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L'immigration, la Californie et François Legault : bilan d'un voyage

Tête-à-tête avec le premier ministre du Québec au terme de sa mission économique en Californie.

Ils sourient.

Le gouverneur de la Californie, Gavin Newsom, discute avec le premier ministre du Québec, François Legault.

Photo : Associated Press / Renée C. Byer

Mathieu Dion

François Legault s'est entretenu, mercredi, avec le gouverneur de Californie Gavin Newsom pour défendre l’entente sur la bourse du carbone entre les deux juridictions. Dans les jours précédents, il avait visité les grands joueurs d’Hollywood et la Silicon Valley, en quête d’investissements. Radio-Canada a rencontré le premier ministre pour faire le point sur ce voyage.

M. Legault, vous êtes venu en Californie pour attirer des investisseurs, mais aussi des travailleurs. Vous n'avez pas eu nécessairement bonne presse à l'international dans le dossier de la laïcité et de l'immigration. Comment comptez-vous restaurer la réputation internationale du Québec comme terre accueillante pour les immigrants?

Il y a plus de 130 000 candidats, des gens qui veulent immigrer au Québec. Donc, je ne pense pas qu'il y ait de difficulté avec notre image ni à attirer des immigrants. Ce qui est important, et je m'en rends compte ici en Californie, c'est qu'il faut attirer des immigrants dans certains secteurs, entre autres celui des films et des téléséries. Mardi, j'étais chez Google. On a beaucoup parlé de l'importance des personnes en technologies de l'information. La plus grande inquiétude des entreprises qui pensent à venir au Québec ou à grandir au Québec, c'est de savoir : est-ce que je vais avoir assez de main-d’œuvre compétente dans mon secteur?

Quand on prend le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), quels ajustements seront apportés pour tenir compte de votre discours ici sur l'intelligence artificielle, sur le secteur technologique?

Quand on regarde le PEQ, je pense qu'on a besoin des étudiants universitaires dans tous les domaines. Quand on regarde le secteur de la formation professionnelle au secondaire et le secteur de la formation DEC au cégep, là, il faut vraiment viser certains secteurs.

François Legault à l'Université Stanford

Dans le cadre de sa mission économique en Californie, le premier ministre François Legault a multiplié les rencontres à l'Université Stanford, notamment pour mieux comprendre l’intégration des milieux universitaires dans la commercialisation de l’innovation, un « modèle » à l’origine du succès de la Silicon Valley.

Photo : Radio-Canada

Intelligence artificielle, secteur technologique, vous allez en tenir compte? Parce que le spécialiste en intelligence artificielle Yoshua Bengio vous avait dénoncé...

J’ai lunché avec des gens de l'Université Stanford. Ils me disaient que la clé de leur succès a été d'avoir beaucoup d'étudiants en technologie de l'information, mais aussi de les aider dans leur propre projet, leur propre entreprise en démarrage. Le grand défi, c'est d'avoir plus d'étudiants qui choisissent les technologies de l'information et plus d'immigrants qui sont en technologies de l'information.

Où tracez-vous la ligne?

Je veux être prudent parce que je ne veux pas insulter personne, mais il y a des secteurs en formation professionnelle ou dans les cégeps où il n'y a pas vraiment d'offre d'emplois. Donc, c'est certain que si on regarde les secteurs en demande – les sciences infirmières, l'informatique, les secteurs de génie de toutes sortes –, disons que les autres secteurs sont moins en demande.

En immigration, vous voulez rapatrier des pouvoirs. Après les erreurs récentes, comment convaincre Ottawa de les obtenir?

D'abord, je vous confirme que je rencontre Justin Trudeau vendredi. La question de l'immigration sera à l'ordre du jour. Il faut savoir que les autres provinces sont jalouses du Québec parce que nous avons 60 % de l'immigration qui est choisie par le gouvernement du Québec. Ces 60 %, il faut mieux les choisir. Quant à l'autre 40 %, de deux choses l'une : soit on réduit en pourcentage la catégorie qui est choisie par Ottawa [immigrants issus de la réunification familiale et réfugiés], soit on demande à Ottawa la responsabilité de choisir la réunification familiale, par exemple. On ferait ensuite la sélection en fonction des besoins du marché du travail.

Ils parlent autour d'une table.

En mission économique du 8 au 11 décembre 2019 en Californie, le premier ministre du Québec François Legault s'est entretenu avec le journaliste Mathieu Dion lors de son passage à San Francisco.

Photo : Radio-Canada

Ce sera ça la priorité, l'immigration?

Il y en a plusieurs. Il y en a une qui est très importante concernant le financement des transports en commun. Nous avons réussi, mais ça a été long, avec le tramway de Québec. Maintenant, nous voulons un tramway dans l'est de Montréal, deux tramways sur la Rive-Sud de Montréal, un à Laval et un à Gatineau. J'aimerais bien avoir une contribution du fédéral : 40 %. C'est beaucoup d'argent. Je pense que ça va être la priorité des priorités.

Justin Trudeau est-il un allié maintenant ou seulement un partenaire politique? Avec la sortie que vous avez faite en campagne électorale à propos de la loi sur la laïcité, plusieurs libéraux vous accusent de leur avoir coûté la majorité.

Il y a un point sur lequel on n'est pas d'accord, et on ne s'en cache pas, c'est la loi 21 [sur la laïcité]. On ne s'entendra jamais. Là, il où il y a une opportunité, c'est sur la question de l'environnement. Il y a beaucoup de gens qui ont voté pour Justin Trudeau parce qu'il était porteur de changements en environnement. Il y a des gouvernements conservateurs au pays : Doug Ford en Ontario, Jason Kenney en Alberta et Scott Moe en Saskatchewan. Ils n'aiment pas la taxe sur le carbone, ils n'aiment pas parler des gaz à effet de serre (GES). Donc, on devient des alliés avec Justin Trudeau en matière de lutte contre les GES. Nous avons déjà prévu le dépôt d’un plan en début d'année. C'est certain que la contribution du gouvernement fédéral devient très importante dans la lutte contre les changements climatiques.

Au-delà de la bourse du carbone, pouvez-vous donner un exemple concret de ce plan pour atteindre les cibles?

L'élément le plus important, ça regarde le transport, parce qu'on sait qu'au Québec, depuis 1990, on a réussi à réduire nos GES partout, sauf dans le transport. Évidemment, je veux parler de tramway, mais on pourrait se parler d'autobus électrique. Est-ce que toutes les grandes villes, incluant Trois-Rivières et Sherbrooke, ne devraient pas avoir des autobus électriques? Il y a des projets de camions électriques avec la compagnie Lion. Mercredi, j’ai rencontré le gouverneur de la Californie, on a parlé de projets concernant des véhicules électriques. C'est certain qu'il va y avoir une grosse partie ayant trait au transport dans le plan déposé en début d'année.

L'entrevue a été éditée par souci de concision et de clarté.

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