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Vol de données : Desjardins invitée à revoir sa gouvernance

Guy Cormier devant des journalistes

Le cumul des fonctions de Guy Cormier au sein de Desjardins est entre autres montré du doigt lorsqu'il est question de revoir la gouvernance de la coopérative.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Les appels à revoir les façons de faire de Desjardins se multiplient dans la foulée des plus récentes révélations sur l'ampleur du risque auquel ont été exposées les données personnelles des membres et des clients de la coopérative financière.

Après avoir concédé que 1,8 million de détenteurs de cartes de crédit ou de produits financiers Desjardins étaient eux aussi touchés par le vol de données personnelles qui concernait déjà 4,2 millions de membres particuliers, l'entreprise est à risque de rompre définitivement le lien de confiance avec la population, mettent en garde divers intervenants.

Je crois que Desjardins a un examen de conscience à faire parce que l'industrie dans les services financiers, c'est basé sur la confiance, et là-dessus, ce qui est attaqué, c'est justement la confiance de Desjardins, souligne ainsi l'éthicien René Villemure.

Même son de cloche du côté de Daniel Paillé, ancien chef du Bloc québécois et candidat défait à la présidence du Mouvement Desjardins. Selon lui, il est inconcevable que l'actuel dirigeant de l'institution, Guy Cormier, soit à la fois président du conseil d'administration et chef de la direction.

Il manque une instance où M. Cormier devrait répondre aux questions de ses patrons les membres, et actuellement, il s'autorépond, juge ainsi M. Paillé.

Québec veut des changements

À Québec, le ministre des Finances, Eric Girard, tend à pencher dans la même direction.

C'est indéniable que Desjardins doit évoluer quant à sa pratique de gestion des risques, cybersécurité, risques informatiques, technologies de l'information, gouvernance du conseil d'administration, on s'en va vers là, l'évolution, a mentionné le ministre en mêlée de presse, mercredi matin, dans les corridors de l'Assemblée nationale.

Quand on se fait voler huit millions de renseignements personnels sur vos clients, c'est parce qu'il y avait une brèche de sécurité, c'est clair, a ajouté son collègue Éric Caire, ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, après avoir clairement laissé entendre que les pratiques de la coopérative en matière de cybersécurité étaient déficientes.

Le ministre Caire planche justement sur un projet de processus d'identification numérique pour tous les Québécois, qui doit voir le jour en 2021.

Du côté de l'opposition officielle, la libérale Marwah Rizqy, porte-parole en matière de stratégie numérique, suggère de revoir la gouvernance de la coopérative, pour faire en sorte que ce genre de situation ne se reproduise pas.

Tous ne sont toutefois pas de cet avis. Michel Séguin, professeur au Département d'organisation et ressources humaines de l'UQAM et membre du conseil d'administration de Desjardins, estime que les possibilités d'amélioration de la gouvernance sont peu nombreuses.

Il y a un bureau de la surveillance, on a accès à moult informations, mais on n'a pas le nez dans les opérations comme membre d'un conseil d'administration, mentionne-t-il.

Chez Desjardins, on a refusé la demande d'entrevue de Radio-Canada. Au début du mois, l'entreprise a annoncé le départ de son numéro deux, Denis Berthiaume, ainsi que du premier vice-président des technologies de l'information, Chadi Habib.

Avec les informations de Maxime Bertrand et de La Presse canadienne

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