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Le savoir traditionnel autochtone a permis de retrouver le corps de George He

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Quatre hommes, dont un policer, posent dans un sentier enneigé à côté d'une motoneige.

Des membres de la communauté crie, notamment Jason Coonishish, Rodrik Happyjack et Stanley Saganash, se sont joints aux policiers de la Sûreté du Québec pour retrouver Geroges He.

Photo : Gracieuseté - Jason Coonishish

Thomas Deshaies

Sans l'apport du savoir traditionnel autochtone, le corps de George He, dont le véhicule s'était enlisé le 20 novembre dans un chemin forestier en territoire d’Eeyou Istchee Baie-James, n'aurait probablement pas été retrouvé aussi rapidement. C'est ce que nous ont confirmé des agents de la Sûreté du Québec (SQ) qui participaient aux opérations de recherche.

Préoccupé par la disparition de George He, le coordonnateur des Services préhospitaliers et des mesures d’urgence du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James (CCSSSBJ), Jason Coonishish, a offert son aide à la Sûreté du Québec.

J'ai dit : "J'ai deux bons pisteurs. On voudrait utiliser notre connaissance ancestrale puis pister, comme pour un orignal", et ils [les policiers de la Sûreté du Québec] ont accepté, raconte-t-il.

Des policiers et d'autres personnes sont assis dans un sentier de neige à la recherche de traces.

Le travail d'équipe des Cris, qui ont apporté leurs connaissances traditionnelles, et des policiers de la Sûreté du Québec aura grandement contribué à la recherche du corps de George He.

Photo : Gracieuseté : Jason Coonishish

Jason Coonishish, Roderick Happyjack, de l’Association des trappeurs cris à Waswanipi, et Stanley Saganash se sont donc rendus sur les lieux pour prêter main-forte aux équipes de la Sûreté du Québec.

Alors que les recherches se concentraient à proximité du véhicule abandonné, Stanley Saganash a émis l'hypothèse que George He aurait pu chercher à rejoindre la route la plus proche, située à une cinquantaine de kilomètres, grâce à son GPS.

La première journée, on avait travaillé avec la Sûreté du Québec, puis on avait fait la recherche dans un périmètre de 300 mètres. Je ne veux pas dire qu'on avait perdu du temps, mais on avait fait ce qu'on nous demandait, explique Roderick Happyjack. La deuxième journée, on a demandé au coordonnateur de faire à notre manière pour trouver George, indique-t-il.

Une première trace qui suscite l'espoir

Une trace de botte dans la neige.

L'équipe de recherche a trouvé une première trace de pas dans la neige après avoir adopté la méthode suggérée par Stanley Saganash.

Photo : Gracieuseté - Jason Coonishish

Après avoir obtenu l'autorisation de la Sûreté du Québec d'user de cette méthode, l'équipe a repéré une première trace, qui était celle d'une botte, sous une importante couche de neige.

Je voyais les pistes d'orignaux, puis là je regardais une autre piste, j'ai regardé comme il faut et j'ai pensé, c'est lui, c'est différent des pistes à côté, de celle de l'orignal, relate Stanley Saganash.

La connaissance traditionnelle avec la technologie, c'est ça qui nous a aidés à trouver George He.

Jason Coonishish, coordonnateur des Services préhospitaliers et des mesures d’urgence du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James (CCSSSBJ)

Ils ont suivi la piste sur une vingtaine de kilomètres en prenant soin de vérifier la direction qu’il aurait empruntée à chaque intersection de chemins forestiers ou de pistes empruntés par des animaux. On a trouvé où il a dormi aussi. Il y avait un arbre et il s'est couché en dessous, se souvient M. Saganash.

Après seulement 3 heures et demie de recherche, le corps a finalement été retrouvé.

Une collaboration entre la SQ et l’équipe d’Eeyou Istchee

La reconnaissance de l'apport des savoirs traditionnels par les policiers qui ont participé aux recherches est une source de fierté pour les secouristes. On a beaucoup apprécié que la SQ nous invite à participer aux recherches de George, qui a touché beaucoup de monde, toute la communauté crie, souligne Stanley Saganash.

Toutefois, la direction de la Sûreté du Québec se montre plus réticente à leur accorder le crédit.

C’est l’expertise de tout un chacun qui a fait qu’on a réussi à retrouver les traces de M. He, déclare la porte-parole de la SQ, Nancy Fournier.

Quoi qu’il en soit, dans un contexte historique où les relations n’ont pas toujours été harmonieuses entre les membres des communautés autochtones et la Sûreté du Québec, cette collaboration aura permis d’établir des liens entre les deux organisations. Des liens reconnus à la fois par les policiers sur le terrain et l’équipe de secouristes, qui souhaitent pouvoir collaborer de nouveau avec la SQ.

Faciliter le deuil

Des personnes posent côte à côte dans un salon funéraire, celui au centre porte autour du cou un cadre de George He.

Roderick Happykack et ses collègues se sont d’ailleurs rendus à Montréal pour rendre un dernier hommage à George He et rencontrer les membres de sa famille.

Photo : Gracieuseté - Jason Coonishish

George He était connu des communautés de la Baie-James, puisqu’il travaillait régulièrement pour le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James.

Comme j'ai dit à ma femme, il travaillait pour des Cris, puis il s'est fait trouver par des Cris.

Roderick Happyjack

M. Happyjack et ses collègues se sont d’ailleurs rendus à Montréal pour rendre un dernier hommage à George He et rencontrer les membres de sa famille. M. He a eu droit à des prières autochtones, et plusieurs chefs ont pris la parole lors de la cérémonie.

Roderick Happyjack est encore sous le choc après ces événements. Cette expérience était vraiment dure pour moi. J'avais de la misère à dormir une couple de jours avec ce que j'ai vu, nous confie-t-il, même s’il est fier d’avoir participé à cette recherche pour venir en aide à la famille.

Les trois secouristes espèrent surtout que leur implication aura permis de faciliter le processus de guérison de la famille.

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