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L’Alberta se rapproche-t-elle de la récession?

Un puits de pétrole au milieu d'un champ de canola.

Plusieurs banques ont revu leurs prévisions de croissance à la baisse pour l'année 2019.

Photo : Reuters / Todd Korol

Laurent Pirot

L’économie albertaine est fragile et frise même la récession. La mise en garde vient de la bouche du premier ministre, Jason Kenney, qui pense que sa province sera chanceuse si elle voit une évolution positive de son produit intérieur brut (PIB) en 2019.

La vérité, c’est que l’économie albertaine est très fragile, a déclaré Jason Kenney alors qu’il répondait à des questions sur sa politique, dans une vidéo diffusée en direct sur Facebook.

Nous serons chanceux si nous avons une croissance positive cette année.

Jason Kenney, premier ministre albertain

Les dernières projections publiées par la province en octobre estiment que le PIB progressera de 0,6 % en 2019. La porte-parole du ministre provincial des Finances, Jerrica Goodwin, a affirmé qu’aucune mise à jour de cette estimation ne serait diffusée avant le mois de février 2020.

Plusieurs organismes ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance pour l’Alberta dans le courant de l’année, sans toutefois conclure à une baisse du PIB.

Le plus pessimiste a été le Conference Board du Canada. Il a pendant un temps imaginé un recul du PIB de la province, avant de remonter son estimation à 0,2 %, rappelle l’économiste en chef, Pedro Antunes.

Si on n’appelle pas ça une récession en termes de croissance négative pour l’année, c’est une économie qui est faible.

Pedro Antunes, économiste en chef, Conference Board du Canada

La Banque Royale pense que le PIB provincial va croître de 0,7 %, et la Banque Scotia, de 0,5 %.

Secteur pétrolier affaibli

Les économistes mettent de l’avant la faiblesse du secteur pétrolier, qui représente à lui seul environ un quart de l’économie albertaine. Le manque de pipelines et le plafond imposé par le gouvernement limitent la production de brut et créent une incertitude qui empêche les entreprises de relancer leurs investissements.

Robert Hogue, premier économiste à la Banque Royale, ajoute qu’il s’attendait à une reprise plus forte du côté de la création d’emplois en 2019. La confiance, tant des ménages que des entreprises, demeurait assez faible, observe-t-il.

Faible reprise en 2020

Les choses devraient aller mieux l’an prochain, estime Jason Kenney : L'année 2020 sera l’année où nous allons voir de la croissance et de la création d’emplois.

La plupart des observateurs s’attendent à une reprise modeste. Ça ne sera pas une vitesse de croissance qui va satisfaire tout le monde, juge Robert Hogue, qui table sur environ 1,7 %.

Pedro Antunes prévoit plutôt 2,4 %, tout en rappelant lui aussi que cela ne sera pas suffisant pour retrouver le dynamisme des meilleures années de l’Alberta. On est tellement en dessous des niveaux d’investissements normaux que c’est une bonne croissance, c’est sûr, mais ça n’est pas un retour à la normale.

Manque de pipelines

À moyen terme, une reprise solide dépend grandement de la santé du secteur du gaz et du pétrole. La situation ne se stabilisera pas tant que les incertitudes sur la construction des projets de pipelines d’exportation ne seront pas levées, préviennent les analystes.

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