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Les athées vancouvérois qui travaillent en santé ne seront plus tenus de rejoindre les AA

Deux mains en enserrent une autre sur une table.

Le cas d'un infirmier athée forcé de rejoindre le programme des Alcooliques anonymes, alors que six étapes sur douze se réfèrent directement à Dieu ou à une puissance supérieure a mené à cette décision.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les professionnels de la santé de la région de Vancouver ne seront plus tenus de suivre le programme des Alcooliques anonymes (AA), qui fait référence à Dieu, s'ils veulent conserver leur emploi après un diagnostic de toxicomanie.

L’annonce a été faite par un homme athée qui avait porté cette requête devant le Tribunal des droits de la personne provincial. Ce dernier, Byron Wood, a perdu son travail après avoir refusé de participer au programme en 12 étapes des AA, dont 6 renvoient directement à Dieu ou à une puissance supérieure. Estimant que la requête de son employeur était discriminatoire, il a porté plainte devant la justice.

La régie de la santé Vancouver Coastal Health (VCH) et Byron Wood sont toutefois parvenus à une entente, qui, selon ce dernier, permettra aux employés de refuser de participer à des programmes AA et à d’autres traitements similaires si cette approche entre en conflit avec leurs croyances religieuses ou non religieuses .

Un homme le crâne dégarni assis à une table de pique-nique avec un stylo à la main et une tasse de café posé sur son calepin.

Byron Wood a perdu son emploi pour avoir refusé de participer aux rencontres des Alcooliques anonymes.

Photo : Radio-Canada / Bethany Lindsay/CBC

Les AA sont un groupe religieux de soutien par les pairs, pas un traitement médical. Ils ne devraient pas être imposés.

Byron Wood

Les responsables de VCH n'ont pas encore répondu aux demandes d'entrevue, mais un porte-parole a confirmé l'entente décrite par M. Wood.

Six ans de combat

Byron Wood travaillait comme infirmier dans le quartier Downtown Eastside lorsqu'il a reçu un diagnostic de trouble lié à la consommation de substances psychotropes à l'automne 2013. Son collège professionnel en a été informé, de même que son syndicat et VCH, son employeur à l'époque.

Il a été dirigé vers un médecin spécialisé en toxicomanie, qui a créé un plan que M. Wood devait suivre s'il voulait retourner au travail. Le programme des AA en était un élément obligatoire.

M. Wood a proposé de rejoindre des groupes de soutiens non religieux comme SMART Recovery et LifeRing Secular Recovery, mais son médecin les a rejetés, selon des courriels fournis à CBC/Radio-Canada. Il a également demandé à être dirigé vers un nouveau médecin, mais son syndicat l'a informé qu'il n'utilisait que des spécialistes de la toxicomanie qui suivent le modèle en 12 étapes.

Les mains de deux hommes posées sur une table.

Alors que de nombreuses personnes affirment que les AA ont joué un rôle déterminant dans leur rétablissement de la toxicomanie, des scientifiques remettent en question l'efficacité globale du programme.

Photo : Radio-Canada / Roxane Léouzon

Les réunions des AA n'ont pas aidé M. Wood. En refusant d'y retourner, ce dernier a perdu son emploi et sa licence.

Alors que de nombreux anciens toxicomanes affirment que les AA ont joué un rôle déterminant dans leur rétablissement, des scientifiques remettent en question l'efficacité globale du programme et affirment que le choix des plans de traitement est la clé du rétablissement.

M. Wood affirme avoir reçu des lettres d'appui de scientifiques, de médecins, de psychothérapeutes, d'avocats, de l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique et du Centre for Inquiry Canada, un organisme de l'Ontario.

Il demandera à son collège professionnel de rétablir son permis, dans l'espoir de trouver un nouvel emploi en soins infirmiers.

Une organisation qui se dit non religieuse

Dans un dépliant officiel publié par l'organisation des Alcooliques Anonymes (AA) intitulée : Le mot « Dieu »  : Membres agnostiques et athées chez les AA, le passage suivant explique le concept de Dieu au sein de cette organisation.

Les AA ne sont pas une organisation religieuse. Il y a une seule condition pour être membre des Alcooliques anonymes, et c’est le désir d’arrêter de boire. Chez les AA, il y a de la place pour des gens de toutes croyances ou incroyances. [...] Ce que nous avons tous en commun, c’est le programme qui nous aide à trouver une force intérieure dont nous étions jusque-là inconscients — la différence est dans la manière dont chacun identifie cette source. [...] Cette puissance peut résider dans les croyances religieuses de certains, ou elle peut être complètement séparée de la religion. Par exemple, un membre contemplant la mer peut accepter qu’il s’agit d’une puissance supérieure à lui-même. Nous pourrions nous poser la question : « Crois-je d’une manière ou d’une autre qu’il existe une puissance supérieure à moi-même? »

Le mot « Dieu »: Membres agnostiques et athées chez les AA

Avec les informations de Bethany Lindsay

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