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Le formulaire de recensement de Statistique Canada soulève des questions

Recensement 2016 Canada.

Tous les cinq ans, la population canadienne est amenée à remplir le formulaire sur le recensement de la population de Statistique Canada.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sebastien Marier

Radio-Canada

Des intervenants francophones estiment que le manque de clarté des questions insérées par Statistique Canada à l’intérieur du formulaire de recensement de la population du pays  fait de l’ombre au rapport sur la langue française en Saskatchewan, dévoilé mercredi par l’agence fédérale.

Le document révèle, entre autres, que la proportion de personnes qui ont le français comme première langue officielle a baissé de 12,7 % en Saskatchewan entre 2001 et 2016.

Selon Stéphanie Chouinard, professeure adjointe au département de science politique au Collège militaire royal du Canada à Kingston, le formulaire de recensement ne permet pas de déterminer précisément le nombre d’ayants droit. Le nombre d’étudiants francophones potentiels est donc sous-estimé.

Les ayants droit répondent à au moins un des critères suivants :

  • personnes dont un des parents a le français comme première langue apprise

  • personnes dont un des parents a été à l’école primaire en français au Canada

  • personnes dont un frère ou une soeur a été à l'école en français

Le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, Jean Johnson, estime que cette situation menace l’éducation en français. Les autorités, qui se basent sur le recensement pour évaluer les besoins, ne prévoient pas assez d’infrastructures pour accueillir les élèves.

Le danger c'est qu'on a des écoles qui sont sous-évaluées par rapport à sa capacité et quand on les construit, le résultat est qu'on manque notre coup puis l'école est trop petite, déplore M. Johnson.

Statistique Canada indique qu’une consultation est en cours avec la FCFA et d'autres organismes pour mettre à jour les questions posées et ils font présentement des tests pour inclure les ayant-droits d'une façon plus appropriée.

Des critiques plus larges

Toutes les questions posées dans le formulaire [de recensement de la population] sont matière à débat depuis plusieurs années. Plusieurs leaders communautaires demandent à Statistique Canada de changer les questions pour avoir un portrait plus réel de ce qui se passe sur le terrain, note la politologue du Collège militaire royal du Canada Stéphanie Chouinard.

Le libellé des questions fait sourciller certains intervenants, mais le nombre de questions est aussi jugé insuffisant par d’autres.

La Fédération des communautés francophones et acadienne est d’ailleurs en pourparlers avec l'agence fédérale afin d’ajouter au moins une question au formulaire, selon le président de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), Denis Simard.

Ça fait 20 ans qu’on travaille pour faire ajouter des questions supplémentaires au recensement, indique-t-il.

Le recensement ne permet pas que certaines questions soient posées. C’est très difficile de prendre certains nombres en compte, comme le cas d’un anglophone qui a décidé d’apprendre le français, par exemple, poursuit M. Simard.

De nouvelles zones de services

Ce dernier affirme également qu’en 2021, lors du prochain recensement de la population, les critères établis par Statistique Canada entourant les zones de services seront revus, ce qui permettra à la communauté fransaskoise d’obtenir des données plus réalistes.

Présentement, ça prend un seuil minimal de personnes qui parlent français dans une région pour que ce soit considéré comme une zone de service en français, souligne-t-il.

Or, lors du prochain recensement, les régions où il existe une école francophone, par exemple, vont pouvoir entrer dans la catégorie des zones de services, sans tenir compte d’un seuil quelconque.

Chacun de nos villages où il existe une école fransaskoise va automatiquement [être] qualifié comme une zone de services. Ça va permettre que Services Canada ou le bureau de poste aient des obligations face à la communauté, ajoute Denis Simard.

Avec les informations de Karel Houde-Hébert, Elsie Miclisse et Thomas Gagné

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