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Les professionnels en santé mentale préoccupés par l'état du réseau public

Le quart des professionnels travaillant en santé mentale dans le réseau public songent à quitter leur poste et leur profession, selon un sondage.

Un jeune garçon discute avec une psychologue.

Des psychologues, des orthophonistes, des ergothérapeutes et des conseillers en orientation font partie des professionnels qui ont participé au sondage.

Photo : iStock / Katarzyna Bialasiewicz

Radio-Canada

Un sondage mené auprès des membres de huit ordres professionnels du réseau de la santé et des services sociaux montre que, selon les répondants, le délai subi par les personnes en attente de services est préjudiciable à ces dernières.

Les huit ordres engagés dans cette étude de perceptions sont :

  • l’Ordre des orthophonistes et des audiologistes du Québec,
  • l’Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec
  • l’Ordre des ergothérapeutes du Québec,
  • l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec
  • l’Ordre des psychologues du Québec
  • l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec,
  • l’Ordre professionnel des criminologues du Québec et l’Ordre professionnel des sexologues du Québec.

Plus de la moitié des répondants au sondage, soit 56 %, affirment que les personnes doivent attendre trop longtemps avant de recevoir le service nécessaire. Ces services, une fois dispensés, sont toutefois de qualité, selon eux.

Parmi les répondants, 39 % affirment qu'il y a un écart entre le moment où un client est retiré de la liste d'attente, sur le plan administratif, et celui où il reçoit véritablement les services cliniques. Et, de ces professionnels qui constatent un écart, 79 % considèrent que ce délai est plus long que ce que nécessite le client.

Enfin, parmi les professionnels qui ont une opinion négative de l'accessibilité des services en santé mentale, 82 % trouvent que ces problèmes aggravent les problèmes du client. Parmi les professionnels qui jugent que la qualité des services est plutôt mauvaise, très mauvaise ou médiocre, 84 % évoquent l’incapacité pour eux de faire un suivi en temps opportun.

Des répondants, 57 % estiment que l'accessibilité aux services s'est détériorée depuis 2015. Cette donnée augmente à 72 % pour les professionnels sondés œuvrant spécifiquement en centres jeunesse.

Le site Mont Saint-Antoine du centre jeunesse de Montréal

Le site Mont Saint-Antoine du centre jeunesse de Montréal

Photo : Radio-Canada

En ce qui a trait au soutien dont bénéficient les professionnels en matière de développement continu, la moitié des répondants considèrent qu'il est déficient.

Dans 46 % des cas, les répondants disent que c'est le soutien matériel et technique qui est déficient. Dans 42 % des cas, c'est plutôt le soutien professionnel clinique. Pour 36 % des répondants, enfin, c'est le soutien administratif qui comporte des lacunes.

Le sondage portait aussi sur la mobilisation des professionnels en santé mentale à l'égard de leur poste : les résultats illustrent que 49 % des répondants songent à quitter leur poste sans pour autant quitter la profession qu'ils exercent.

Un peu plus du tiers des répondants sont insatisfaits de l'exercice de leur profession dans le réseau de la santé et des services sociaux.

Presque le quart des répondants songent même à quitter leur emploi et la profession elle-même.

Les présidents des ordres professionnels qui ont participé à l'exercice ont convenu de ne pas en révéler les résultats durant la campagne électorale, préférant attendre d'en discuter avec le nouveau gouvernement par la suite.

Les résultats du sondage ont été présentés à la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, qui s'est engagée à agir rapidement, selon le communiqué de presse conjoint rendu public, mercredi, par les ordres professionnels impliqués.

Le sondage a été mené par la firme SOM, en ligne, entre le 24 mai et le 7 juin 2018, auprès de 20 904 professionnels; le taux de réponse s’élève à 44 %, soit 9239 répondants avec une très faible marge d’erreur (0,9 %), ce qui rend les résultats crédibles.

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