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Le fabuleux parcours de Bianca Andreescu, de Pitesti aux plus hauts podiums

Notre correspondante à Moscou a profité d’un récent voyage en Roumanie pour rencontrer ses proches et celui qui lui a appris à jouer.

Le reportage de Tamara Altéresco

Photo : Getty Images / Clive Brunskill

Tamara Alteresco

Bianca Andreescu ne cesse de récolter les honneurs en cette fin d’année 2019. Après avoir reçu le prestigieux trophée Lou Marsh qui récompense le meilleur athlète de l’année au Canada, la joueuse de tennis a été consacrée recrue de l’année par la WTA.

Beaucoup a été dit et écrit sur l’ascension fulgurante de la jeune femme de 19 ans.

Mais les années qu’elle a passées en Roumanie et l’influence qu’elles ont eue sur sa carrière restent peu connues de ses supporteurs et du grand public.

Bianca Andreescu avait 7 ans quand elle a commencé à jouer au tennis.

Je me souviens d'avoir pris une raquette, puis d’avoir laissé tomber tous les autres sports; et j'en suis très heureuse aujourd’hui.

Bianca Andreescu, en entrevue à Good Morning America, après sa victoire aux Internationaux des États-Unis

Pendant ce temps, dans la ville de Pitesti, en Roumanie, celui qui lui a appris à jouer savourait chaque moment de la gloire de son élève.

Il y a une partie de moi qui est avec elle sur le terrain, me confie Gabriel Hristache.

Son école de tennis est un petit laboratoire pour les jeunes talents roumains. Il y a entraîné des championnes nationales comme Arina Vasilescu.

Son propre fils, Radu Hristache, est un athlète décoré.

Dans la ville de Pitesti, en Roumanie.

Gabriel Hristache avec son fils Radu et sa fille Maria

Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

Radu avait 7 ans lui aussi quand il a commencé à jouer avec une petite fille qui venait d’arriver du Canada avec ses parents.

Bianca était unique et douée, même si elle n’avait jamais frappé une seule balle. Il n’y a pas de mot pour la décrire, s’exclame Radu.

Gabriel Hristache poursuit en disant avoir eu un sentiment extraordinaire quand il vu Bianca se développer au fil des mois.

Elle avait des qualités rarissimes chez une enfant : sérieuse, tenace et rusée, comme elle l’est encore aujourd’hui sur le terrain.

Gabriel Hristache

Durant les trois années que Bianca a passées en Roumanie, Gabriel dit qu’il lui a donné une base solide, mais que le reste appartient à l’athlète phénoménale qu’elle est.

Toute la Roumanie la soutient et il existe même un débat dans les médias roumains pour savoir si elle est ''la nôtre'' ou si elle est canadienne, raconte son ex-entraîneur en riant.

Bianca Andreescu serre entre ses bras le trophée de la Coupe Rogers.

Bianca Andreescu serre entre ses bras le trophée de la Coupe Rogers.

Photo : The Canadian Press / Nathan Denette

Bianca est née en Ontario en juin 2000, mais s’est installée en Roumanie sept ans plus tard quand ses parents ont décidé de s’y lancer en affaires.

Bien que toute la famille soit revenue au Canada quand elle avait 10 ans, Bianca ne rate jamais l’occasion de saluer son héritage roumain. De plus, elle a le soutien de ses proches qu’elle visite régulièrement pendant les vacances.

Elle est un phénomène mondial et une merveille !, s’exclame sa grand-tante Elizabeta.

Difficile de trouver un cercle d'admirateurs plus enthousiaste que celui de Vaideeni, le petit village de ses parents à la campagne.

Assis autour d’une table, la famille décrit une petite fille qui a toujours été incapable de tenir en place.

Mais personne n’avait prédit qu’elle irait aussi loin et aussi vite, dit son grand-oncle Iilu Siiulescu.

Outre Simona Halep, aucune Roumaine n’a réussi à se hisser parmi les meilleures du monde, mais dans le cas de Bianca, c’était comme une explosion!

Iilu Siiulescu

La fierté qui se dégage de la conversation familiale est à l’image des exploits de la jeune Andreescu, qui en moins d’un an est passée du 107e au 5e rang dans le classement de la WTA.

Pour la Roumanie, c’est plus qu’important, car c’est notre sang, dit Elizabeta.

Elle a les gênes de Vaideeni, plaisante la famille, qui explique du même souffle que le village est reconnu pour sa longue lignée de bergers et de bergères tenaces.

Sa grand-mère maternelle, Ana, en était une à l'époque.

Elle nous a reçus dans son salon où une raquette de son petit prodige traînait derrière le divan.

Elle me manque, mais je suis si fière d’elle, de son courage et de son ambition.

Ana Siiulescu
 Dans la ville de Pitesti, en Roumanie.

Sa grand-mère maternelle, Ana Siiulescu

Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

Ana Siiulescu ne compte plus le nombre de voyages qu’elle a faits au Canada depuis 20 ans pour aider sa fille Maria.

Mais n’eût été la décision de ses parents de rentrer au Canada et de s’installer à Mississauga pour de bon lorsque Bianca avait 10 ans, elle n’aurait pu exploiter son talent, explique Radu, son premier partenaire de jeu. Car, en Roumanie, il n’existe aucun soutien financier pour les jeunes espoirs, aucun programme public pour développer les joueurs de haut niveau.

Aujourd’hui, Bianca Andreescu s’inscrit parmi ces jeunes joueurs en or dans lesquels Tennis Canada a investi au fil des ans, d’Eugenie Bouchard à Milos Raonic.

L’entraîneur de Bianca (et d’Eugenie Bouchard), Sylvain Bruneau, a d’ailleurs reçu le prix Jack Donohue de l’« Entraîneur de l’année » au Canada, en novembre dernier.

Lors d’une entrevue à Radio Canada, il parlait de la relève et de l’importance de lui donner des modèles canadiens.

Les résultats d'Eugenie en 2014 ont permis à des joueuses comme Bianca Andreescu de croire qu’il était possible de réussir de grandes choses en passant par le système canadien. Je souhaite que les succès de Bianca fassent de même pour les jeunes joueuses qui l’entourent.

Sylvain Bruneau
Gabriel Hristache, entraîneur de Bianca Andreescu lorsqu'elle était enfant en Roumanie.

Gabriel Hristache, entraîneur de Bianca Andreescu lorsqu'elle était enfant en Roumanie.

Photo : Radio-Canada / Tamara Alteresco

Quant à Gabriel Hristache, il est convaincu que celle qui fut son élève sera un jour numéro un.

Il est toujours près de la famille et suit la carrière de Bianca religieusement.

À 19 ans, elle est devenue un modèle pour ses élèves à Pitesti.

Sur le terrain, avant l’entraînement, plusieurs petites filles nous ont confié qu’elle était devenue une source d’inspiration sans borne.

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