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Tremblement essentiel : une chirurgie pour regagner de l’autonomie

Un homme assis à table tenant un crayon.

René Girouard ne pensait jamais être capable de pouvoir écrire son nom à nouveau.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Atteint du syndrome du tremblement essentiel, un homme du sud-est du Nouveau-Brunswick perdait peu à peu son autonomie. Une chirurgie subie l’an dernier lui a redonné une chance, et il a souhaité partager son expérience.

Plus précis qu'était ce que je voulais faire, plus impossible que c'était. Comme écrire mon nom, ça m'était absolument impossible.

Une citation de :René Girouard

Pouvoir écrire son nom au crayon, René Girouard avait déjà fait une croix là-dessus.

Cet enseignant à la retraite a été officiellement diagnostiqué avec le syndrome du tremblement essentiel il y a plus de 16 ans, même s’il affirme avoir eu des symptômes bien des années plus tôt.

Mais au fil des ans, son état se détériorait, l’empêchant d’accomplir des tâches simples, comme boire dans un verre.

J'étais obligé de boire des liquides avec une paille, j'avais de la difficulté à me nourrir, puis je ne pouvais absolument rien faire d'entretien, affirme-t-il. Celui qui avait l’habitude de peindre ne pouvait même plus tenir un pinceau dans ses mains.

Syndrome peu connu

Le syndrome du tremblement essentiel est une maladie qui touche 4 % des adultes de 40 ans et plus. Les premiers symptômes apparaissent souvent dès l'adolescence.

Selon le docteur Lutz Weise, un neurochirurgien à l'hôpital Queen Elizabeth II d'Halifax, le syndrome du tremblement essentiel est très peu connu de la population, et souvent confondu avec la maladie de Parkinson, pourtant moins fréquente.

Les personnes atteintes du syndrome du tremblement essentiel ont également plus de chances de développer la maladie de Parkinson plus tard dans leur vie.

Un homme en veston et chemise en entrevue.

Selon le docteur Lutz Weise, le syndrome du tremblement essentiel est très peu connu de la population et souvent confondu avec la maladie de Parkinson.

Photo : Radio-Canada

Docteur Weise ajoute que les personnes souffrant de ce symptôme ont souvent tendance à s'isoler graduellement du reste du monde. Il y a beaucoup de monde qui sont gênés par rapport à leur tremblement, explique-t-il. Donc ils n'osent plus aller en public, rencontrer des amis, etc., parce qu'il y a beaucoup de monde qui les regarde.

Une chirurgie pour regagner de l’autonomie

L’an dernier, après plusieurs années à vivre dans cette situation, et après de nombreuses consultations avec des neurologues du Nouveau-Brunswick, René Girouard a finalement rencontré le docteur Weise à Halifax.

Le neurochirurgien lui a proposé un traitement appelé la stimulation cérébrale profonde.

Ce traitement implique une opération d'une journée complète, et même s’il ne guérit pas le syndrome, il permet dans bien des cas de réduire considérablement les tremblements. Des électrodes sont implantées dans le cerveau, puis reliées à une batterie installée sous la clavicule.

Cette chirurgie n’est pas efficace chez toutes les personnes atteintes de ce syndrome, mais dès que l'appareil implanté a été activé, les effets ont été presque instantanés pour René Girouard.

En me levant, je n'étais plus le même homme.

Une citation de :René Girouard

Une nouvelle vie

Les tremblements de René Girouard ont considérablement été réduits. Des activités qu'il ne croyait plus jamais pouvoir pratiquer font de nouveau partie de son quotidien.

Je peux aller gratter dans mes plantes, la moindre affaire dehors, je peux la faire. Même employer une pelle, une scie, un marteau...

Un couple âgé assis sur un divan.

Yvette, la femme de René, était un peu devenue les mains de son mari pour accomplir les tâches que celui-ci n'avait plus la capacité d'accomplir.

Photo : Radio-Canada

Le soulagement a été grand pour sa femme, Yvette Girouard, qui a longtemps été les mains de René lorsqu’il ne pouvait plus accomplir certaines tâches. Le moment où ça a tout été fini puis il est venu de nouveau normal, je dirais que moi ça m'a ôté un gros poids de sur les épaules, que je ne me rendais pas compte.

Il y a un an, René Girouard croyait que son état ne ferait que détériorer. Mais aujourd'hui, le retraité a l'impression de pouvoir revenir en arrière alors qu'il regagne peu à peu son autonomie.

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