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Les Raptors, l'équipe qui vaut le plus au Canada

Une jeune femme, assise sur les épaules d'une autre personne, tient un drapeau noir avec le slogan des Raptors, « We the North ».

Les Raptors sont en tête du classement des équipes qui valent le plus au Canada. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

Trois équipes de Toronto dominent le classement des franchises sportives qui valent le plus au pays. Les Raptors, champions de la NBA, remportent la palme avec une valeur estimée de près de 2,2 milliards de dollars canadiens l'an dernier.

L’équipe de basketball est en plein essor. La valeur des Raptors a triplé en l’espace de six ans, selon le magazine américain Forbes.

Les franchises de la Ligue nationale de hockey (LNH) établies au Canada n'ont rien à envier aux Raptors. La valeur des équipes de hockey a aussi gonflé l'an dernier, selon Forbes.

Les Maple Leafs de Toronto, l’équipe de hockey qui vaut le plus au pays, ont même rejoint les Blue Jays (MLB) en deuxième position, à plus de 1,9 milliard de dollars.

Combien vaut votre équipe sportive préférée? Qu’est-ce qui influence le plus sa valeur? Les réponses pourraient vous surprendre.

Les Raptors ont la cote

L’équipe torontoise multiplie ses présences en séries éliminatoires depuis la saison de 2013-2014, mais ce n’est pas la seule raison de ses succès.

L’économiste Philip Merrigan indique que les revenus des Raptors ont explosé en raison de la part des droits de télévision qu'ils touchent ainsi que de la vente de billets et de marchandises.

Le basketball, de manière générale, a fait des progrès économiques absolument stupéfiants ces dernières années.

Philip Merrigan, économiste et professeur à l’UQAM

Le fait qu’il y a une équipe de basketball au Canada, il y a des sentiments nationalistes qui font que les gens s’identifient à cette équipe-là comme ils s’identifiaient aux Expos quand c’était la seule équipe de baseball, affirme-t-il.

Des casquettes des champions de la NBA, les Raptors de Toronto.

La vente de billets et de marchandises des Raptors a explosé au cours des dernières années, surtout après avoir remporté le championnat de la NBA en 2019.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Les cotes d’écoute ont été exceptionnelles mercredi dernier à l’occasion du retour du joueur étoile Kawhi Leonard à Toronto. Le match entre les Clippers de Los Angeles et les Raptors a été le plus vu en saison régulière dans l’histoire du pays (Nouvelle fenêtre).

Ce ne sont plus uniquement les marchés locaux qui importent, ajoute M. Merrigan. Les Raptors gagnent en popularité à l’extérieur de l’Amérique du Nord avec un contingent important de joueurs africains.

Les données de Forbes n’incluent pas la saison 2019. C’est dire qu’avec un premier titre en 24 ans d’histoire, la valeur des Raptors pourrait encore augmenter.

Surprise, le hockey n’est pas premier

Des joueurs s'enlacent dans le coin de la patinoire.

La valeur financière des Maple Leafs dépend beaucoup des billets vendus aux entreprises et de la location des loges corporatives.

Photo : Reuters / USA TODAY USPW

Les franchises canadiennes de la LNH se retrouvent, de façon individuelle, derrière les équipes torontoises de basketball et de baseball, et ce, même si le hockey sur glace est le sport d'hiver officiel au Canada.

Mais la valeur d'une équipe sportive ne dépend pas entièrement de sa popularité. Les contrats de télédiffusion aux États-Unis rapportent plus aux équipes de la NBA que dans la LNH, explique Philip Merrigan.

Même les Blue Jays touchent plus d'argent de la part du diffuseur Sportsnet que les équipes de hockey canadiennes. Le contrat [de télédiffusion] du hockey au Canada est lucratif, mais c’est quand même pour un petit marché, indique M. Merrigan.

Pourtant, le contrat raflé par le Groupe Rogers Communications en 2013 est le plus important de l'histoire de la télévision au Canada! L'entente est évaluée à 5,2 milliards de dollars canadiens.

Gagner ne suffit plus

Jesperi Kotkaniemi et John Tavares regardent attentivement la main de l'officiel qui s'apprête à remettre la rondelle en jeu.

