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Industrie pétrolière : le centre stratégique de Jason Kenney est lancé

Jason Kenney, seul sur une scène, derrière un lutrin, s'adresse aux délégués à la conférence annuelle des municipalités rurales de l'Alberta, le vendredi 15 novembre 2019.

Le premier ministre Jason Kenney veut que les industries pétrolière et gazière aient une image plus positive au Canada et dans le monde.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Charlotte Dumoulin

Le gouvernement de l’Alberta donne le coup d’envoi, mercredi, à son Centre de l’énergie canadienne, communément appelé « war room », pour réhabiliter l’image des industries pétrolière et gazière au pays.

C’est le cheval de bataille du premier ministre Jason Kenney : redorer l’image des industries fossiles auprès de la population canadienne, particulièrement celle de l’est du pays, mais aussi dans le monde. Le Centre de l’énergie canadienne a désormais ce mandat.

Il était temps, lance Jason Kenney en conférence de presse. C'est un jour excitant pour l'Alberta.

L’Alberta juge que des mythes et des mensonges entourant ses ressources naturelles circulent notamment sur les réseaux sociaux. Le gouvernement veut y répliquer en temps réel en se basant, dit le premier ministre, sur des faits et des études. Ce dernier ne voit donc pas cela comme étant de la propagande.

C'est tout simplement un effort pour dire la vérité, les faits, en ce qui concerne l'énergie canadienne [qui fait] face à une campagne bien organisée qui ment sur notre production de l'énergie.

Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta

Selon la politologue Lori Williams, le gouvernement devra avoir le ton approprié pour réussir à convaincre les Canadiens. « Tout ce qui ira trop loin ou qui sera dit de façon agressive ou trop négative ne réussira probablement pas à changer les opinions », pense la professeure de l’Université Mount Royal.

Le gouvernement albertain doit faire ce travail aussi avec la volonté de réunifier le pays, d'après Benjamin Israel, chercheur principal à l'Institut Pembina, une organisation environnementaliste financée notamment par des fondations canadiennes et étrangères.

« Ce centre peut avoir un impact s’il réussit à développer un discours qui parle à tous les Canadiens et qui arrêterait d’accroître la polarisation », juge-t-il.

Les acteurs 

Le président-directeur général du Centre de l’énergie canadienne sera l’ancien journaliste Tom Olsen. Ce dernier a écrit pour le Calgary Herald et le Edmonton Journal. Il a aussi été lobbyiste et porte-parole de l’ancien premier ministre de la province, Ed Stelmach.

Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, il touchera un salaire annuel de 195 000 $.

Selon le site Internet du centre, huit personnes y seront employées, mais ce nombre augmentera, d’après Tom Olsen.

Les activités de l'organisme coûteront 30 millions de dollars au gouvernement. Cet argent proviendra, entre autres, de la taxe sur les grandes industries albertaines qui n’auront pas atteint leur cible de réduction de CO2.

Le statut du Centre dérange

En octobre, les néo-démocrates se sont dits préoccupés par un possible manque de transparence entourant ce nouvel organisme. Leur dénonciation faisait suite à la décision du gouvernement de lancer le Centre de l’énergie canadienne.

En obtenant le statut de société privée, le Centre n’est pas soumis à la Loi sur l’accès à l’information, ce qui veut dire que certaines de ses activités peuvent rester secrètes.

En réponse aux critiques de l’opposition, Christine Myatt, l’attachée de presse de Jason Kenney, a tenu à rappeler que certaines informations seront tout de même assujetties à la loi. Ce sera par exemple le cas des informations que le gouvernement fournira au Centre et, à l’inverse, celles que le Centre donnera au gouvernement.

Elle a ajouté que le Centre de l’énergie canadienne devra se conformer aux lois provinciales protégeant les renseignements personnels et les lanceurs d’alerte tout en se prêtant aux vérifications du vérificateur général de la province.

Selon la ministre de l’Énergie, Sonya Savage, le lancement du Centre de l’énergie canadienne était motivé par un souci d’efficacité.

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