•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une mère et ses deux enfants trouvés morts à Pointe-aux-Trembles

Des policiers discutent près d'une voiture de patrouille et d'une ambulance stationnées dans un rond-point.

Les policiers enquêtent après la découverte de trois corps dans une résidence de la place des Pointeliers.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Radio-Canada
Mis à jour le 

Les cadavres d'une femme et de deux enfants en bas âge ont été découverts mercredi dans une maison du quartier Pointe-aux-Trembles, dans l'est de Montréal. Les policiers privilégient l'hypothèse d'un triple meurtre.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) indique que des agents se sont rendus à la résidence de la place des Pointeliers vers 8 h ce matin afin d'annoncer à une femme la mort de son conjoint, Nabil Yssaad, survenue la veille, à l'hôpital de Joliette.

Inquiétés par l'absence de réponse, les agents sont finalement entrés dans la résidence, où ils ont découvert les corps sans vie d'une femme de 42 ans et de ses deux garçons âgés respectivement de 4 et 2 ans.

Nabil Yssaad

Nabil Yssaad

Photo : Radio-Canada

Les services de l'identité judiciaire ont été dépêchés sur les lieux, où un poste de commandement a également été installé.

Les enquêteurs tentent de comprendre à quel moment la femme et les enfants sont décédés, ce qui permettra de faire avancer l’enquête d’une façon beaucoup plus efficace, selon Manuel Couture du SPVM.

Selon des voisins, le couple qui habitait cette demeure était en proie à des difficultés conjugales.

D'ordinaire, les policiers n'entrent pas dans une résidence lorsqu'ils n'obtiennent pas de réponse, à moins de détenir des informations qui justifient une vérification des lieux.

Selon Guy Ryan, inspecteur à la retraite du SPVM, lorsqu’ils se rendent à un domicile, les patrouilleurs ont l’historique des appels à la police concernant cet endroit, et ils savent habituellement à qui ils ont affaire. Ils peuvent donc pénétrer dans le logis sans mandat, s'ils estiment que la sécurité des habitants pourrait être menacée.

L’historique de l’endroit mentionnait qu’il y avait eu plusieurs interventions faites pour violence conjugale.

Guy Ryan, inspecteur à la retraite du SPVM

Triple meurtre dans l'est de Montréal

Antécédents

Nabil Yssaad s'est suicidé mardi matin à l'hôpital de Joliette. Selon les responsables de l'établissement, l'homme n'était ni un patient enregistré à l'hôpital ni un membre du personnel.

Selon une recherche au plumitif, M. Yssaad avait été accusé en 2018 de voies de fait armées et de voies de fait simples à l'égard de sa conjointe. Le dossier s’était réglé par une ordonnance de garder la paix et de ne pas entrer en contact avec la plaignante pendant un an.

M. Ryan souligne que Nabil Yssaad a signé cette ordonnance de probation le 5 décembre dernier.

La Sûreté du Québec, qui traite l'affaire, n'a fourni aucun détail supplémentaire pour le moment.

Qu'aurait-on pu faire?

Manon Monastesse

Manon Monastesse, directrice de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Compte tenu du passé violent du suspect, a-t-on mis le filet de sécurité en place pour s’assurer que monsieur respecte ses conditions? C'est ce que se demande Manon Monastesse, directrice de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, qui était de passage à 24/60, mercredi.

Mme Monastesse ajoute que le recours à l'ordonnance de probation 810, un ordre de garder la paix qui ne génère pas de dossier criminel, est quasi systématique à Montréal. À ses yeux, cela donne une illusion de sécurité pour les victimes.

Ailleurs au Québec, les procureurs ont décidé par eux-mêmes qu’en cas de violences conjugales, ils n’appliqueraient pas le 810, ou très rarement.

Manon Monastesse, directrice de la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes

Mme Monastesse rappelle que chaque année, au Québec, 12 femmes sont tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint, et qu'il y a plus d’une trentaine de tentatives de meurtre.

Elle insiste sur la nécessité de programmes intensifs de sensibilisation.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.

Grand Montréal

Justice et faits divers