Les Maple Leafs de Toronto et le Canadien de Montréal sont les deux équipes de hockey qui valent le plus d'argent au Canada. (archives)

Photo : The Canadian Press / Nathan Denette

La valeur des équipes ne dépend pas non plus entièrement des résultats sur la surface de jeu.

Les clubs qui gagnent plus souvent peuvent encaisser des revenus supplémentaires lors des séries. [Ça] joue dans la valeur de l’équipe, mais pas autant qu’auparavant!

Brian Soebbing, professeur de gestion du sport à l’Université de l’Alberta

Les Maple Leafs ont accédé aux séries éliminatoires ces trois dernières saisons, mais ils ont été éliminés au premier tour chaque fois. Ils n'ont pas soulevé la coupe Stanley depuis 1967.

Les Blue Jays, eux, étaient même dans le rouge au terme de la saison 2018. Ils ont perdu 21 millions de dollars. L'équipe a seulement pris part aux éliminatoires deux fois depuis qu'elle a remporté la Série mondiale en 1992 et en 1993.

Le professeur de gestion du sport à l’Université de l’Alberta, Brian Soebbing, explique que les équipes professionnelles sont exploitées comme des entreprises à part entière. Avec l'ajout d'un plafond salarial au fil des années, les dépenses sont de plus en plus fixes, selon lui.

Le receveur Danny Jansen (à gauche) regarde au banc tandis que le lanceur Clayton Richard replace sa casquette.

Les Blue Jays ont perdu 21 millions de dollars en 2018. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Fred Thornhill

La mise à jour du classement de la valeur des équipes de la Ligue nationale de hockey révèle que les Maple Leafs ont rattrapé les Blue Jays (MLB), mais les formations torontoises occupent toujours les trois premières marches du podium.

Plusieurs facteurs contribuent à la valeur estimée d'une équipe. Il y a les droits de télédiffusion, les succès de l'équipe, la taille du marché local, mais les équipes torontoises bénéficient aussi d’une communauté d’affaires plus importante qu’ailleurs au pays.

Au hockey, la valeur des Maple Leafs dépasse celle des Canadiens de Montréal depuis 2016 notamment grâce à la location de loges corporatives à l’aréna Banque Scotia et à l’achat en masse de billets par des entreprises.

Intérieur d'une loge luxueuse avec une cuisine, une table et des bouteilles de champagne, qui surplombe le terrain d'une arena.

La location de loges corporatives à l’aréna Banque Scotia contribue aux recettes des Maple Leafs notamment.

Photo : Aréna Banque Scotia

Les contrats avec le stade ou l'aréna dans lequel évoluent les équipes ont aussi une influence sur la valeur de l'équipe, indique le rédacteur en chef aux statistiques du magazine Forbes, Kurt Badenhausen.

Le propriétaire des Blue Jays possède le Centre Rogers dans lequel l'équipe joue ses matchs locaux. En 2018, la tenue de concerts et d'autres événements a permis à l'équipe d'empocher 10 millions de dollars.

Et le football canadien dans tout ça?

Le receveur éloigné Rob Bagg tient la coupe Grey à bout de bras après la victoire écrasante des Roughriders en 2013.

Les Roughriders de la Saskatchewan sont l'équipe la plus rentable de la LCF. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Forbes n’estime pas la valeur des équipes de la Ligue canadienne de football (LCF). Les revenus des équipes sont généralement inférieurs à ceux générés dans les autres ligues professionnelles présentes au Canada.

Ça reste quand même une ligue qui est perçue comme une ligue mineure.

Philip Merrigan, économiste et professeur à l'UQAM

Les Roughriders de la Saskatchewan, la franchise la plus rentable de la LCF, a révélé avoir enregistré un profit d’environ 1,5 million de dollars l’an dernier. Les revenus bruts de la franchise étaient de 40,4 millions de dollars en 2018-2019, soit 16 millions de dollars de moins que ceux du Toronto FC.

Quand on connaît le football américain, on s’aperçoit que le football canadien, c’est un niveau vraiment inférieur, commente l’économiste Philip Merrigan. La billetterie est très faible, compare-t-il.

La ligue jouit toujours d’un contrat de télévision avec Bell Média (TSN et RDS) jusqu’en 2021. L’entente lui rapporterait autour de 40 millions de dollars par année, une somme partagée entre neuf équipes.

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