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Amiante : hausse de 60 % des infractions sur les chantiers en cinq ans

Une clôture avec, en arrière-plan, les bâtiments miniers.

D'anciennes installations minières à Thetford Mines (archives)

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les audiences du BAPE à Thetford Mines s’intéressaient notamment aux normes, trop sévères selon certains, imposées par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) dès qu’il s’agit d’amiante.

Entre 2014 et 2018, la CNESST a constaté une hausse de 60 % du nombre d'infractions aux codes de sécurité qui s'imposent lorsqu'il y a présence d'amiante sur les chantiers du Québec.

Il y en avait 258 en 2014. Ce nombre grimpait à 442 l'année dernière.

Au cours de cette période, la commission a observé 1 728 situations dérogatoires au code de sécurité pour les travaux de construction et au règlement sur la santé et la sécurité au travail.

La CNESST sanctionne aussi les contrevenants avec plus de mordant. Depuis 2010, le montant des amendes infligées pour ces manquements a triplé, atteignant dans certains cas 60 000 $.

Les commissaires du BAPE ont tenté de déterminer si la réglementation n'était pas trop intransigeante.

Ainsi, dès que la concentration d'amiante dans un matériau dépasse 0,1 %, la législation demeure de sortir un arsenal de mesures de sécurité pour protéger les travailleurs. Port du masque respiratoire, vestiaire double pour éviter que les habits de travail entrent en contact avec les vêtements civils, douches obligatoires dès la sortie d'un périmètre de sécurité...

J'ai toujours vécu ici, dans la région, a souligné Paul Vachon, préfet de la MRC des Appalaches.

J'ai élevé ma famille ici, mes petits-enfants aussi. Comment pensez-vous que je me sens? Est-ce que je suis un irresponsable d'habiter ici? Si c'est si dangereux, pourquoi vous ne nous évacuez pas?

Imposer des précautions… sans échantillon

La santé publique a également été interrogée au sujet des mesures qu’elle préconise pour les touristes qui visitent les anciens sites miniers.

Elle suggère notamment aux visiteurs de garder les fenêtres des autobus touristiques fermées. Elle préconise aussi d’effectuer la visite des sites sans sortir du véhicule.

Avez-vous tenté d’évaluer la teneur en amiante sous les semelles ou sous les roues des autobus avant d’émettre ces recommandations? a demandé le président de la commission mandatée par le BAPE, Joseph Zayed.

Non, a admis René Veillette, médecin spécialiste en santé publique de Chaudière-Appalaches.

Nous pensions que c’était plus simple de demander aux gens d’adopter ces mesures que de procéder à des analyses.

Les audiences doivent se conclure jeudi à Thetford Mines. Elles doivent évaluer la valorisation des résidus miniers qui découlent de l'exploitation de l'amiante au Québec.

Autour de Thetford Mines et d'Asbestos, des haldes formées par plus de 850 millions de tonnes de minerais surplombent les habitants.

Riches en magnésium, ces monts artificiels soulèvent l'espoir, dans la région, de renouer avec la prospérité.

Le rapport du BAPE doit déterminer si l'extraction du magnésium serait sécuritaire, autant pour l'environnement que pour les populations.

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