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Élections fatidiques pour le Brexit au Royaume-Uni

Une femme marche près d'une voiture à trois roues.

Une femme se prépare à aller voter à Dobcross, dans le nord-ouest de l'Angleterre. Une voiture Trojan à trois roues est stationné près du bureau de vote.

Photo : Getty Images / AFP/OLI SCARFF

Agence France-Presse

Le Brexit avec Boris Johnson ou un second référendum avec Jeremy Corbyn? Les Britanniques votent jeudi lors de législatives anticipées fatidiques pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne et l'avenir du pays pour des décennies.

Les électeurs se rendent aux urnes depuis 7 h (2 h HNE) dans un pays embourbé dans le Brexit depuis le référendum de 2016 remporté à 52 % par le « leave ».

C'est justement pour sortir de l'impasse que le premier ministre conservateur a voulu ces législatives, les troisièmes en quatre ans. Il espère obtenir la majorité absolue qui lui a fait défaut pour tourner la page de cette saga qui divise profondément le Royaume-Uni.

Boris Johnson tient son chien dans ses bras.

Le chef du Parti conservateur, Boris Johnson, a voté dans sa circonscription en compagnie de son chien Dilyn.

Photo : Getty Images / Christopher Furlong

Mais si les conservateurs ont toujours dominé leurs rivaux travaillistes dans les sondages, le résultat s'annonce serré et incertain au vu des dernières enquêtes d'opinion. L'une d'elles, publiée jeudi dans le Telegraph, donne 5 points d'avance aux conservateurs, une autre, réalisée par Kantar, 12 points.

Et les averses attendues jeudi, voire la neige dans le nord, pourraient décourager plus d'un électeur de se déplacer pour désigner les 650 députés de la Chambre des communes.

Un sondage sortie des urnes sera publié à la fermeture des bureaux de vote à 22 h (17 h HNE). Les premiers résultats sont attendus une heure plus tard.

Sauvez le Brexit, sauvez le Royaume-Uni, exhorte le tabloïd The Sun, tandis que le Daily Mirror, mettant notamment en une infirmière, retraités ou sans-abri, appelle Pour eux... à voter Labour.

Jeremy Corbyn, la main droite en l'air, aux côtés de sa femme.

Le chef du Parti travailliste, Jeremy Corbyn, salue des partisans en allant voter avec sa femme Laura Alvarez.

Photo : Reuters / Lisi Niesner

La gauche ambiguë sur le Brexit

Réalisons le Brexit! Boris Johnson, 55 ans, l'a répété comme un mantra tout au long d'une campagne sans relief.

Donnez-moi une majorité et je finirai ce que nous avons commencé – ce que vous nous avez ordonné de faire – il y a trois ans et demi, a promis l'ex-maire de Londres qui, malgré ses gaffes à répétition, a réalisé l'ambition d'une vie en prenant la tête de l'exécutif en juillet.

Imaginez comme il sera merveilleux de s'attabler autour de la dinde de Noël, le Brexit réglé, a-t-il poursuivi.

Outre l'unification du pays, il s'agit d'enfin pouvoir s'atteler aux priorités des Britanniques, comme la santé et la sécurité, a affirmé le chef du gouvernement, accusé de récupération après l'attentat meurtrier de London Bridge fin novembre.

En cas de victoire, Boris Johnson veut soumettre l'accord de divorce qu'il a négocié avec Bruxelles au Parlement avant Noël pour mettre le Brexit en oeuvre au 31 janvier, après trois reports.

L'accord est prêt. Mettez-le juste dans le four, a-t-il régulièrement plaisanté, n'hésitant pas à pulvériser au bulldozer un faux mur symbolisant l'impasse du Brexit.

Mais au dernier jour de la campagne, l'opposition a une fois de plus dénoncé ses mensonges, son affirmation de pouvoir boucler un accord commercial post-Brexit en moins d'un an avec l'UE étant jugée irréaliste à Bruxelles, selon la presse.

Mme Swinson sourit en tenant son mari par la main.

La cheffe des libéraux démocrates, Jo Swinson, est allée voter à Glasgow, en Écosse, en compagnie de son mari, Duncan Hames. Mme Swinson plaide pour que le Royaume-Uni reste membre de l'Union européenne.

Photo : Getty Images / AFP/LESLEY MARTIN

Plus sobre, Jeremy Corbyn, vétéran de l'aile gauche du Parti travailliste, n'en a pas moins promis un vrai changement après presque une décennie de pouvoir conservateur, lors d'un dernier meeting mercredi soir à Londres.

Nationalisations et investissements massifs dominent son programme, surtout dans le service public de santé (NHS), affaibli par des années d'austérité.

Misant à bloc sur cet autre grand sujet de préoccupation des électeurs, le chef du Labour n'a eu de cesse d'accuser les conservateurs de vouloir brader aux Américains, après le Brexit, cette institution gratuite et chère aux Britanniques.

Le choix auquel vous êtes confrontés, vous le peuple de ce pays, est véritablement historique, a-t-il lancé, clôturant une campagne où il a traîné comme un boulet des accusations d'inaction face à l'antisémitisme dans son parti.

Sur le Brexit, le septuagénaire reste ambigu. Il promet de négocier un nouvel accord de divorce plus favorable aux droits des travailleurs, qu'il soumettrait à un référendum avec comme alternative le maintien dans l'UE. Lui-même resterait neutre.

Un électorat volatil

Le dernier sondage publié mardi par YouGov, portant sur un échantillon de 100 000 personnes, donne aux conservateurs une majorité absolue avec 339 sièges. Mais la marge d'erreur, l'impact d'un éventuel vote utile et la récente remontée du Labour peuvent encore conduire à un parlement sans majorité, comme en 2017.

L'électorat est [...] plus volatil que jamais, constate Chris Curtis, directeur de la recherche politique de YouGov, interrogé par l'AFP.

Un homme en vélo devant un vieil édifice.

Les Anglais votent pour la troisième fois en quatre ans, jeudi, afin d'élire 650 députés.

Photo : Reuters / Lee Smith

Le score des conservateurs dépendra notamment, selon lui, de leur capacité à séduire les électeurs des circonscriptions traditionnellement travaillistes dans le centre et le nord de l'Angleterre, mais très favorables au « leave ».

Sur les flancs des conservateurs et des travaillistes, les plus petits partis comme les libéraux-démocrates ou les nationalistes écossais du SNP pourraient grappiller quelques sièges, mais c'est insuffisant pour faire dérailler les poids lourds.

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