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La version payante d'une plateforme pour les suppléances dans les écoles est critiquée

Une femme tient un cellulaire sur lequel s'affiche une page de l'application mobile de Substitutus où il est écrit : « Pour les remplaçants ».

L'application Substitutus est utilisée par au moins quatre commissions scolaires au Québec.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Audrey Paris

Des syndicats contestent la version payante d’une nouvelle plateforme pour octroyer les suppléances implantée dans quatre commissions scolaires du Québec. D'après eux, il est inacceptable de faire payer des employés pour avoir accès aux offres de remplacement.

La plateforme Substitutus permet aux suppléants de recevoir des messages par courriel lorsque des périodes doivent être comblées dans les écoles sélectionnées.

L'outil de base est gratuit mais, pour 5 $ par mois aux frais des employés, les utilisateurs peuvent recevoir les offres de travail par messagerie texte et avoir accès à plus de services.

C’est un peu comme le Tinder de la suppléance, affirme Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l'enseignement. On sous-traite le placement du personnel, on sous-traite l’affectation des suppléants et suppléantes. Tout en sous-traitant, les commissions scolaires font en sorte que ça devient un service à deux vitesses.

D’après Catherine Duchaine du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec (SERQ), ça relève du non-sens que des employeurs fassent payer des employés pour obtenir du travail, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, même si le coût est peu élevé.

Écoutez, on est très inquiets, affirme-t-elle, on entend toutes sortes de choses qui nous questionnent beaucoup. Pendant ce temps, on a des enseignantes qui doivent faire de la suppléance obligatoire, donc l’arrivée de Substitutus n’améliore pas une situation déjà difficile.

Comment fonctionne Substitutus?

Le personnel enseignant, qu’il soit précaire ou non, peut s’inscrire sur la plateforme à partir du site web ou de l’application mobile.

De base, le service est gratuit. Un utilisateur peut recevoir des messages par courriel lorsque des périodes se libèrent dans les écoles qu’il a sélectionnées.

Version bonifiée :

Au coût de 10 $ par mois, ou 100 $ par année par école, les commissions scolaires peuvent avoir accès à plus de fonctionnalités comme la gestion des demandes et des membres qui s'inscrivent.

Au coût de 5 $ par mois, ou 50 $ par année, le personnel enseignant précaire peut obtenir les offres par messagerie texte et la gestion automatique des disponibilités. À titre d'exemple, si l'utilisateur est déjà occupé pour une période, il ne recevra pas les nouvelles offres pour cette période.

Le 5 $ est facultatif

La Commission scolaire des Grandes-Seigneuries (CSDGS) près de Montréal utilise ce service depuis un an. Par courriel, la CSDGS indique que la version bonifiée n'est pas obligatoire.

Comme presque tout le monde peut avoir accès à ses courriels à partir de son téléphone, nous croyons que l’application permettant de recevoir des textos n’est pas nécessaire, est-il précisé.

La commission effectuera un sondage au début de l'année 2020 pour connaître le taux de satisfaction de la nouvelle plateforme.

Depuis septembre, la Commission scolaire des Premières-Seigneuries (CSDPS) à Québec a implanté Substitutus dans les écoles primaires pour commencer. Selon le service des communications, la commission est satisfaite de l'outil.

La CSDPS souligne avoir fait des tests pour réaliser que les offres de remplacement arrivent en même temps par courriel que par messagerie texte. Pour cette raison, la commission ne compte pas débourser le 5 $ par mois pour couvrir les frais facultatifs.

À la Commission scolaire des Patriotes en Montérégie, la direction évalue la possibilité de payer pour la version bonifiée des suppléants.

Cependant, elle précise que la version payante ne privilégie pas les utilisateurs par rapport à ceux qui ne payent pas. La commission dit être très satisfaite de la plateforme.

Des élèves dans une classe.

Les commissions scolaires de la province subissent les effets de la pénurie de main-d'œuvre. Les syndicats du milieu de l'enseignement souhaitent que leur employeur soit concurrentiel sur le marché.

Photo : iStock

De son côté, la Commission scolaire de la Côte-du-Sud à Montmagny affirme qu'il est trop tôt pour dire si elle payera pour que tous les suppléants aient accès à la version bonifiée.

La Commission scolaire de Laval n'a, pour sa part, pas encore répondu à nos questions.

Créée par des conjoints d’enseignantes

Chez l’entreprise Substitutus qui a conçu l'outil, un des cofondateurs explique que son équipe a choisi ce modèle d’affaires pour permettre aux gens d’utiliser la plateforme gratuitement, mais payer s’ils souhaitent en avoir plus.

Nos conjointes sont dans le milieu de l’enseignement et on a réalisé que la suppléance, c’était vraiment difficile, explique Jean-René Provost. On a donc pensé que notre background en technologie nous permettrait de mettre en place un système pour que les enseignants se gèrent entre eux.

Il affirme que toutes les commissions ont décidé de payer pour la version bonifiée de la plateforme [100 $ par année par école].

M. Provost assure que Substitutus est en train de communiquer avec les commissions scolaires pour qu’elles puissent elles-mêmes débourser pour les versions payantes des suppléants.

Pour le moment, 3 % des enseignants inscrits ont choisi le premium, soutient Jean-René Provost. Le premium, c’est facultatif, on s’est basé sur les modèles des applications comme Spotify.

Il ajoute que, pour le moment, les trois créateurs de la plateforme ont d'autres emplois.

Notre vocation, c’est d’offrir notre service à petit coût, pour ne pas avoir de frein à l’inscription. Quand on aura un volume, on va pouvoir en vivre.

Jean-René Provost garantit également que les données récoltées grâce à la plateforme ne sont pas utilisées à d’autres fins qu’aux services des écoles inscrites.

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