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Évaluer entraîneurs et agents au bout des doigts

Une main tenant un iPhone dans lequel on voit l'application The Sports Aux.

L'application mobile gagne en popularité de jour en jour auprès des hockeyeurs.

Photo : Radio-Canada / Olivier Jodouin

Charles Lalande

L’application mobile The Sports Aux gagne en popularité récemment en raison de la vague de dénonciations envers les entraîneurs aux quatre coins de la planète hockey.

Le principe est sensiblement le même que Rate My Teacher, un site bien connu des étudiants qui a longtemps servi à évaluer ses professeurs. Un joueur peut évaluer anonymement les entraîneurs et les agents de joueurs qu’il a croisés au cours de sa carrière.

Le créateur, Josh Healey, un défenseur de l’organisation des Predators de Nashville, a lancé cette application au grand jour en janvier dernier. Elle compte déjà 1500 hockeyeurs, mais il prédit que le chiffre va augmenter, notamment grâce à la récente attention médiatique dont elle a fait l'objet récemment.

Nous avons fait un bon travail. Une équipe filtre les commentaires avant qu’ils apparaissent en ligne. Jusqu’à maintenant, nous avons eu de belles rétroactions , dit-il.

Un défenseur en train de mettre en échec un rival le long de la bande.

Josh Healey (à gauche) a joué au niveau universitaire, à Ohio State, avant de faire le saut chez les professionnels.

Photo : Associated Press / Ann Heisenfelt

En entrevue, l’athlète-entrepreneur a dit avoir s’être servi de sa propre expérience. Le hockeyeur de 25 ans a jadis remercié un agent qui ne répondait pas à ses besoins pour en embaucher un bien meilleur qui lui a permis de signer un contrat dans la Ligue nationale de hockey.

Par souci de crédibilité, il s’est aussi assuré de valider l’identité des utilisateurs. Avant de pouvoir s’exprimer, ledit joueur doit faire valider son identité à l’aide d’un processus de vérification, imposé par l’application, afin d’éviter tout débordement provenant d’un internaute n’ayant jamais côtoyé celui qu’il prend pour cible.

De bons entraîneurs et de bons agents vont bénéficier des commentaires positifs, et les autres auront la chance de s’améliorer avec une critique constructive.

Josh Healey

Relation de confiance

Un entraîneur est évalué selon trois critères : la performance, le côté relationnel et son boulot administratif.

Le Franco-Albertain, Serge Lajoie, est entraîneur au sein de l'Académie de hockey Okanagan. Auparavant, il a dirigé une saison dans la Ligue de hockey junior de l’Ouest en plus d’avoir fait ses classes, entre autres, au hockey universitaire masculin, avec les Golden Bears de l’Alberta.

Téléphone montrant la note de 8,4 sur 10 de Serge Lavoie.

Étant lui-même père d’un adolescent de 16 ans qui évolue dans la WHL, Serge Lajoie avoue voir d’un bon œil le changement de culture dans le monde du hockey.

Photo : Radio-Canada / Olivier Jodouin

Il avoue avoir téléchargé l’application il y a quelques mois, mais dit ne jamais l’avoir consulté.

L’outil peut être très dangereux, car il est très subjectif. Le commentaire laissé ne tient pas toujours compte du contexte. Au bout du compte, comme entraîneur, tu fais du mieux que tu peux, rester soi-même et réfléchir à la façon dont tu communiques avec tes joueurs. Le but est de les pousser, avec les meilleures intentions, pour les amener à un autre niveau.

L'entraîneur-chef du club midget AAA des Hounds de Notre Dame, Devan Praught, a quant à lui obtenu une note parfaite. Un joueur a même laissé un commentaire, le décrivant comme un « passionné qui traite tous ses joueurs avec respect, tout en les tenant responsables de leurs actions. Il fait tout pour s'assurer que son équipe a tous les outils pour réussir. »

Je ne connaissais même pas cette application! Je suis un entraîneur exigeant envers mes joueurs, mais je les adore. Je développe des relations avec eux et je veux qu'ils réussissent au hockey et dans la vie.

Devan Praught en entrevue à Radio-Canada.

Devan Praught en est à sa sixième saison à la barre des Hounds.

Photo : Radio-Canada

Un agent est quant à lui évalué sur la performance, la communication et la fiabilité.

Depuis maintenant 13 ans, Marc Lavigne est agent pour la firme RSG Hockey. Il parcourt l’Est du Canada, le Nord des États-Unis et même l’Europe à la recherche des meilleurs talents. Des parents, des joueurs, des entraîneurs, il en rencontre à la tonne.

Il est, pour l’instant, coté à 9,6 sur 10. Je suis content. Je fais mon travail parce que je suis un passionné. Je dévoue un peu ma vie pour mes joueurs. Je veux aller jusqu’au bout avec eux. Je sais aussi que je dois être honnête et leur donner l’heure juste.

Malgré les bons mots et la bonne publicité à son égard, Marc Lavigne a certaines réticences avant de faire l’éloge de cette application. J’espère seulement que ce sera bien utilisé, que les gens ne se servent pas de cela pour les mauvaises raisons.

Néanmoins, le conseil qu’il donne toujours à ses protégés qui leur rapportent une situation, voire un conflit avec un entraîneur, ne changera pas. Il suggère de régler cela directement en communiquant avec l’individu concerné ou par l'entremise d'une tierce personne, plutôt que d’utiliser son téléphone cellulaire.

Téléphone montrant la note de 9,6 sur 10 attribuée à Marc Lavigne.

L'agent Marc Lavigne, de la firme RSG Hockey, souhaite que l'application soit utilisée pour les bonnes raisons.

Photo : Radio-Canada / Olivier Jodouin

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