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Espoir d’un traitement contre les maladies inflammatoires de l’intestin

Illustration numérique représentant le microbiome du gros intestin.

Une illustration du microbiome du gros intestin.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une nouvelle approche d’immunisation mise au point par des chercheurs américains et français permet de moduler le microbiote intestinal de souris afin de les protéger contre l’apparition de maladies inflammatoires chroniques.

Ce traitement pourrait également être prescrit contre certains dérèglements métaboliques, tels que le diabète ou l’obésité.

Repères

  • Les intestins sont colonisés par des milliards de bactéries et autres micro-organismes, collectivement nommés microbiote (flore intestinale).
  • Ce microbiote est principalement localisé dans l'intestin grêle et le côlon puisque l'acidité gastrique rend la paroi de l'estomac pratiquement stérile.
  • Il joue un rôle dans les fonctions digestives, métaboliques, immunitaires et neurologiques.

Un microbiote déstabilisé peut favoriser le développement de maladies inflammatoires chroniques, telles que la maladie de Crohn, ou encore du syndrome métabolique.

Les personnes touchées présentent le plus souvent une moindre diversité bactérienne au sein de leur flore intestinale, mais également un excès de bactéries exprimant une protéine appelée flagelline, qui favorise leur mobilité.

Cela permet notamment à ces bactéries de pénétrer dans la couche de mucus qui recouvre la paroi intestinale et qui est normalement stérile.

En effet, cette couche est censée former un mur hermétique aux bactéries entre l’intérieur du tube digestif et le reste de l’organisme, le protégeant ainsi du risque d’inflammation lié à la présence des milliards de bactéries de la flore intestinale.

Observation de côlon par microscopie. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Observation de côlon par microscopie. Les bactéries du microbiote sont visualisées en rouge, le mucus intestinal en vert, les cellules intestinales en violet et leur ADN en bleu.

Photo : INSERM/Benoît Chassaing

Déjà, des travaux avaient montré qu’au sein de cette couche de mucus, on trouve naturellement des anticorps, dont certains dirigés contre la flagelline.

Cela signifie que l’organisme développe spontanément une protection immunitaire contre la flagelline, qui permet de contrôler la présence des bactéries qui l’expriment.

Dans leurs travaux, le chercheur Benoit Chassaing de l’Institut Cochin et ses collègues français, allemands et américains ont eu l’idée de stimuler cette production d’anticorps anti-flagelline afin de réduire la présence de bactéries exprimant la flagelline dans le microbiote intestinal.

Leur objectif était de diminuer le risque d’inflammation chronique.

Pour y arriver, les chercheurs ont administré de la flagelline par voie péritonéale à des rongeurs, induisant ainsi une forte augmentation des anticorps anti-flagelline, notamment au niveau de la muqueuse intestinale.

Les chercheurs ont ensuite appliqué un protocole visant à induire une inflammation intestinale chronique chez ces souris. Ils ont constaté qu’une immunisation contre la flagelline permettait de protéger significativement les animaux contre l’inflammation intestinale.

Une analyse en profondeur de leur microbiote et de leurs intestins a montré :

  • une réduction de la quantité de bactéries exprimant fortement la flagelline;
  • l’absence de ces bactéries dans la muqueuse intestinale.

Comme l’excès de flagelline dans le microbiote intestinal a aussi été associé à des désordres métaboliques, les chercheurs ont testé leur stratégie chez des souris exposées à un régime riche en graisse. Alors que les animaux non traités sont devenus obèses, ceux qui avaient été traités ont été protégés.

Cette stratégie vaccinale est envisageable chez l’homme, puisque de telles anomalies de microbiote ont été observées chez les patients atteints de maladies inflammatoires et métaboliques.

Benoît Chassaing

Pour cela, nous travaillons actuellement sur un moyen d’administrer localement la flagelline au niveau de la muqueuse intestinale, ajoute M. Chassaing.

L’une des options envisagées serait de développer des nanoparticules ingérables remplies de flagelline.

Ces travaux, publiés dans la revue Nature Communications (Nouvelle fenêtre) (en anglais), font certainement la preuve du bon fonctionnement de la stratégie, mais des travaux supplémentaires sont maintenant nécessaires pour tester d'autres antigènes, et d'autres moyens d’immunisation. La pertinence de ces résultats reste également à montrer pour les humains.

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