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Mont-Tremblant veut abolir son corps de police

Le village illuminé au bas des pistes.

La station de ski Mont-Tremblant

Photo : Radio-Canada / tremblant.ca

Radio-Canada

Le maire de Mont-Tremblant, Luc Brisebois, défend la volonté de sa municipalité d'abolir son corps de police municipal au profit de la Sûreté du Québec (SQ), en dépit de l'opposition de citoyens et du syndicat des policiers municipaux.

Une résolution en ce sens a été approuvée à l'unanimité du conseil municipal lors d'une séance extraordinaire mercredi soir. Une requête sera acheminée à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui aura le dernier mot dans ce dossier.

En entrevue à l'émission Tout un matin, le maire Brisebois a plaidé que le service de police municipal exerce beaucoup de pression sur la Ville, en évoquant notamment des questions financières.

C’est une pression pour la Ville, et oui, effectivement […] il y a quand même une économie de 10 millions $ sur cinq ans. Ce n’est pas négligeable, a-t-il expliqué.

Bien que la valeur des maisons ait rapidement augmenté dans cette ville hautement touristique, la municipalité ne peut tout simplement pas se permettre d'accroître le fardeau fiscal de ses résidents, a ajouté le maire.

C'est ça notre but. C’est de maintenir un taux de taxe raisonnable pour les gens. […] C’est notre job. On est élu pour administrer et décider aussi.

Luc Brisebois, maire de Mont-Tremblant

Un service de police pour une ville de notre taille […] exerce beaucoup de pression au niveau des relations de travail, des négociations, de la formation, toutes ces choses-là, a-t-il aussi fait valoir.

Les élus municipaux ont organisé deux consultations publiques sur le projet de remplacement du corps de police dans les derniers mois, avant de dévoiler leur décision, que le maire a qualifiée de difficile.

Dans une déclaration publiée mercredi, le maire a d'ailleurs assuré que les élus ont pris tout le temps nécessaire de lire la totalité des lettres, des mémoires et des courriels envoyés par (les) citoyens et citoyennes.

Avec des coûts estimés à près de 11 millions de dollars en 2019, la sécurité publique représente la dépense la plus importante du budget de Mont-Tremblant.

Des arguments qui ne convainquent pas

David Dupras, qui milite au sein du groupe Ensemble contre l'abolition de notre police municipale à Mont-Tremblant, n'est pas de l'avis du maire. Il craint que les citoyens y perdent au change avec la SQ.

On a une police très proche des citoyens, très proche des jeunes. La plupart des policiers sont des coachs pour des équipes sportives, et ils font un énorme travail de prévention. On est inquiet de perdre ce travail de prévention en passant à la SQ.

David Dupras, du groupe Ensemble contre l'abolition de notre police municipale

Selon lui, c'est grâce à l'énorme travail de prévention des policiers de la municipalité qu'il n'y a eu aucun vol qualifié à Mont-Tremblant dans la dernière année.

On est au courant que c'est une grosse dépense, mais on l'accepte sur notre compte de taxes, a expliqué M. Dupras à La Presse canadienne.

Avec un million de touristes qui passent dans la ville chaque année, alors qu'on est seulement 10 000 résidents permanents, c'est certain que le service de police doit être ajusté en conséquence, convient-il. Mais on a toujours implicitement accepté de payer plus [que les autres villes de même taille] pour notre service.

Le maire Brisebois croit pour sa part que les citoyens ne verront aucune différence, puisque la Sûreté du Québec pourra offrir les mêmes services que la police municipale.

Le poste de Mont-Tremblant va demeurer. Je m’attends à avoir la même proximité de la SQ, pour la simple raison que ça va être les mêmes policiers qui vont être assignés ici. Les temporaires ainsi que les permanents seront intégrés. [...] Je m’attends qu’ils vont être présents aussi rapidement.

Luc Brisebois, maire de Mont-Tremblant

On a un très bon service de police, j’ai toujours dit ça. […] Mais quand on parle de l'efficacité d’une police, on parle aussi des coûts reliés pour être efficients, affirme M. Brisebois.

Mais avec la SQ, on est capable d’aller chercher un service aussi bon [mais] plus moderne, bien équipé, organisé, qui va s’adapter rapidement à l’évolution sur notre territoire.

La FPMQ veut un référendum

Le président de la Fédération des policiers municipaux du Québec (FPMQ), François Lemay, dit se poser de sérieuses questions sur la légitimité du conseil municipal de Mont-Tremblant en raison de la forte mobilisation populaire.

Celui-ci souligne que les gens ont marché, manifesté, fait des représentations auprès des élus pour conserver leur service de police. Selon lui, il convient maintenant de tenir un référendum sur cette question.

Il n'y a rien d'autre que ça qui va ramener la confiance du public envers leurs élus, envers leurs conseillers, envers monsieur le maire, a déclaré M. Lemay en entrevue téléphonique à La Presse canadienne.

D'après le président de la FPMQ, ce n'est pas l'argument financier qui a pesé dans la balance, mais plutôt une question de relations de travail.

Un conflit entre des policiers et la Ville se serait retrouvé devant les tribunaux et la dissolution du service de police serait une manière de se débarrasser du problème, croit M. Lemay.

Ils vont détruire un service à l'encontre de la volonté de leur population simplement pour une raison de relations de travail et ça n'a aucun sens. Même s'il y a des plaintes de déposées, on a offert à la Ville de Mont-Tremblant de régler l'ensemble du dossier.

François Lemay, président de la Fédération des policiers municipaux du Québec

François Lemay ajoute que les policiers de Mont-Tremblant auraient même offert de signer une convention collective de cinq ans.

Ces gens-là avaient une idée en tête. Ces gens-là avaient déjà décidé d'avance de passer à la Sûreté du Québec, estime-t-il.

Interrogé sur cette proposition à Tout un matin, le maire Brisebois a offert une fin de non-recevoir catégorique.

La décision a été mûrement réfléchie, toutes les avenues et les éventualités ont été étudiées. Vous savez, on a été élu démocratiquement et c’est pour prendre ce genre de décision, a-t-il laissé tomber.

Le statu quo n’est plus une possibilité pour une simple et bonne raison : depuis 2011 qu’on cherche des solutions, a-t-il ajouté.

Avec les informations de La Presse canadienne

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