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Le Centre d'excellence à Campbellton sera relocalisé à Moncton

Les réactions sont partagées à Campbellton.

Le Centre d'excellence pour jeunes de Campbellton deviendra finalement un programme de traitement des dépendances.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Marie-Ève Arsenault

Après la mise en veilleuse de ses travaux en mars dernier, le Centre d'excellence pour jeunes de Campbellton sera finalement relocalisé à Moncton. Les installations vides et en cours de construction de Campbellton accueilleront plutôt un programme de traitement des dépendances.

La décision de notre gouvernement a été prise dans l'intérêt supérieur des gens ayant des besoins complexes sur le plan de la santé mentale, déclare le ministre de la Santé, Hugh Flemming. Il ajoute que la relocalisation du centre suit les recommandations de plusieurs experts.

Un rapport du défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick, Norman Bossé, recommandait effectivement l'abandon des plans de mise en place du centre sur le terrain du Centre hospitalier Restigouche (CHR) ainsi que la création de ce centre envisagé à Moncton.

Recommandations de M. Bossé :

  1. Demander au défenseur des enfants et des jeunes de réaliser un examen de l’unité actuelle de traitement en santé mentale des enfants et des jeunes du CHR.
  2. Abandonner les plans de mise en place d’un centre provincial de traitement pour les jeunes sur le terrain du CHR.
  3. Créer le centre d’excellence envisagé dans le rapport Maintenir les connexions à Moncton.
  4. Établir sur-le-champ la structure organisationnelle et le modèle de gouvernance d’un véritable centre d’excellence pour les enfants et les jeunes ayant des besoins complexes.

 

Ces recommandations principales sont tirées rapport Évaluation des répercussions sur les droits de l'enfant du Centre provincial d'excellence pour les jeunes, publié le 29 août 2019.

Déception dans le Restigouche

Le président du Forum des maires du Restigouche avale de travers la décision annoncée par le ministre de la Santé. C’est une insulte à l’intelligence des gens du Restigouche, lance Charles Bernard, qui est maire de Balmoral.

Il accuse le gouvernement de prendre les gens de la région pour des cruches.

Le maire de Balmoral, au Nouveau-Brunswick, Charles Bernard.

Le maire de Balmoral, Charles Bernard.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Cet ancien haut gradé du ministère du Développement social est d'autant plus déçu qu'il avait participé à l'élaboration du Centre d'excellence avant de prendre sa retraite il y a quelques années.

Un autre qui digère mal la nouvelle est Donald Arseneault. L’ancien député libéral de Dalhousie-Restigouche-Est et de Campbellton-Dalhousie faisait partie de l’ancien gouvernement Gallant lors de l’annonce de la construction du centre.

On veut isoler la communauté de Restigouche.

Donald Arseneault

M. Arseneault qualifie la décision du ministre Flemming de joute politique. On va avoir le même défi à Moncton ou à Campbellton, il y a une crise de ressources humaines dans le secteur de la santé et de la santé mentale, affirme-t-il.

Le défenseur de la jeunesse, Norman Bossé, affirme au contraire qu'il sera plus facile de recruter des intervenants et des professionnels en santé mentale à Moncton.

Campbellton y gagne, estime la mairesse

La réaction de la mairesse de Campbellton est à l’opposée.

La mairesse de Campbellton, Stephanie Anglehart-Paulin., souriante devant un tableau de Campbellton.

La mairesse de Campbellton, Stephanie Anglehart-Paulin.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Stéphanie Anglehart-Paulin croit que la région sort gagnante de cette augmentation des services de traitement des dépendances. Ça fait 32 ans que je suis sobre, confie la mairesse.La liste d’attente est de six mois. Tu ne restes pas sobre six mois tout seul, croit-elle.

De plus, les 10 millions de dollars supplémentaires qui seront investis dans le bâtiment satisfont Mme Anglehart-Paulin.

Le Réseau de santé Vitalité a lui aussi réagi quelques instants après l’annonce du gouvernement, jeudi midi. Par voie de communiqué, Vitalité indique vouloir poursuivre son travail de collaboration avec toutes les parties prenantes afin de continuer à offrir des services de santé mentale spécialisés aux jeunes Néo-Brunswickois qui en ont besoin.

Au cours des deux dernières années, nous avons réussi à mettre en place à Campbellton une équipe complète de professionnels de la santé hautement qualifiés et dévoués, affirme le président-directeur général du réseau, Gilles Lanteigne, qui a remercié du même coup l’équipe du centre.

Le programme du Centre provincial d'excellence pour les jeunes continuera de relever du Réseau Vitalité.

Un projet critiqué lors du précédent gouvernement

La province, alors que l’ancien premier ministre Brian Gallant était au pouvoir, avait annoncé la construction de ce centre pour traiter des cas de santé mentale complexes chez les jeunes à Campbellton. Mais cette décision avait été très critiquée par les gens du milieu, dans la mesure où Campbellton est située à quelques centaines de kilomètres de distance des grands centres urbains, dont Moncton, Fredericton et Saint-Jean.

Le ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick, Hugh Flemming, en point de presse.

Hugh Flemming, ministre de la Santé du Nouveau-Brunswick (archives)

Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau

Après un rapport dévastateur sur le CHR déposé en mars de l'an dernier, le gouvernement Higgs avait annoncé qu'il mettait en veilleuse le centre pour jeunes, déjà à moitié construit.

Le ministre de la Santé a déjà annoncé un investissement de 10 millions de dollars dans l'établissement de Campbellton, mercredi. Ce montant servira finalement à mettre en place le changement de vocation aux installations existantes.

Lorsque les travaux seront terminés, le programme de traitement des dépendances de Campbellton comptera 24 lits au lieu de 18. Le financement de fonctionnement continu sera augmenté afin de soutenir cette augmentation du nombre de lits.

Avec des renseignements de Serge Bouchard

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