.

Évoquant leurs idées aux antipodes, M. Singh a ajouté qu’on va avoir des différences d’opinions, mais ce qui nous rassemble, c’est cette idée qu’on travaille pour le bien commun.

M. Singh a conclu en disant que j’aimerais reconnaître le travail difficile et douloureux, toutes les années de services qui sont sur votre feuille de route. Et c’est à l’unisson que j’aimerais vous remercier aujourd’hui.

Un départ préparé

L'ambiance n'était certainement plus au beau fixe dans les rangs conservateurs, alors que des députés, d'ex-candidats et d'autres conseillers faisaient activement campagne pour pousser M. Scheer vers la sortie.

M. Scheer était au courant de tout cela, de toutes ces factions, a d'ailleurs mentionné le député Luc Berthold. Il en a tenu compte, il a parlé avec sa famille, et il a choisi d'y consacrer plus de temps.

Je pense qu'Andrew Scheer va avoir été un chef de transition, a de son côté affirmé le sénateur conservateur Claude Carignan, interrogé dans les corridors du parlement. Je pense que ça va permettre à de nouveaux candidats de se présenter; on voit qu'il y a un potentiel, il y a eu une augmentation du nombre de votes au Canada.

Les pressions pour son départ ont beau avoir été fortes, la décision d'Andrew Scheer a été particulièrement difficile à prendre, juge Alain Rayes, député et lieutenant politique du Parti conservateur au Québec.

C'est un homme qui aspirait à être premier ministre du Canada [...], qui a travaillé très fort depuis deux ans et demi pour préparer la campagne, a-t-il déclaré lors de son passage à l'émission En direct avec Patrice Roy, sur les ondes radio-canadiennes.

J'ai été parmi les premiers qui l'ont appuyé, j'ai travaillé pour lui, c'est un homme dévoué, travaillant, qui avait une vraie sensibilité pour le Québec, mais ça n'a pas connecté, comme vous l'avez constaté.

En Ontario, dans les Maritimes aussi, ça a été très difficile, a reconnu M. Rayes. On doit revoir certaines positions; je crois que ça va faire partie de la réflexion des éventuels candidats à la chefferie.

« Le Parti conservateur a perdu ses principes », selon Maxime Bernier

Pour le chef du Parti populaire du Canada Maxime Bernier, le départ d’Andrew Scheer n’est pas une surprise. « Il y avait beaucoup de pressions après l’élection », dit-il.

M. Bernier a été le rival malheureux dans la course à la direction du Parti conservateur contre M. Scheer, lui concédant la défaite avec 49 % des votes. Mais M. Bernier n’est pas amer pour autant : J’ai tourné la page, j’ai dit que ce parti-là était intellectuellement et moralement corrompu à cause de [ses] idées. Le Parti conservateur n’est plus conservateur, affirme-t-il.

L’ancien député de Beauce ne souhaite pas réintégrer les rangs de son ancienne formation. Je vais faire [de la politique conservatrice] avec le Parti populaire du Canada et influencer la politique publique comme on veut le faire.

Mais s’il croit que la pression était trop forte, [M. Scheer] n’avait pas le choix, et je lui souhaite un bon succès, conclut M. Bernier.

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