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Les maréchaux-ferrants, des artisans de plus en plus rares au Québec

Un homme devant une enclume et qui tient un fer à cheval.

Bruno Côté utilise la technique de la pose du fer à chaud. Une technique indolore qui permet d’adapter au mieux le fer au sabot du cheval.

Photo : Radio-Canada / Nantou Soumahoro

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La maréchalerie, ou l'art de ferrer les chevaux, est un savoir-faire ancestral qui est pratiqué par moins de 500 personnes au Québec. Bruno Côté en a fait sa vocation. Depuis 15 ans, il vit de sa passion et de façon récurrente, il se déplace d’écurie en écurie pour contribuer au bien-être des chevaux.

C'est à la suite d'un concours de circonstances que Bruno Côté est devenu maréchal-ferrant.
L'homme dans la quarantaine de Potton, aujourd'hui propriétaire de la Maréchalerie Côté, poursuivait une carrière dans les forces militaires lorsque la maréchalerie a croisé son chemin.

Contrairement à beaucoup d'autres qui ont grandi avec les chevaux, moi, c'était pas mon cas du tout. C'est une passion, oui. C’est un métier artisan et puis on y prend goût en l’essayant tout simplement, déclare-t-il.

Depuis quelques années, il s'est spécialisé dans le ferrage des chevaux sportifs et de compétition; des animaux dont les fers ont besoin d'être remplacés de façon répétitive à l'inverse des chevaux restant dans les champs.

Un clou neuf et un clou usé.

Les clous s'usent rapidement à cause de l'activité des chevaux. Sur l'image, le clou usé n'a plus de tête.

Photo : Radio-Canada

Toutes les cinq à six semaines, le maréchal-ferrant se rend donc auprès des chevaux pour lesquels il travaille afin de procéder au changement de leurs fers.

Poser le fer tant qu'il est encore chaud

Sa technique consiste à poser le fer à chaud. Une méthode indolore qui permet d’adapter au mieux le fer à la forme du sabot du cheval.

On va commencer à travailler dans la forge pour en arriver à une forme qui va ressembler aux pieds. C’est quasiment du sur mesure pour le cheval, explique l'artisan.

Cette façon de faire comporte d'ailleurs d'autres bénéfices selon lui, comme celui de permettre notamment de sceller avec la chaleur le sabot du cheval pour empêcher les bactéries d'entrer.

Mais avant d'effectuer cette étape cruciale, il retire le fer usé, lime le sabot et retire la corne. Puis, il passe à la forge du nouveau fer qui sera posé.

C’est comme si on travaillait sur la partie insensible de notre ongle. Tout le monde se coupe les ongles. C’est la même chose pour les chevaux. Alors non, il n'y a pas de douleur quand on travaille sur un cheval.

Une citation de :Bruno Côté, maréchal-ferrant
Un fer posé sur le sabot d'un cheval.

Bruno Côté procède à la pose du fer à chaud. Une technique indolore qui permet d'adapter le fer à la forme du sabot du cheval.

Photo : Radio-Canada

La dernière étape est celle du clouage puis du brochage du fer au pied.

Lorsqu'on lui demande si celle-ci est douloureuse pour le cheval. Le chef d'entreprise insiste sur le fait que le cheval ne resterait pas en place si il ressentait une douleur durant ces différentes procédures.

Bruno Côté souligne que tout est une question de millimètre. Dans la structure du pied du cheval, il existe une fine ligne définie entre l'extérieur et l'intérieur du pied. Cette ligne est appelée la ligne blanche et correspond au seul endroit où il est possible de clouer de façon adéquate et sécuritaire pour l'animal.

Il faut vraiment savoir ce qu'on fait, renchérit-il.

Un savoir-faire à transmettre

J’ai décidé d’aller chercher quelqu’un qui n’y connaissait rien, qui n'était pas issu du milieu équestre. Pour moi, ç'a fonctionné, explique Bruno Côté. Mais je le vois à travers d’autres maréchaux-ferrants, je le vois dans le milieu, sur les concours. Il en manque (de la relève), poursuit-il.

La profession de maréchal-ferrant est de moins en moins exercée au Québec. Bruno Côté de son côté a été chanceux. Il y a six ans, il a approché Monica. Une jeune femme qui songeait à faire carrière dans la police et qui n'est pas issue du milieu équestre.

Une femme se tient debout devant un cheval.

Monica St-Onge fait partie des quelques femmes qui exercent le métier de maréchale-ferrante au Québec.

Photo : Radio-Canada

Moi, c'était pas dans mon plan. Pas du tout. Mais il y a six ans et demi, j’ai rencontré Bruno et dans ce temps-là il avait besoin d’un travailleur , indique la jeune femme.

Celle qui ne connaissait rien aux chevaux admet avoir eu peur lors de sa première journée. Cependant, elle indique qu'après une période d'adaptation, elle a appris à connaître les chevaux ainsi que le métier qui est pour elle devenu une vocation.

Depuis quelques années, de nombreuses femmes portent de plus en plus d’intérêt au métier de maréchale-ferrante. Bien que ce soit une profession à prédominance masculine et exigeante physiquement, elles s'intéressent à ce savoir-faire ancestral.

Bien que les mentalités aient évolué.

C’est sûr que quand on rentre dans une écurie, c’est tout le temps la première chose que le monde nous dit : "oh, tu es une femme. Tu fais ça toute seule?"

L'avenir de la profession

Bien que la relève reste discrète et difficile à trouver, l'artisan estime que la profession n'est pas près de disparaître.

Et même si les avancées technologiques des dernières années ont sensiblement changé certains aspects de la profession. Bruno Côté soutient que l'automatisation des machines ne remplacera pas les maréchaux-ferrants dans un avenir proche.

Il y a eu des tentatives de mécaniser la façon de ferrer les chevaux, je ne vois pas le futur encore de ça. Ça reste un métier artisan. Ça reste une job de mains, conclut-il.

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