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Une session éclair à Queen's Park sur fond de conflit avec les enseignants

Il est en chambre et s'adresse à l'assemblée.

Le premier ministre Doug Ford à Queen's Park.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Julie-Anne Lamoureux

En Ontario, les députés n'auront siégé que 22 jours cet automne à la législature. Une session éclair puisque les travaux ont été ajournés en septembre et octobre pour éviter d'interférer dans la campagne électorale fédérale.

22 jours, c'est bien peu. Ils avaient siégé 65 jours de juillet à décembre 2018. En comparaison, sept projets de loi ont été adoptés cet automne contre 11 entre juillet et décembre 2018.

Cette session écourtée qui se termine — on l'a dit à de nombreuses reprises — devait permettre au premier ministre de remettre le compteur à zéro, d'adopter un ton plus conciliant, de tenter de rehausser sa popularité en chute libre.

Le gouvernement cherche maintenant le consensus et veut éviter d'avoir à faire à nouveau marche arrière pour des décisions trop pressées qui s'avèrent en fin de compte controversées.

Un esprit de collaboration

Les députés indépendants sont maintenant accueillis aux rencontres des leaders parlementaires, ils sont consultés et considérés.

Le gouvernement, avec son nouveau ministre des Finances Rod Philipps, a adopté une attitude plus modérée à la suite de l'énoncé économique controversé de novembre 2018.

Le premier ministre Doug Ford a joué la carte de la défense de l'unité nationale pour tenter de se montrer sous un nouveau jour.

Les politiciens sont à leurs bureaux en chambre à Queen's Park.

Le député néo-démocrate Gilles Bisson et la leader néo-démocrate Andrea Horwath

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Les députés de l'opposition reconnaissent que le ton s'est amélioré à l'Assemblée législative, même s'ils déplorent que les priorités du gouvernement, elles, n'aient pas changé.

Bref, le gouvernement favorise la conciliation plutôt que la confrontation. Il tente dorénavant d'éviter de grands éclats de colère.

Le gouvernement et les enseignants

Des enseignants tiennent des pancartes, y compris une avec le message « aucune coupure en éducation ».

Les membres de la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l'Ontario ont tenu une deuxième journée de grève, le 11 décembre.

Photo : Radio-Canada

Et pourtant, les circonstances le rattrapent et ces travaux parlementaires se terminent avec une épée de Damoclès qui pend au-dessus de la tête du gouvernement : le conflit avec les syndicats du secteur de l'éducation s'envenimera-t-il?

Comment les parties parviendront-elles à dénouer l'impasse?

Pour l'instant, tout indique que les tensions ne sont pas près de s'apaiser.

La Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l'Ontario a tenu deux jours de grève jusqu'ici.

Les positions des deux parties sont aux antipodes; elles se livrent à une guerre de chiffres sur la place publique, de sorte que le fossé continue de se creuser.

Pendant ce temps, la Fédération des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario fait la grève du zèle.

L'Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens sera en position de grève légale tout juste avant Noël.

Et l'Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens tiendra des votes de grève du 18 au 20 décembre.

Bref, les moyens de pression pourraient s'intensifier rapidement. Les syndicats s'organisent et font front commun.

Comment le gouvernement Ford peut montrer ce nouveau visage plus conciliant, cette main tendue quand la paix sociale est perturbée?

Quand il estime devoir agir avec fermeté avec les syndicats d'enseignement pour limiter les concessions? Le gouvernement maintient son intention d'assainir les finances publiques.

Doug Ford derrière un microphone.

Doug Ford est revenu de sa pause estivale avec un nouveau ton, une nouvelle personnalité conciliante et une nouvelle mission : unifier le Canada.

Photo : Radio-Canada

Comment redorer le blason d'un gouvernement impopulaire dans ce contexte alors que les syndiqués bénéficient, pour l'instant, d'une certaine sympathie dans l'opinion publique?

Le défi reste entier pour un gouvernement qui tente de repartir sur de nouvelles bases.

Les députés ne siégeront pas au cours des neuf prochaines semaines en raison de la pause hivernale et donc, le gouvernement ne sera pas talonné par l'opposition à l'Assemblée législative.

Mais les perturbations et ce conflit de travail pourraient obliger le gouvernement à montrer quelle est sa vraie nature.

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