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L'agriculture appelée à changer pour aider le climat et l'industrie

Des tracteurs labourent des terres agricoles.

Le rapport de l'Union nationale des fermiers préconise de s'éloigner de l'agriculture à gros budget, à grande superficie et qui utilise de grosses machines.

Photo : AFP/Getty Images / JEAN-FRANCOIS MONIER

La Presse canadienne

L'agriculture doit changer pour aider la lutte contre les changements climatiques, mais aussi pour sauver l'industrie, selon l'Union nationale des fermiers (UNF).

Dans un rapport publié, mercredi, l'UNF conclut que certains éléments de l'agriculture mixte à l'ancienne, combinés aux dernières technologies, peuvent permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre et, aussi, d'aider plus de familles agricoles à rester dans le domaine.

La crise climatique et la crise agricole ont en fait plusieurs causes communes, a déclaré la présidente du syndicat des cultivateurs, Katie Ward, qui élève une centaine de moutons près d'Ottawa.

L'agriculture génère environ 8 % des émissions de gaz à effet de serre du Canada. Le rapport suggère des moyens de réduire de moitié ces émissions d'ici 2050. De plus, les dettes agricoles ont doublé depuis 2000, indique le rapport, et la plupart des revenus des familles agricoles proviennent désormais de l'extérieur de la ferme.

Le rapport fait des liens entre les émissions croissantes de gaz à effet de serre provenant de l'agriculture et certains changements qui ont permis à l'industrie de grandir, mais qui ont aussi fait augmenter les dépenses des agriculteurs, ce qui rend l'agriculture moderne trop chère pour certaines familles.

Les dettes agricoles ont doublé depuis 2000

Le rapport mentionne le prix élevé des intrants agricoles tels que le carburant et les engrais, qui sont tous deux des produits pétroliers. Ceux-ci absorbent 95 % des revenus agricoles, indique-t-il.

Toujours selon le rapport de l'UNF, les biocarburants et l'électrification réduiraient les émissions et les coûts, les tracteurs électriques étant déjà en cours de développement. La production d'électricité renouvelable à la ferme serait également profitable aux agriculteurs. Il en serait de même pour une utilisation plus efficace des intrants agricoles, grâce à la technologie.

Changer le type d'agriculture

Toutefois, le rapport recommande en priorité de s'éloigner de l'agriculture à gros budget, à grande superficie et utilisant de grosses machines.

S'il existe une agriculture régénératrice, on la trouve probablement dans les systèmes d'agriculture mixte qui utilisent des cycles naturels de nutriments, une variété d'animaux et de plantes et les meilleures méthodes de pâturage pour restaurer les sols, augmenter les niveaux de carbone, protéger l'eau, améliorer la biodiversité et soutenir des moyens de subsistance durables.

Garder les intrants au minimum et labourer le sol le moins possible réduirait les émissions de gaz à effet de serre et laisserait plus de revenus aux agriculteurs, a déclaré Katie Ward. Cela permettrait aux agriculteurs de gagner leur vie avec de plus petites exploitations.

Nous ne parlons pas de retourner à La petite maison dans la prairie. Mais il y a une raison pour laquelle il existe un équilibre dans les systèmes naturels. Il y a une leçon à tirer pour les agriculteurs.

De la place pour différents types de fermes

Keith Currie, vice-président de la Fédération canadienne de l'agriculture, est d'avis que les consommateurs recherchent une agriculture à faible impact sur l'environnement. Selon lui, il y a de la place pour tous les types de fermes.

Mais la réalité, c'est que les consommateurs obligent les producteurs à leur vendre la nourriture la moins chère possible. Gérer une petite ferme n'est tout simplement pas assez rentable, a ajouté celui qui cultive des céréales et des oléagineux près de Collingwood, en Ontario.

« Quelque chose doit changer », a déclaré Colin Laroque, du College of Agriculture de l'Université de la Saskatchewan.

La durabilité repose sur des facteurs sociaux et environnementaux ainsi que sur l'argent, a ajouté M. Laroque. Par contre, les marges sont si étroites que l'économie motive la prise de décision.

L'environnement et l'aspect social doivent être là aussi, sinon le château de cartes s'effondre. L'économie dirige les décisions, mais ne tient pas compte de ce qui est bon pour ma terre.

Tous ces agriculteurs conviennent que le changement doit être encouragé, au moins en partie, par les gouvernements.

Si le gouvernement ne s'y attelle pas d'une manière ou d'une autre, il n'y a aucune raison de changer et les banques continueront de gagner et les agriculteurs continueront d'acheter les gros équipements , conclut Colin Laroque.

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