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Il n'existe pas de crise de la méthamphétamine à Winnipeg, selon un rapport

Une manifestation pour plus de logements devant l'hôtel de ville de Winnipeg.

Selon le rapport du CCPA, les problèmes de drogue dans le centre-ville de Winnipeg sont les conséquences de nombreux problèmes sociaux tels que l'itinérance.

Photo : Radio-Canada / Erin Brohman

Radio-Canada

Winnipeg n'est pas aux prises avec une crise de la méthamphétamine. C'est ce qu'affirme le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) dans un rapport publié mercredi au sujet du centre-ville de Winnipeg et dans lequel il souligne que cette drogue est un symptôme des problèmes sociaux de la ville.

Le CCPA considère ainsi la consommation de méthamphétamine comme un problème de santé publique découlant des inégalités sociales, de la pauvreté, de l’itinérance, des problèmes de santé mentale et du colonialisme.

Le rapport annuel intitulé Forest For The Trees déplore également la réponse trop répressive de la police, qui entretient le sentiment de crise alors que les solutions communautaires sont plus adaptées pour lutter contre ce phénomène. Il note toutefois un manque de financement fiable et à long terme des organisations communautaires qui aident les populations marginalisées dans les quartiers pauvres.

La coauteure du rapport Ellen Smirl estime qu’il faut un changement dans la manière dont nous parlons, pensons et répondons aux problèmes de drogues.

Ce que nous devons comprendre, c’est qu’il y a des causes profondes à la consommation de drogue. C’est cette nuance que le rapport essaie de mettre en perspective.

Ellen Smirl, coauteure du rapport Forest For The Trees

Une réponse en cohérence avec son milieu

La composition ethnique et sociale du centre-ville winnipégois nécessite, selon le rapport, une approche sur mesure basée sur les besoins de la communauté et concernant le vécu des consommateurs de drogues. Ainsi, les populations vulnérables et de plus grandes inégalités socioéconomiques sont des terreaux fertiles pour les stupéfiants.

Le directeur général de la West Broadway Community Organization, Greg MacPherson, regrette l’absence de stratégie sur les problèmes de santé mentale et le manque de maisons abordables pour les plus pauvres de la société.

Il y a un manque de soutien pour les problèmes de santé mentale, et les gens se tournent vers la drogue pour fuir la réalité de leur vie.

Greg MacPherson, directeur général de la West Broadway Community Organization

Il ajoute que la politique d'austérité de la province rend encore plus difficile le travail des associations communautaires.

Le rapport souligne aussi que les groupes communautaires observent un manque de transparence du point de vue politique. Le Manitoba a trois plans et rapports pour lutter contre les problèmes de drogue : « Safer Streets Safer Lives », le rapport Virgo et un groupe de travail sur les drogues illicites. Les groupes communautaires ne savent toutefois pas quel plan est priorisé par le gouvernement provincial.

Trop de répression, pas assez de compréhension

Selon le rapport, la police a reçu au moins 8 millions de dollars pour soutenir la lutte contre le marché de la drogue.

Le CCPA avance que cette approche mise trop sur la répression et le traitement individuel des consommateurs de drogues au lieu de s’intéresser à l’environnement dans lequel les gens tombent dans les problèmes de dépendance .

Ellen Smirl estime que criminaliser davantage les problèmes de drogues ne peut qu’empirer le problème. Il ne sera réglé qu’en répondant aux besoins les plus élémentaires des gens qui souffrent de dépendance à la méthamphétamine, selon elle.

Comment développer un sentiment d’espoir, d’appartenance, une raison d’être et un but dans la vie de ces gens? Je pense qu’un bon moyen est de mettre au point des mécanismes du point de vue communautaire.

Ellen Smirl, coauteure du rapport « Forest For The Trees »

Réaction de l’Hôtel de Ville

Le maire de Winnipeg, Brian Bowman, reconnaît que la police réagit souvent à des situations qui n’ont rien à voir avec la lutte contre le trafic de drogues. 

Nous savons que le Conseil de police de Winnipeg a établi que deux tiers des demandes de services de la police sont pour des situations de crises liées à la santé mentale et aux dépendances, et aux crises familiales, note-t-il. Ce que cela m'indique, c’est qu’il y a un besoin urgent de services de soutien à la santé mentale.

Cependant, il ajoute que l’application de la loi reste très importante et qu’il suffit de regarderl’énorme saisie de drogue dévoilée mardi par la Gendarmerie royale du Canada pour comprendre son importance.

Une policière parle à un lutrin. À l'avant-plan, des sacs de plastique contenant de la drogue et de l'argent.

La Genarmerie royale du Canada a exposé les produits saisis lors d'une vaste opération policière le 4 décembre.

Photo : Radio-Canada / Jaison Empson

Financement d’organismes communautaires

Brian Bowman a d’ailleurs annoncé mercredi du financement pour 23 groupes communautaires afin de mener des activités en vue d’améliorer la sûreté et de prévenir le crime dans le cadre du programme de sûreté et de prévention du crime de la Ville de Winnipeg.

Selon lui, cela montre que la Ville investit non seulement dans la police, mais aussi dans les pans de l’intervention et de l’éducation de la lutte contre les dépendance.

Il y a des solutions uniques [pour différents] quartiers de la ville, et ce programme aidera les organismes communautaires à faire des progrès pour améliorer la sûreté et prévenir le crime, dit-il.

En tout, 100 000 $ ont été octroyés à l’aide du programme, et chaque projet peut recevoir un octroi maximal de 5000 $ par demande. La Ville a reçu 64 demandes pendant la période de soumission de 2019.

Une partie d'un bureau avec des feuilles de papier multicolores et des pamphlet partout sur les murs.

L'intérieur de la Clinique Youville.

Photo : Radio-Canada

Parmi les 23 groupes sélectionnés cette année, on retrouve la patrouille citoyenne Mama Bear Clan, qui a reçu 5000 $, et la Clinique Youville, à Saint-Vital, qui s’est vu octroyer 4995 $ pour organiser des rassemblements communautaires portant sur la sécurité.

Avec les informations de Bryce Hoyce

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Manitoba

Drogues et stupéfiants