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Trump ne doit pas dicter les relations du Canada avec la Chine, prévient Jean Charest

L'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest.

L'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, donnait une conférence à Québec mercredi à l'occasion du Porc Show.

Photo : Radio-Canada

Marc-Antoine Lavoie

L’ancien premier ministre du Québec Jean Charest croit que le Canada doit rapidement reprendre en main ses politiques face à la Chine et cesser de se les faire « dict[er] par les États-Unis », qui poursuivent leurs propres objectifs.

L’arrestation de la haute dirigeante du fleuron technologique chinois Huawei pour le compte des États-Unis place le Canada dans une situation intenable, a déploré M. Charest mercredi à Québec, à l'occasion d'une conférence sur l'industrie du porc.

On arrête Mme Meng Wanzhou et, deux jours après, le président Trump fait un tweet où il dit : ‘’Si je conclus un accord commercial avec la Chine, je vais laisser tomber les accusations contre Mme Meng’’. Honnêtement, on a l’air de quoi?, dénonce M. Charest.

Il craint que le Canada soit perdant sur tous les tableaux et espère que le nouveau gouvernement de Justin Trudeau sera assez sage pour trouver une façon de régler le dossier.

Le président Trump instrumentalise un traité d'extradition pour les fins d'obtention d'un accord commercial. Le Canada ne veut pas jouer dans ce film-là.

Jean Charest, ancien premier ministre du Québec
Une femme, souriante, en présence de ses gardes du corps.

Les autorités américaines ont jusqu'à la fin du mois de janvier 2020 pour déposer leur demande d'extradition de Meng Wanzhou.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Entre deux superpuissances

M. Charest évoque même un scénario où les États-Unis pourraient convaincre la Chine de s’engager à acheter plus de produits américains, au détriment des exportations canadiennes.

La Chine pourrait s’engager à acheter plus de soya et des produits de porc américain, nous on reste avec Mme Meng Wanzhou. Trump conclut son accord et la libère et priorise ses producteurs. On est perdants sur tous les tableaux, craint-il.


Le président Donald Trump pose pour une photo avec le président chinois Xi Jinping lors d'une réunion en marge du Sommet du G20 à Osaka, au Japon, le samedi 29 juin 2019.

Le président Donald Trump pose pour une photo avec le président chinois Xi Jinping lors d'une réunion en marge du Sommet du G20 à Osaka, au Japon, le samedi 29 juin 2019.

Photo : La Presse canadienne / Susan Walsh

Jean Charest affirme que le premier ministre du Canada doit apprendre à gérer une relation avec une superpuissance.

Les superpuissances ont de mauvais réflexes. Quand [elles] ont un obstacle devant elles, elles le tassent, prévient-il.

La Chine va avoir les mêmes comportements de superpuissance. Quand elle va avoir des obstacles devant elle, elle va les tasser.

Jean Charest, ancien premier ministre du Québec

Des pertes de 265 millions dans l’industrie porcine

Le président des Éleveurs de porcs du Québec est bien au fait de l’importance d’avoir une bonne relation avec la Chine.

Durant les quatre mois où le marché chinois était fermé à la viande canadienne, David Duval estime à 265 millions les pertes financières de l’industrie porcine canadienne.

Cette année, je vais seulement répondre à mon coût de production. On ne pourra pas investir dans nos fermes. Ce n'est pas encourageant, mentionne-t-il.

Un porc dans une étable.

Des certificats sanitaires vétérinaires contrefaits délivrés par un producteur de porc canadien ont incité la Chine à suspendre l'importation de tous les produits de viande en provenance du Canada.

Photo : Radio-Canada

Les producteurs canadiens encaissent présentement les dommages collatéraux du conflit opposant la Chine à l’administration Trump.

Ça fait en sorte qu'on est en retard. Habituellement, on est des premiers de classe. C'est comme ça qu’on vend notre industrie à travers le monde, affirme M. Duval.

La peste porcine africaine qui sévit actuellement en Chine sauve la mise pour le moment alors que 50 % du cheptel chinois a disparu depuis la propagation de la maladie.

Avec la collaboration d'Olivier Lemieux

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