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Québec offre des hausses salariales sous l'inflation à ses fonctionnaires

Christian Dubé, lors d'une conférence de presse, est assis derrière une table. Il parle dans un micro.

Christian Dubé, président du Conseil du Trésor et ministre responsable de l’Administration gouvernementale, a présenté le 12 décembre 2019 des offres aux syndicats des secteurs public et parapublic.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec a déposé jeudi des offres de hausses salariales sous l'inflation pour les employés des secteurs public et parapublic, suscitant la colère des syndicats.

Québec propose notamment des augmentations salariales de 7 % sur cinq ans pour l'ensemble des employés d'État. Ces derniers obtiendraient des augmentations de 1,75 % lors de la première et la deuxième année, de 1,5 % à la troisième année, puis de 1 % à la quatrième et cinquième année.

Un montant forfaitaire de 1000 $ serait également versé à toute personne salariée qui offre une prestation de travail en vigueur le 30 mars 2020 et qui a atteint le maximum de son échelle salariale.

Environ 65  % des employés de l'État toucheraient ce montant, a indiqué lors d'un point de presse Christian Dubé, président du Conseil du Trésor et ministre responsable de l’Administration gouvernementale.

Des mesures sont également prévues pour certaines personnes, selon leur métier. Environ 25 % des employés d'État bénéficieront d'augmentations plus importantes.

D'ailleurs, le gouvernement a annoncé précédemment son intention d' augmenter le salaire des jeunes enseignants et d'accorder de plus importantes hausses salariales aux préposés aux bénéficiaires, afin de rendre le métier plus attractif.

Avec le montant forfaitaire et ces hausses salariales ciblées, Christian Dubé estime que l'augmentation se chiffre donc à 9 % sur cinq ans.

On fait déjà une offre à 9 %, alors que l'inflation est à 10 %. C'est très loin de ce qui était dans la dernière négociation. Et je pense que c'est pour cela que notre offre est raisonnable.

Christian Dubé, président du Conseil du Trésor et ministre responsable de l’Administration gouvernementale

Au cours de sa conférence de presse, M. Dubé a prôné une gestion des finances responsable et raisonnable.

Il a notamment affirmé qu'acquiescer aux demandes syndicales actuelles, qui représentent à terme une augmentation moyenne récurrente de plus de 28 % sur trois ans, mettrait en péril la situation financière du Québec.

Le premier ministre du Québec, François Legault, avait d'ailleurs déjà indiqué que son cadre financier prévoyait une augmentation équivalente à l'inflation.

Irresponsable, inacceptable et déconnecté

Les offres de Québec ont été très mal accueillies par les syndicats, qui les jugent insuffisantes.

C'est une insulte, c'est scandaleux et c'est de l'austérité déguisée. Ce que la CAQ nous propose, c'est un recul. C'est un appauvrissement, a notamment déclaré la présidente de la CSQ, Sonia Ethier.

Même son de cloche du côté de la FTQ. En offrant 7 % d'augmentation pour un contrat de 5 ans, le Conseil du Trésor se moque des travailleuses et travailleurs qui tiennent à bout de bras les services publics en éducation et en santé, peut-on lire dans leur communiqué.

Les offres dérisoires sont méprisantes envers ceux et celles qui tiennent le réseau à bout de bras.

Les présidentes de l'APTS et de la FIQ, Andrée Poirier et Nancy Bédard

Quant à la proposition du gouvernement de verser un montant de 1000 $ non récurrent se limitant aux personnes étant au dernier échelon, c’est de la poudre aux yeux, a pour sa part affirmé la vice-présidente de la CSN, Caroline Senneville, par voie de communiqué.

Des représentantes syndicales font un point de presse pour réagir aux offres de Québec. Elles sont assises à une table, où sont posés des micros.

La vice-présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Caroline Senneville, et d'autres représentantes syndicales réagissent aux offres du gouvernement Legault, le 12 décembre 2019, pour les secteurs public et parapublic.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a également dénoncé ces propositions gouvernementales. Monsieur [Christian Dubé] a un salaire de ministre et une pension de la Caisse de dépôt, mais pour les gens qui travaillent pour lui, ceux et celles qui prennent soin de nos aînés, de nos enfants et de nos institutions, l’inflation, c’est déjà trop. Quel manque de respect, a-t-il tweeté.

Les syndicats réclament notamment un rattrapage salarial. L’alliance FIQ-APTS, par exemple, a demandé des augmentations salariales de plus de 23 % en trois ans et la FTQ une hausse de 4,1 % par année pour un contrat de trois ans.

Pas de front commun des syndicats

La FIQ et l'APTS sont les seules organisations syndicales qui ont réussi, cette fois-ci, à former une sorte de front commun pour négocier ensemble leurs conditions salariales face à Québec.

Les trois grandes centrales syndicales (FTQ, CSN et CSQ) n'ont pas réussi à s'entendre et, exceptionnellement, il n'y a donc pas de front commun.

Les syndicats qui seront à la table des négociations représentent 550 000 employés de l'État oeuvrant dans le domaine de l'éducation, de la santé, des services sociaux et dans la fonction publique.

Leurs conventions collectives viennent à échéance le 31 mars prochain.

Avec les informations d'Alex Boissonneault

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